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24 janvier 2019

Tango, accordéon, passion ...

 

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Carlos Gardel

Marcel-Azzola

accordeons azzola

Nous venons d’apprendre la disparition du célèbre accordéoniste Marcel Azzola (né à Paris en 1927) et à mon grand étonnement, le seul rappel de toute la carrière de ce musicien hyperdoué fut un extrait de la chanson de Jacques Brel « Chauffe Marcel » …

Les bras m’en tombent !

Comment résumer seulement ainsi la carrière d’un musicien complet, qui a commencé par le violon puis a choisi l’accordéon (le piano du pauvre), a été initié à Rossini, Albeniz, Bach, Beethoven, Debussy.

Il pratique naturellement aussi le bandonéon, et en vient au tango. Dans les années cinquante, il devient l’accompagnateur de vedettes de la chanson – Boris Vian, Edith Piaf, Tino Rossi, Barbara, Juliette Greco, Francis Lemarque … Il est à la tête d’un orchestre de bal, enregistre une centaine de musiques de films, insiste pour que l’enseignement de l’accordéon soit dispensé au Conservatoire de musique de Paris, ce qui sera effectif en 2002.

Un grand musicien, donc, mais dans le genre « populaire » … L’intelligentsia parisienne ne se préoccupe pas tellement de ces artistes. Et c’est bien dommage car c’est tout un pan de notre culture aussi, celle des bals où se rencontrait la jeunesse, où l’on dansait sur des musiques entraînantes, où on faisait des kilomètres à pied pour aller au bal chaque samedi dans nos campagnes pour danser la valse et le tango, collé, serré …

Je me souviens des dernières années de l’après-guerre : le 24 août, c’était la Saint-Barthélémy dans le quartier où habitait ma tante Pauline, « Les Barraques » (depuis, on a changé ce nom pour « Val-de-Mougins », c’est plus vendeur). Il y avait un parquet sous une tente …C’est là qui j’ai appris à aimer la danse et l’accordéon … et donc aussi le tango.

Danse de couple née à la fin du XIXème siècle dans le grand melting-pot du Rio de la Plata, tango étant le nom de l’enclos où l’on parquait les esclaves avant l’embarquement, et ensuite, le nom des tambours qui rythmaient leurs danses. Plus tard, l’influence des danses plus savantes venues d’Europe a façonné cette nouvelle danse de couple devenue incontournable dans les bas-fonds de Buenos-Aires, bien longtemps après que la population noire y ait disparu.

J’ai une passion pour le tango. Selon l’ethnomusicologue Michel Plisson, « une rythmique afro, des musiciens italiens jouant sur des instruments allemands des mélodies d’Europe de l’Est avec des paroles qui viennent des zarzuelas espagnoles".

Le chanteur de tango le plus célèbre dans le monde entier fut Carlos Gardel (1890 – 1934), un français né à Toulouse, qui arrive en Argentine à l’âge de deux ans avec sa mère célibataire. Il invente le tango chanté, devient une star internationale multipliant des tournées et les films. En 1934, Gardel fait la connaissance du jeune Astor Piazzola (1921 – 1992) … Pour moi, Piazzola est LE plus grand créateur de tango, c’est mon idole … sa musique émouvante est toujours d'actualité ...

Un point commun relie cependant tous cet musiciens : l’accordéon-bandonéon et l’Italie.

Alors, vous me direz qu’il y a des grands musiciens « chics » et d’autres qui valent moins la peine qu’on se souvienne de tous les aspects de leur carrière musicale … C’est comme ça. La réputation se forge à Paris où on n’a cure des loisirs et des héros populaires … à part le foot, à cause du fric. Je le déplore, et c’est sans doute ce désintérêt qui fait que tant de personnes éprouvent le sentiment d’être méprisées des « élites ». Et de fait, n'existent pas dans le panorama public ...

Enfin, pour finir sur une note optimiste, nous avons en France un grand accordéoniste  de jazz : Richard Galliano (né en 1950 et lui aussi fils d’immigré italien …)

Posté par mpbernet à 08:00 - Coup de gueule - Commentaires [5] - Permalien [#]
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Commentaires

    Merci Bigmammy

    C'est tellement vrai ce que vous écrivez.

    Posté par Sylvie, 24 janvier 2019 à 08:35
  • J’ai découvert l’intérêt de l'accordéon dans les bals de campagne. Je passais des vacances sur l’Aubrac, les chapiteaux avec plancher de bois s’installaient dans des villages pour un samedi soir. Jeunes et moins jeunes, un vrai brassage joyeux de générations, s’y retrouvaient. Aller au-delà de son clocher, danser la valse, le tango et des danses modernes, tout était bon, au son de l’accordéon.
    Marcel Azzola est entré dans mon univers de jeune fille, supplanté très vite par Astor Piazzola et son talent inimitable au tout petit bandoneon. L’entente de ses merveilleux tangos me revient immédiatement lorsque je vois une seule photo d’un couple dansant le tango. Danse pleine de contrastes, désir ardent/rejet, vigueur/abandon...tout un jeu de séduction qui n’aboutit jamais.
    Un bel hommage, des musiciens comme de l’instrument, digne de votre blog.

    Posté par MAG, 24 janvier 2019 à 09:48
  • Marcel Azzola

    Merci pour votre coup de gueule.
    C'était un grand musicien.
    Il mérite un plus bel hommage.
    Bonne continuation.

    Posté par Yann, 24 janvier 2019 à 10:40
  • Merci de ce coup de gueule et de cette mise en lumière sur ce musicien et sur le tango.

    Posté par MiG nb, 24 janvier 2019 à 16:16
  • Merci pour cet article.

    Posté par Christiane, 24 janvier 2019 à 16:16

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