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30 septembre 2018

Yakuchu, le royaume coloré des êtres vivants

Yakuchu coqs

Dans le cadre des manifestations culturelles célébrant les 160 ans de relations diplomatiques entre la France et le Japon, il ne faut en aucun cas manquer l’extraordinaire exposition du peintre Ito Yakuchu (1716 – 1800), en ce moment et seulement jusqu’au 14 octobre au Petit-Palais.

 

Yakuchu affiche

 

yakuchu coq

Même s’il faut s’armer de patience car l’exposition est à plusieurs titres exceptionnelle et donc draine beaucoup de monde : par sa beauté d’abord et aussi parce que ces trente rouleaux de grand format, peints sur soie à partir de 1757 et durant les dix années suivantes sont d’une très grande fragilité. Ils sont néanmoins présentés dans une douce lumière tamisée, bien protégés par des parois de verre dans une seule grande salle. Et photographier n’est pas autorisé.

Familière de l'art de l'estampe, j'ai découvert ici la peinture classique japonaise, inspirée par la peinture chinoise, dans le format et la présentation en rouleau de soie collé sur papier, une tradition qui n'expose pas les oeuvres sur les murs mais préfère les montrer de façon intime, en déroulant soigneusement - religieusement - un rouleau précieux.

Yacuchu ne s’est consacré à la peinture, dont il avait appris les bases dès sa jeunesse, qu’à partir de 40 ans. Né à Kyoto dans une famille de riches commerçants, il n’appartient à aucun mouvement artistique. Et c’est époustouflant. Des coqs orgueilleux et des poules, des phénix blancs, des canards mandarins, des petits oiseaux perchés sur des branches d’érable rouge, des paons, des cacatoès blancs, des insectes, la petite faune des étangs : tritons, grenouilles, serpents d’eau, araignées, poulpes, coquillages, poissons en bancs serrés, les détails sont merveilleux et les harmonies de couleurs surprenantes.

 

yakuchu cacatoes

 

yakuchu érable et petits oiseaux

Pour avoir les modèles « sous la main », Yakuchu élevait chez lui une basse-cour … La beauté des plumages, le rendu des couleurs et du mouvement sont fantastiques.*

On sait que l'artiste utilisait une technique picturale de la Chine des Tang pour la pose des couleurs, en les appliquant parfois sur l’envers de la soie pour donner plus de volume et de profondeur, par exemple pour mettre en valeur la neige …

J’ignore si des peintres naturalistes comme Jean-Jacques Audubon quelques années plus tard ont eu connaissance de cette œuvre, ou plus vraisemblablement un peintre d’estampes comme Hiroshige dont je retrouve la manière de peindre les branches de cerisiers … 

Mais pour ma part, je n’ai jamais rien vu de plus précis et de plus beau, tout simplement.

Si vous ne voulez pas faire une trop longue queue, un conseil : réservez, et s’il ne reste aucun créneau disponible, procurez-vous la carte d’abonnement à tous les musées de la Ville de Paris, qui vous servira de coupe-file …

 

Yakuchu4

 

yakuchu3

 

Yakuchu hiver et canard mandarin

 

 

Yakuchu, le royaume coloré des êtres vivants, exposition au Petit Palais jusqu’au 14 octobre – ouvert tous les jours à partir de 10 heures sauf le lundi – 11€

Posté par mpbernet à 08:03 - Lu et vu pour vous - Commentaires [4] - Permalien [#]
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Commentaires

    Bonjour! Merci. Tres beau 🌅

    Posté par Olga, 30 septembre 2018 à 09:25
  • Magnifique ! Merci !

    Posté par Lucie, 30 septembre 2018 à 09:51
  • Yakuchu

    Merci de nous faire connaître ce peintre.
    Les dessins sont magnifiques.
    Bon après midi de dimanche.
    Bonne continuation.

    Posté par Yann, 30 septembre 2018 à 14:21
  • Merci pour cet aperçu magnifique qui me permet de découvrir ce peintre.
    Bonne journée

    Posté par Jauneyris, 02 octobre 2018 à 12:43

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