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16 mai 2018

Une heure avec Roy Braverman

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Manoukian

C’est toujours un plaisir de pouvoir dialoguer avec un auteur dont on apprécie le talent … et surtout si l’homme offre plusieurs facettes, sous divers pseudonymes : Roy Braverman c’est l’un des avatars de Patrick Manoukian, mieux connu sous le nom de plume de Ian Manook (la trilogie des Yeruldelgger, Mato Grosso) ou encore Paul Eyghar, Jacques Haret …

Ecrire sous pseudo, c’est sa façon de travailler. L’homme n’a pas arrêté d’écrire depuis ses 15 ans, tour à tour journaliste, éditeur, animateur de radio et de télévision, écrivain pour le jeunesse, scénariste de bandes dessinées, auteur de polars à succès.

Tel un peintre qui commence un tableau mais qui soudain se passionne pour un autre motif, entame une nouvele toile, il commence une histoire, la met de côté pour s’investir dans un autre projet, puis un autre. A chaque ambiance correspond un ou plusieurs personnages, et donc un nouveau pseudo. Une gageure, en somme, car partir sur un autre nom, c'est se priver de la notoriété des succès passés ... une sorte de challenge, sans doute ?

L’auteur certifie qu’au départ d’une nouvelle histoire, il ne sait pas où l’intrigue va le conduire. Mais il s’attache à donner une personnalité au moindre des acteurs de l’aventure, même si leur présence n’ajoute rien à son propos. Il ne s’embarrasse pas non plus de documentation mais déclare ne se fier qu’à ses souvenirs personnels d’arpenteur de la planète.

Car Patrick-Roy a beaucoup voyagé, dans des contrées aussi lointaines qu’inconnues du grand public. Sa trilogie sur la Mongolie post-soviétique du commissaire Yeruldelgger en témoigne : ses souvenirs sont très précis !

Avec Hunter, le nouveau thriller glaçant qui paraît ces jours-ci, il initie une saga plus rude, moins « littéraire », plus violente aussi, au cœur de régions américaines qu’il a longuement sillonnées, seul ou en famille : le premier opus de la série se déroule dans les Appalaches, le second épisode aura pour cadre l’Alaska, le dernier la Louisiane. Une plongée dans l’Amérique intolérante de Trump, des « Rednecks » adeptes de la NRA au racisme inébranlable, ces petits-blancs qui brandissent leur pâle figure comme seul élément de supériorité sur les « natives » : les Afro-américains, les descendants des Indiens, les métis … Délocaliser ses histoires lui permet ainsi de dire ce qu'il pense, le bonhomme est cash, pas toujours "politiquement correct". Moi, j'apprécie !

Espérons que l’homme aura le temps de mener à terme les multiples histoires qu’il a ébauchées au lieu de se lancer à nouveau sur de nouvelles pistes … Ses éditeurs doivent l’inciter à forcer un peu sa nature, il a cependant aussi annoncé un grand chantier qui lui tient à cœur : une saga historique ayant pour héroïne sa grand-mère et pour décor le destin des Arméniens de 1915 à 2015 … J’attends avec impatience !

Avec son look de post-soixante-huitard musclé (veste jacquard, bonnet de marin sur cheveux gris coupés ras), l’homme crépite d’intelligence et de générosité. Quel boulot d’assurer la promotion d’un livre et de répéter cent fois le pourquoi du comment de ses choix d’écrivain devant un parterre de vieilles dames (en grande majorité), et de se prêter au rituel de la dédicace … Chapeau l’artiste.

Quant à moi qui érige l’écriture en dogme irremplaçable, j’ai bien de la chance – grâce à mon affiliation au site collaboratif de lecteurs « Babelio » - de participer de temps à autres à ce genre de rencontres …

Hunter, thriller de Roy Braverman (Patrick Manoukian) édité chez Hugo Thriller, 352 p., 19,90€

 

Posté par mpbernet à 07:48 - Coup de coeur - Commentaires [0] - Permalien [#]
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