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15 mars 2018

Van Dongen et le Bateau-lavoir au musée de Montmartre

 affiche VD

les lutteuses de Tabarin

Madame Raulet

 

artistes à Medrano

deux yeux noirs

le vieux clown

le sacré coeur

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Nous continuons la re-découverte des peintres hollandais venus produire à Paris.

Après le Petit-Palais où il occupe déjà une alvéole bien à lui, Kees Van Dongen (1877 - 1968) bénéficie aussi de cette belle exposition personnelle présentée par le délicieux musée de Montmartre.

Quelle trajectoire étonnante que celle de ce peintre à l’art précoce, venu à Paris dès 1899 et qui traverse le siècle en commençant par illustrer les textes anarchistes de Kropotkine (en 1885) pour finir en peintre mondain célébré par les riches familles bourgeoises !

Peu de changements dans sa manière de peindre au cours de sa carrière cependant. Certes, il commence par imiter les anciens – ce tableau du Sacré-Cœur nimbé d’une brume jaune semble sorti de l’atelier de Monet – mais bien vite, il affirme son style hyper coloré, ses portraits de prostituées des bas quartiers des ports aux yeux outrageusement charbonnés et à la chair verdâtre, sa patte vigoureuse.

Nomade des ateliers, il jette l‘ancre quelques mois au Bateau-lavoir, la cité d’artistes du quartier Caulaincourt adossée à la butte Montmartre.

Un lieu mythique où Van Dongen et sa famille voisine, dans les premières années du siècle, avec Picasso et sa compagne Fernande Olivier, Juan Gris, Brancusi, Modigliani, Pierre Mac Orlan, Max Jacob.

En réponse au grand tableau cubiste « Les Demoiselles d’Avignon », Van Dongen peint « Les lutteuses de Tabarin ». Fernande Olivier pose pour lui en 1902, à demi-nue.

Les peintres se copient, s’influencent, s’inspirent … Le style Van Dongen s’affirme. Il expose au Salon des Indépendants dès 1904, fonde avec Matisse et Vlaminck le mouvement des Fauves, fera partie brièvement des expressionniste allemands de Die Brücke …

Bientôt, le succès venant, l’artiste déménage son atelier vers l’ouest : rue Juliette Lambert dans le 17ème, puis dans le 16ème arrondissement. De belles femmes embijoutées, un fume-cigarette imposant ou un éventail entre les mains, prennent des poses alanguies sur des sièges Louis XV …

Je me souviens d’avoir longtemps accroché dans ma chambre un poster de l’une de ses expositions parisiennes. Et de l’avoir vu à la télévision. Un peintre français (il a obtenu la nationalité française en 1926) reconnu et célébré – malgré son inopportun voyage à l’initiative d’Arno Breker en Allemagne pendant l’Occupation (mais il n’était pas le seul à croire que ce déplacement permettrait de faire libérer des prisonniers de guerre).

Ces œuvres, toujours très figuratives et reconnaissables entre toutes, demeurent aujourd’hui d’une modernité fantastique : la vigueur du trait, les couleurs irradiantes, les regards de feu, Des tableaux peu vus jusqu’ici forment cette exposition passionnante mise en valeur dans le cadre intime de cet hôtel particulier un peu biscornu – il ne faut pas craindre d’avoir à grimper moult escaliers pour en bénéficier !

 

Chinagami

 

la parisienne

 

 

Se souvenir aussi de la belle rétrospective de mai 2011 au Musée d'Art Moderne. J'en disais déjà pratiquement la même chose ....

Quelle époque épique pour la création, tout de même !!!!

 

 

Van Dongen au Bateau-Lavoir, exposition au musée de Montmartre jusqu’au 26 août, 12 rue Cortot – Paris 18ème, ouvert tous les jours à partir de 10 h., 12€.

Posté par mpbernet à 07:58 - Lu et vu pour vous - Commentaires [1] - Permalien [#]
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Commentaires

    Voici une expo que je veux voir absolument. J'aime ce peintre et je me souviens d'une expo, il y a quelques années, au Musée d'Art Moderne de Paris qui m'avait emballée.
    Merci pour ce partage.

    Posté par Armelle, 15 mars 2018 à 09:33

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