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15 mars 2019

Valise diplomatique, mémoires de Pierre-Louis Blanc

 

valise

J’ai acheté cet ouvrage pour en savoir plus sur le service de la valise diplomatique où mon père a œuvré de 1944 à 1972. C’est logique me direz-vous ? Eh bien, pas du tout !

Il s’agit ici des mémoires d’un diplomate ayant fait une belle carrière puisqu’il l’a terminée dans la dignité d’Ambassadeur de France et qui, ayant pris sa retraite, s’affranchit du devoir de réserve.

Il se délecte à raconter ses souvenirs, dresser des portraits, donner aux uns ou aux autres des bons points ou des appréciations très négatives, nous délivrer ses réflexions sur le monde, la morale qui fout le camp ….

Mais autant il se montre prolixe sur toutes les personnalités administratives, politiques, françaises et étrangères qu’il a rencontrées au plus haut de l’Etat et du monde, jamais au grand jamais il ne laisse tomber son regard sur le personnel des ambassades qu’il a fréquentées. Jamais il ne cite ne serait-ce qu’une fois l’utilité et les services qu’ont pu lui rendre tel ou tel des courriers diplomatiques – ceux qui accompagnaient la fameuse valise diplomatique - qu’il a forcément rencontrés. Ce titre de « valise diplomatique » est donc une escroquerie intellectuelle en soi.

J’ai tout de même lu l’intégralité de son témoignage, qui a le mérite de l’expérience d’un praticien des relations internationales. Né en 1928 à Apt, Pierre-Louis Blanc a poursuivi le cursus universitaire classique d’un jeune bourgeois de province. Son père dirigeait une fabrique de fruits confits. Après des études à Sciences Po initiées en 1948, il intègre l’ENA en janvier 1952. Il en deviendra le Directeur de 1975 à 1982. Il aura passé vingt-sept années à l’étranger dans divers postes diplomatiques, terminant en beauté comme représentant permanent de la France au Conseil de Sécurité de l’ONU.

Son expérience n’est donc pas sans intérêt … Mais ce qui l’a le plus marqué, c’est son activité auprès du général de Gaulle qui constitue un tournant capital de sa vie. De 1967 à 1969, il est chef de service de presse à l’Elysée puis de 69 à 70 un membre de son secrétariat particulier. Il se rend à multiples reprises à Colombey et en tirera un livre « De Gaulle au soir de sa vie » qui ne lui procurera pas que des amis.

Voilà donc une chronique de la vie d’un diplomate, au cœur de l’action à l’ONU pendant la première guerre du Golfe, vivant la chute du mur et l’éclatement du bloc soviétique. J’apprécie moins les piques vachardes à l’égard de certaines personnalités : Pompidou, Raffarin, Attali, tout comme son admiration pour Xavier Perez de Cuellar (secrétaire général de l’ONU) ou Fanny Ardant. L’homme apprécie en effet les jolies femmes, et semble très sensible à l’élégance vestimentaire de ses interlocuteurs.

Un autre inconvénient de cette édition : de nombreuses erreurs de relecture, des redites, des réflexions sur le monde, aujourd’hui datées – les mémoires ont été terminées en 2003 et le monde court si vite !

 

Valise diplomatique, Souvenirs, Portraits, Réflexions par Pierre-Louis Blanc, publié en 2004 aux éditions du Rocher, 438 p., 19€

Posté par mpbernet à 08:00 - Lu et vu pour vous - Commentaires [0] - Permalien [#]
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