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30 novembre 2018

Fendre l'air, l'art du bambou au Japon au musée du Quai Branly

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Le musée du Quai Branly-Jacques Chirac accueille depuis mardi une exposition très originale sur l’art du panier japonais raconté à travers 180 œuvres anciennes et contemporaines. Etonnante découverte en effet que celle de la vannerie japonaise, haussée au sommet de l’art par des artisans-artistes qui tressent des corbeilles destinées à recevoir des arrangements floraux – ou ikebana – indispensables à la cérémonie du thé.

« Le vide est tout puissant parce qu’il peut contenir tout » écrit en 1906 Kakuzo Okakura dans Le livre du thé.

Le thé arrive de Chine au Japon aux environs du VIIIème/IXème siècle, apporté par des missionnaires bouddhistes. Chez l’Empereur et les shoguns s'organisent des cérémonies autour de la vénérable boisson, à l’origine utilisée pour ses vertus médicinales. Des paniers de bambou contribuent à l’harmonie de ce moment.

Au milieu du XVIIIème siècle et plus particulièrement à partir de l’ère Meiji (1868) se forme autour de l’Empereur une classe d’aristocrates lettrés, une élite sophistiquée versée dans les rituels du thé (sencha ou chanoyu), qui réunit des collectionneurs d’objets précieux qu'ils exposent, comparent, commentent. Pour satisfaire cette clientèle, les artisans se surpassent, des dynasties de maîtres vanniers se mettent en place. Mais cet art subtil prend fin brutalement avec la Seconde Guerre mondiale.

Les occidentaux n’ont découvert cet artisanat que tardivement, car ils préfèrent les paravents, les laques, les céramiques, les estampes … Les plus belles collections furent réunies aux Etats-Unis et aussi au Musée de Hambourg, à l’initiative de son directeur ….

L’exposition réunit également sept artistes contemporains - dont Tanabe Chikuunsai IV, Sigiura Noriyoshi, Matsumoto Hafiü, Uematsu Chikuyu -  qui expriment leur vision esthétique et poétique. Leurs paniers cessent d’être des contenants pour devenir des sculptures. Certains collaborent avec des as de l’informatique pour créer des réseaux de fibres absolument impossibles à concevoir sans le design de la machine. Ils associent des matériaux comme le métal, le plastique, la laque. Transgression ou évolution ?

Pour ma part, j'ai un coup de coeur pour l'extraordinaire pelote de lanières rouges de Yonezawa Jiro intitulée Daruma, une commnde exécutée spécialement pour le Musée du quai Branly ....

Ne pas manquer les deux films vidéo qui montrent la technique particulièrement compliquée de préparation des fibres de bambou depuis la coupe jusqu’à la finition de la plus fine lanière, et l’autre les rapports entre bambou et design et architecture.

Cet art semble en tous cas très long à acquérir, très pénible car la matière première est à la fois souple et rigide, difficile à manier.

Un précepte zen recommande ainsi de « Tomber 7 fois, se relever 8 fois ». Une maxime à méditer …

Et je recommande de s’attarder dans le petit espace dédié au plus grand artiste vannier de l’histoire du Japon Iizuka Rokansaï (1890 – 1958) qui fut retenu pour participer en 1925 à l’Exposition internationale de Paris. Il a inventé des techniques de tressage et de pliure de la lame de bambou d’une pureté extrême.

 

Fendre l’air, l’art du bambou au Japon au musée du Quai Branly-Jacques Chirac jusqu’au 7 avril, tous les jours sauf le lundi à partir de 11 h. 10€

 

Posté par mpbernet à 08:00 - Lu et vu pour vous - Commentaires [1] - Permalien [#]
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Commentaires

    le Japon encore

    A signaler pour compléter votre faim de Japon une exposition au musée Cernuschi Paris VIIIéme sur l'art Rinpa intitulée Les Trésors de Kyoto... repérée dans la lettre quotidienne envoyée à ses abonnés par Télérama cet après-midi.

    Posté par Brigitte, 30 novembre 2018 à 16:11

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