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06 février 2019

Les chemins de la mer, roman de François Mauriac

 

chemins de la mer

Vous connaissez mon angoisse de n’avoir plus rien à lire … alors que j’ai des milliers de livres à ma disposition dans mes différentes bibliothèques. C’était ma terreur d’hier quand je me suis rabattue sur les œuvres complètes des auteurs que je préférais dans les années 80 … en particulier François Mauriac.

Je ne me souvenais pas avoir jamais entendu parler de ce roman paru en 1939 : c’est ce qui m’a attirée. Et j’ai été littéralement happée.

D’abord, une scène d’ouverture époustouflante : une famille typique de la riche bourgeoisie bordelaise s’apprête à aller au bal. La mère attend Rose, qui attend la livraison de sa robe de bal. Mais c’est le premier clerc de l’étude de son mari, notaire fastueux, qui se présente … Lucienne Revélou ne veut rien entendre, lui dit de partir voir son mari, dans leur demeure campagnarde de Léognan … Bientôt, c’est Léonie Costadot, sa camarade de couvent, qui vient lui annoncer que son mari est ruiné par une gourgandine et lui soutirer une signature pour récupérer e quoi sauvegarder, avant la masse des autres créanciers, les fonds confiés au notaire appartenant à sa famille.

Rose, la jeune fille de la maison, est follement amoureuse de Robert, le fils de Léonie. La ruine de son père signera la fin de son amour … et aussi le malheur de ses deux frères, Julien et Denis. Mais aussi celui de Robert, le fiancé veule, qui va rompre son engagement, et de Pierre, le plus jeune de la fratrie, un jeune poète doué mais faible.

Le roman est d’une cruelle vérité, avec les constantes de l’ambiance propre à François Mauriac.

Ici, c’est avant tout le portrait-charge de deux mères abusives, attachées à leur patrimoine, jalouses de l’avenir de leurs enfants mais étouffantes jusqu’à l’obsession … Des pères absents aussi. Des sentiments inavouables – pulsions homosexuelles refoulées – des malentendus dévastateurs, des destins bousculés, des familles qui s’écroulent et d’autres qui s’élèvent … avec sans cesse la présence, au côté des ces bourgeois confits dans leurs certitudes, les régisseurs habiles et entreprenants, les erreurs, les errements de l’adolescence … et la nature omniprésente, les vignes, les pinèdes toutes proches, la chaleur étouffante des été aquitains …. Il faut avoir visité la propriété familiale de Malagar pour comprendre l’ambiance des romans de François Mauriac …

Ce roman se lit dans un souffle …. Et me voilà encore une fois en quête d’une nouvelle histoire… Vais-je me tourner vers la série des Zola ????

 

Les chemins de la mer, roman de François Mauriac, édité chez Grasset – collection « les cahiers rouges », 322 p., 10,15€

Posté par mpbernet à 08:01 - Lu et vu pour vous - Commentaires [3] - Permalien [#]
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Commentaires

    Il avait une belle langue; mais je n'aime pas son coté catho d'un autre temps
    Sa petite fille Anne Wiazemsky a écrit des nouvelles & aussi **mon enfant à Berlin** qui sont intéressants

    Posté par Martine, 06 février 2019 à 14:15
  • Il y a quelques années j’aI lu les Rougon Macquart dans l’ordre chronologique
    On saisit le projet de Zola de décrire l’evolution d’ine famille et le rôle de génétique dans le devenu de ses différentes branches .
    Et aussi de dépeindre une société en mouvement , les différentes couches sociales
    Bien intéressant !

    Posté par Elleoj, 06 février 2019 à 14:23
  • Il y a bien longtemps que j'ai lu un ouvrage de François Mauriac, je note la référence pour lire ce livre.
    Bonne journée

    Posté par Jauneyris, 08 février 2019 à 14:30

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