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29 mai 2019

Un vent de jeunesse souffle sur l'Europe !

 

résultats définitifs

Tout d’abord, permettez-moi de rire sous cape : il paraît que dès le lendemain de l’élection, on a enregistré une forte progression de requêtes sur Google demandant quand se tenait le second tour …

Comme quoi, en matière d’information, on n’en fait jamais trop.

Mais il est vrai que le mode de scrutin à la proportionnelle à un seul tour, très répandu dans les autres pays de l’UE, ne nous est plus familier depuis l’avènement de la Vème République et la Constitution voulue par le général de Gaulle … sauf pour les élections des représentants du personnel dans les entreprises.

On y voit plus clair après ce scrutin qui, déjouant certains pessimistes, a intéressé un peu plus d’un électeur sur deux en France, une sacrée performance. On ne parle plus aujourd’hui de sondages, mais d’une photographie détaillée du corps électoral français, dont les spécialistes vont pouvoir analyser région par région, bureau de vote par bureau de vote les conséquences prévisibles à court terme. On va faire tourner les modèles et remettre à jour les paramètres pour préparer les municipales. Même si chacun sait que le vote pour les européennes n’est pas comparable à un scrutin local.

Bref : sur les 34 listes déposées, 28 n’ont pas atteint le seuil de 5% des suffrages exprimés nécessaire pour obtenir au moins un siège. Seuls 6 partis politiques français seront donc représentés au Parlement européen. Ensemble, en France, les partis de gauche représentent actuellement près de 32% des voix, les souverainistes 27%, les centristes 25%, la droite conservatrice a lourdement chuté à 8,5%.

Ce qui me rassure – je n’ai jamais caché mon attachement à l’idée européenne et à ses institutions – c’est que les pro-européens sont majoritaires (LR, MoDem, UDI, LREM, EELV, PS-PP, Génération.s, Urgence écologie) avec 58%. Les eurosceptiques (RN, LFI, DLF, PCF) atteignent 35% tandis que les partisans du Frexit n’ont même pas obtenu 2%, Quant à ceux qui se réclamaient des Gilets jaunes, encore moins. Et enfin, les jeunes ont voté de façon responsable et plus nombreux qu’à l’accoutumée (25% ont voté écolo, c'est encourageant !).

Je me suis amusée à faire des règles de 3 à partir du pourcentage atteint par chacun des partis capables d’envoyer des représentants au parlement européen … Quel serait aujourd’hui la composition de notre assemblée nationale ? (en imaginant le nombre de sièges réduit de 20%, ce qui en limiterait le total à 461 sièges) Je n'ai pas trouvé encore une telle simulation chez les commentateurs les plus sérieux.

C’est totalement hypothétique, d’accord, mais on pourrait obtenir un hémicycle ainsi composé :

RN : 137 sièges, LREM : 131, EELV : 75, LR : 50, LFI : 37, PS-PP : 31, Non inscrit  1. Résultat : une chambre totalement ingérable - et en abaissant le seuil d'éligibilité à 3%, il n'y aurait aucune différence. Pour obtenir une majorité absolue (231 sièges), il faudrait donc, comme toujours dans le cadre d’une représentation proportionnelle, former des coalitions. Par exemple : une partie de LR+LREM+EELV … Est-ce jouable ?

Car RN+LR+non inscrits (maximum 188 sièges) ne trouve pas d’autres formation politique compatible et disponible pour une alliance … Quant à la gauche (PS+LFI), elle ne pèserait que 68 sièges, même pas de quoi former un « groupe charnière ». En se souvenant aussi de la propension de nos députés à ne pas suivre les consignes de leur parti et à éparpiller "façon puzzle" leur famille politique ...

C’est une des raisons pour laquelle le scrutin proportionnel est si mal vu par les tenants de la stabilité ministérielle. En France, durant la IIIème et surtout la IVème République, ou en Allemagne pendant la République de Weimar, ce mode de scrutin à laissé de très mauvais souvenirs.

La patronne du parti arrivé en tête de ce dernier scrutin a réclamé la dissolution de l’Assemblée Nationale et l'élection d'une nouvelle assemblée au scrutin proportionnel… Elle doit pourtant savoir que c’est l’assemblée en place qui seule peut décider de son mode de désignation – on voit mal comment des députés en fonction se feraient hara-kiri, mais on peut toujours rêver !

Posté par mpbernet à 07:37 - Actualité - Commentaires [2] - Permalien [#]
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Commentaires

  • Merci pour cette analyse pertinente, comme toujours ! Bonne journée !

    Posté par Marsuline, 29 mai 2019 à 09:28
  • Voilà qui me rassure, car depuis que Juncker avait dit que les Européens avaient perdu la “libido collective” j etais un peu inquiéte!

    Posté par Claudie, 29 mai 2019 à 11:45

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