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08 mai 2018

La Pieuvre, thriller de Jacques Saussey

 

pieuvre

Pour une fois, je lis les romans de Jacques Saussey dans l’ordre inverse de leur parution. L'avantage est de savoir que les principaux protagonistes ne vont pas mourir au cours de cette histoire terrifiante !

La Pieuvre (référence évidente à la Mafia) est donc l’épisode qui précède de quelques mois « Ne prononcez jamais leurs noms », et met en scène une nouvelle fois le commandant Daniel Magne et sa compagne Lisa Heslin.

Nous allons donc apprendre en quelles circonstances dramatiques la belle policière s’est retirée dans son chalet suisse et comment la voilà au centre d’une affaire vieille de vingt-cinq ans : l’assassinat jamais élucidé de son père, magistrat intrépide en guerre contre la Mafia, abattu sur les marches du Palais de Justice, quelques jours après les meurtres spectaculaires à Palerme des juges Falcone et Borsellino.

L’intrigue est trop compliquée pour commencer à vouloir en tirer les fils. Ce qui importe, c’est la richesse du style et l’implacable construction du thriller, repérée précisément sur les différentes scènes de crime par l’auteur en début de chapitre. Car l’action se situe en divers lieux, simultanément, par plusieurs équipes particulièrement bien renseignées sur les faits et gestes des deux intrépides héros (comme toujours dans ce genre littéraire, pas vraiment respectueux des règles déontologiques) … et pour cause, car le complot vient de l’intérieur.

C’est là que, de mon point de vue, le bât blesse. Nous savons tous qu’il existe d’étranges liaisons entre les politiques et la pègre, mais même si de retentissants scandales ont émaillé les dernières années, on ne comprend pas bien, au sortir de ce roman d’une violence extrême (et à clés !), la finalité de tant de cadavres. Tant d'incohérences - mais c'est un défaut classique des auteurs de thrillers d'ignorer superbement les spécificités de la procédure et le fonctionnement de la haute administration - heurtent un esprit éclairé (comme le mien, of course !).

Là n’est pas le propos de l’auteur sans doute, mais bien celui de livrer un suspens terrifiant à chaque page, des descriptions des scènes de violence particulièrement efficaces, une ambiance qui ne vous fait pas lâcher le bouquin avant la toute dernière ligne mais qui laisse cependant le lecteur dubitatif sur la vraisemblance du propos.

A croire que tout ce suspens sera repris dans un autre roman car à première vue, l’affaire ne va pas en rester là.

 

La Pieuvre, de Jacques Saussey, publié au Toucan noir, 455 p., 8,90€

Posté par mpbernet à 08:00 - Lu et vu pour vous - Commentaires [0] - Permalien [#]
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