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13 janvier 2019

Edmond, film d'Alexis Michalick d'après sa pièce de théâtre

Cyrano

avec Christian

 

filage

 

Ecouter ou découvrir un texte classique, rire, pleurer, avoir peur, ressentir l’émotion … que demander de plus au cinéma ?

S’il est un film à aller voir cette année, c’est Edmond, adapté par l’auteur lui-même, Alexis Michalick, de la pièce qui a remporté une moisson de récompenses depuis 2016 …

La dramaturgie du film dans le film ou du théâtre dans le théâtre est classique : souvenons-nous de « Chantons sous la pluie » ! Ici, c’est le processus de la création qui est mis en valeur, sous la pression, l’urgence. Edmond Rostand, jeune auteur qui s’escrime à écrire des pièces en vers alors qu’on lui réclame des comédies comme sait si bien les tourner Georges Feydeau (joué ici avec malice par Alexis Michalick lui, même, il a tous les talents !) ou Eugène Labiche, est néanmoins choyé par la divine Sarah Bernhardt qui le présente au grand acteur Constant Coquelin … Il lui faut écrire une pièce en quelques jours, et la monter avec des acteurs imposés, des costumes rapiécés, des financiers véreux, des décors inexistants, des tracasseries administratives …. Tout le monde prévoit un énième four de ce qui sera finalement la pièce française la plus jouée au monde : Cyrano de Bergerac.

On ne rate pas une minute de ce film trépidant, tendre, drôle, joué avec maestria par une troupe de choc : Edmond, c’est Thomas Oliviérès, timide, inventif, aimant, fidèle à son épouse Rose (Alice de Lencquesaing) malgré son attirance pour la jeune habilleuse incarnée par Lucie Bougenah (la nièce de Michel). Il va servir de truchement à Léo, je jeune premier beau comme un dieu (Tom Leeb, fils de Michel) mais incapable d’aligner trois mots et c’est ce qui lui donne la trame de la tragédie entre Cyrano (un rôle en or pour Olivier Gourmet), le laid, et Roxane, pour le compte de Christian …

Bien entendu, il vaut mieux connaître l’œuvre d’Edmond Rostand, mais on la saisit assez vite. La mise en scène est tourbillonnante, les personnages secondaires superbement interprétés (Clémentine Célarié en Sarah plus vraie que nature, Mathilde Seigner en diva emmerdeuse, Dominique Pinon en régisseur omniprésent, Raymond Abkarian en financier mafieux, et une apparition de Nicolas Briançon en administrateur bougon de la Comédie Française Jules Claretie … J’en oublie.

Les décors du Paris en 1897 sont magnifiques, la scène finale a été tournée dans le cloître de Moissac, que de plaisir à voir un film français – même si certaines scènes ont été tournées en Tchèquie pour le décor « Sécession » du café d’Honoré (Jean-Michel Martial).

Une occasion rêvée d’emmener les jeunes spectateurs, histoire de leur montrer que tout n’est pas si facile dans la création artistique … mais que la persévérance et le sens de l’effort paient.

Un dernier conseil : ne quittez pas la séance avant la fin du générique pour voir un florilège des grands interprètes du rôle : de Daniel Sorano à Jean Marais en passant par Gérard Depardieu, Jacques Weber et Michel Wuillermoz ...

Posté par mpbernet à 08:00 - Lu et vu pour vous - Commentaires [0] - Permalien [#]
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