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27 novembre 2018

Bolo Pacha, affairiste, bigame et traitre à la Patrie

bolo portrait

De mes récentes lectures sur la Grande Guerre, j’ai toujours en mémoire le destin tragique de Mata-Hari (de son vrai nom Margaretha Gertrude Zelle), espionne maladroite qui fut exécutée en octobre 1917 et qui inspira plusieurs cinéastes.

On se souvient moins du parcours criminel de Paul Bolo, dandy provincial et escroc, ami d’hommes politiques comme Joseph Caillaux et Léon Bourgeois, et un temps conseiller financier d’Abbas II Hilmy, Khédive d’Egypte (favorable à l’Allemagne) qui lui confèra le titre honorifique de « Pacha ».

Et pourtant, quel bon scénario de film cela ferait  ….

 

Bolo à Biarritz

 

Bolo sem

Bolo pacha

Paul Bolo (1867 – 1918) étudie la dentisterie (déjà attiré par le statut d’arracheur de dents !), s’installe en Espagne puis se lance dans le commerce international et le négoce de tableaux (il fréquente Joaquim Sorolla, achète des Renoir, Sisley, Cezanne).

Poursuivi par des créanciers, il s’installe en Argentine et au Venezuela où il devient Bolo de Grangeneuve.  Il épouse une chanteuse : Henriette de Soumaille, qui l’entretient.

Arrêté à Valparaiso après un vol de bijoux, sa femme paye sa caution. Il l’abandonne cependant pour une femme plus riche et rentre en France en 1914 où il rencontre et épouse Pauline Muller qui lui donne une procuration complète sur sa fortune.

Paul Bolo mène grand train, reçoit beaucoup dans sa maison de Biarritz. Escroc au grand cœur, il finance des œuvres philanthropiques, rachète des terrains agricoles. Pendant la guerre, il tisse des relations avec des banques allemandes en vue d’acheter des journaux français prônant le pacifisme voire le défaitisme : « Le Journal » et « Le Bonnet rouge ».

Une enquête des services secrets initiée en janvier 1917 par Aristide Briand et Georges Clemenceau révèle plusieurs comptes ouverts au nom de Bolo dans une banque new-yorkaise et crédités de 11 millions de Marks par la Deutsche Bank. Bolo est arrêté en septembre 1917 et déféré devant le Conseil de Guerre. Il est condamné à mort en février et exécuté le 17 avril 1918.

Bel aventurier aux gants blancs, miroir à demoiselles sans vertu, sa belle prestance ne lui a pas apporté la clémence des juges en cette année 1917 de tous les dangers … tout comme Mata Hari !

Posté par mpbernet à 07:50 - Journal de bord - Commentaires [0] - Permalien [#]
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