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07 avril 2018

Le suspendu de Conakry, polar de Jean-Christophe Rufin

 

suspendu Conakry

Fort de son incroyable (et totalement justifié) succès, Jean-Christophe Rufin se fait plaisir avec ce court polar et son personnage principal, le Consul (vice – ou adjoint, on ne sait pas au juste) : Aurel Timescu.

Certains bouderont cette incursion dans un genre aux codes bien établis, mais pas moi. Car il n’est pas possible que l’auteur n’ait pas rencontré, au cours de sa carrière diplomatique, un spécimen aussi burlesque, accoutré de façon si étrange, avec une sensibilité à fleur de peau aussi encombrante et une trajectoire de vie si invraisemblable. A moins qu’Aurel ne soit le résultat d’un collage aux multiples facettes.

Sans dévoiler aucun des ressorts de cette aventure brillamment résolue par le héros le plus méprisé de la littérature policière, je suggère de lire ce livre à deux niveaux. L’extérieur : la description réaliste et pleine de respect d’un pays africain et de ses habitants – ce n’est pas si fréquent – la vie repliée d’une ambassade bien éloignée des circuits du monde civilisé, les rivalités et mesquineries du personnel et la morgue du consul général, la touffeur palpable des régions équatoriales et la sueur des expatriés avachis sur leurs vérandas, qui vivent fort mal leur entre-soi oppressant. et se consolent à l'alcool.

Et en filigrane, la description d’un autre héros, venu jusqu’en ce coin perdu de la marina de Conakry, rencontrer un destin tragique.

Au milieu de tout ça, un être fragile, en complet décalage avec ses pairs, relégué dans un placard mais portant en lui une expérience rare et des dons artistiques évidents – y compris dans la façon baroque de se vêtir – et surtout, une capacité conceptuelle hors norme. Un lourd défaut cependant : une addiction pour le vin blanc … Rufin nous promet une trilogie ... à suivre donc !

Bref, un bouquin bref et dense, qui débouche sur une conclusion pleine de sensibilité. Pas de quoi me faire pleurer comme lors des dernières pages du « Collier rouge », mais presque !

 

Le suspendu de Conakry, polar de Jean-Christophe Rufin de lAcadémie française, chez Flammarion, 309 p., 19,50€

Posté par mpbernet à 08:03 - Lu et vu pour vous - Commentaires [4] - Permalien [#]
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Commentaires

    Bonjour Marie Pierre
    Vous avez bien vendu ce livre, je l’achèterai !
    Habitant Lyon, je file aux Quais du polar faire le plein de livres et m’en faire dédicacer quelques uns.

    Posté par Giséle, 07 avril 2018 à 08:15
    • Eh bien, moi, je vous envie aujourd’hui de pouvoir aller au salon Quai du polar ! Profitez-en bien !!!

      Posté par mpbernet, 07 avril 2018 à 08:30
  • Je suis en train de le lire...........

    Posté par Armoni, 07 avril 2018 à 12:40
  • Ah Conakry !
    j'ai travaillé une petite année en Guinée/Conakry mais je ne connaissais que l'ambassade d'Italie (étant italienne à l'époque) ; pays dont je garde un souvenir ému,la liberté loin de ma famille, totale désorientation, ambiance électrique due à la récente indépendance, des Guinéens très fiers de leur nouveau statut, la pénurie de tout et la carte d'alimentation à trous de la société pour des produits soviétiques innénarables comme le sucre refusant de se dissoudre...

    Posté par manuela, 07 avril 2018 à 17:24

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