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15 mai 2019

Bakhita, roman par Véronique Olmi

Bakhita Olmi

Josephine Bakhita

 

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Un livre émouvant, passionnant, dépaysant aussi bien dans l’espace que dans le temps. 

Une biographie écrite sur la base des souvenirs de Bakhita - recueillis en son temps par une journaliste qui en fera un best-seller - romancée avec une infinie délicatesse. Celle d’un être humain ravalé au statut de marchandise, une petite fille heureuse et aimée puis tout à coup razziée, parquée, entravée, traînée, enchaînée, violée, torturée, vendue de maître en maître de plus en plus méprisant … La soumission, l’anéantissement, la résilience, l’amour puis l’espérance, la foi, le don total.

C’est l’histoire d’une petite fille originaire du Darfour, région aux confins du Tchad et du Soudan propice aux rivalités tribales où les humains sont naturellement butin de guerre, volée comme des millions d’autres et réduite en esclavage.

Elle ne se souvient plus de son nom ni de sa langue maternelle. On la désignera plus tard sous celui de « Bakhita », la « chanceuse » en arabe. Elle a de la chance car elle survit, dans des conditions effroyables.

Je croyais savoir, après avoir lu les ouvrages d’Olivier Pétré-Grenouilleau ou d'Alain Bihr la condition inhumaine réservée aux exclaves … J'étais loin du compte.

La petite héroïne naît en 1869 … elle est capturée à l'âge de 7 ans. La nouvelle de l’abolition de l’esclavage n’est pas parvenue jusqu’à ces contrées de l’est africain – où nous savons que de nos jours encore, l’esclavage existe …

Année après année, souffrance après souffrance, Bakhita s’adapte. Sa vie est une suite de renoncements, d'abandons, de déchirements, d’arrachements. Jusqu’au jour où elle réussit à dire non. A rester là où elle sent qu’un être suprême va l’aider, l’aimer … Mais cela ne suffira pas à la libérer de sa condition de femme noire, d’objet de propagande, de curiosité malsaine en un temps où triomphe un racisme politique généralisé. Elle se plie à la volonté de ce père du ciel dont elle découvre l’amour pour elle – enfin.

C’est une histoire vraie, celle de cette esclave soudanaise achetée par un consul italien pour l’offrir à son épouse, affranchie après un procès à sensation, instruite dans un couvent, devenue religieuse et enfin canonisée en 2000 par Jean-Paul II.

Véronique Olmi se glisse sous la peau scarifiée de cette toute petite fille, imagine ses angoisses, raconte son odyssée en phrases courtes, en évocations poétiques, comme si nous étions tout près d’elle, contemplant les étoiles et pensant à tout instant retrouver ses parents perdus. Un destin terrifiant dans une époque d’une cruauté sans pareille.

 

Bakhita, roman par Véronique Olmi – Le livre de Poche et Albin Michel, 475 p., 8,70€

Posté par mpbernet à 07:51 - Lu et vu pour vous - Commentaires [5] - Permalien [#]
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Commentaires

  • Je l ai lu ; l esclavage dans tous les sens du terme

    Posté par Martine, 15 mai 2019 à 12:20
  • J'ai beaucoup aimé ce livre, touchée par l'histoire et le style de l'auteur. je trouve son vocabulaire et son rythme de phrase parfaitement adapté à son propos.

    Posté par Mimille, 15 mai 2019 à 14:17
  • Merci pour cette référence bibliographique.
    Bonne soirée

    Posté par Jauneyris, 15 mai 2019 à 22:38
  • il me semble avoir vu un film sur france ô racontant l'histoire de Bakhita

    Posté par jane, 16 mai 2019 à 09:28
  • Je l'ai lu il y a plusieurs mois deja... Hélas la plume de Olmi est froide et insensible... Dommage , cela dessert le roman et ne rend pas justice à l'héroïne...

    Posté par Brijou, 16 mai 2019 à 13:59

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