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25 octobre 2018

Les disparus de la lagune, polar de Donna Leon

  

donna Leon

C’est une des lois du genre : nos policiers préférés ne peuvent prendre des vacances ou du recul – je pense à Hercule Poirot ou Jules Maigret pour les plus célèbres – sans qu’une nouvelle affaire ne leur tombe dessus.

Dans ce nouvel épisode de la vie de Guido Brunetti (le 26ème), cet événement n’apparaît pas immédiatement mais après une longue séquence naturaliste, scandée par le mouvement des rames plongeant dans l’eau, pivotant sur leurs dames de nage sculptées comme des œuvres d’art : les forcoles.

Brunetti traverse un passage à vide. Il s’interroge sur le sens de son métier, voire de sa vie. N’est-ce pas aussi le cas de Donna Leon (elle a 76 ans)?

D’un commun accord avec Paola, il va se reposer à San Erasmo, une des petites îles de la baie et se lie d'amitié avec le gardien de la villa où il loge, Davide, un expert es navigation sur la lagune à bord de la merveilleuse barque qu’il a construite : un puparin.

Les deux hommes s’apprécient, et partent de longues heures ramer sur les eaux, entre les canaux et les vasières, au rythme des marées et au milieu d’une faune apparemment protégée … pour visiter les dernières amies de Davide : ses abeilles.

Jusqu’à un terrible orage et la disparition de Davide. Comment un tel navigateur émérite a-t-il pu se noyer ? La résolution de l’énigme va replonger Brunetti – c’est bien le cas de le dire – dans son destin de flic, d’autant plus qu’il a apprécié ce vieil homme jadis compagnon de régate de son propre père.

On retrouve ici la constante préoccupation qui traverse toute l’œuvre de l’auteure : la dénonciation de la corruption et des dommages irrémédiables causés à l’environnement. Cette antienne – qui de temps en temps agace le lecteur - se double d’une réflexion très profonde sur la responsabilité, la culpabilité, le remords et la souffrance psychologique des personnages.

Certains trouvent l'ouvrage peu convainquant, trop lent, ressassant des thèmes éculés, archi-connus, à la fin transparente. Je ne suis pas de ceux-là : pour moi, c'est un roman très humain, tout en nuances et en sensibilité. Une belle œuvre.

 

Les disparus de la lagune (Earthly Remains), roman de Donna Leon traduit de l’américain par Gabriella Zimmermann, édité chez Calmann-Lévy Noir, 355p., 21,50€.

Posté par mpbernet à 08:00 - Lu et vu pour vous - Commentaires [1] - Permalien [#]
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Commentaires

  • Brunetti for ever

    Certains reprochent à ce livre sa lenteur, mais pourquoi lit-on les Donna Leon ? Certainement pas pour savoir qui a tué la marquise, en fait, on s'en moque éperdument. Ce qu'on aime, justement, c'est la lenteur, l'atmosphère et les repas... Et dans ce genre, le livre est très réussi, l'ambiance lente et polluée de la lagune, au rythme des avirons, est une petite merveille....

    Posté par Michèle Perret, 25 octobre 2018 à 08:40

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