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02 juin 2019

Félix Fénéon, les arts lointains au Musée du Quai Branly

 

feneon affiche

feneonpar Bertillon

Fénéon par_Luce

Fénéon par Vallotton

 

C’est la première fois qu’un tel hommage est rendu à Paris à Félix Fénéon.

Dandy discret, très amateur de femmes, journaliste, critique d’art, collectionneur exigeant, galeriste, directeur de revues et surtout l’un des pionniers de la mise en valeur les arts primitifs, une « première » en ce début du XXème siècle..

Félix Fénéon (1861 – 1944) a marqué son époque par la sûreté de son regard sur la modernité. Le journal Le Monde le définit comme le saint patron de la critique d’art, un pionnier de la reconnaissance des arts de l’Afrique et de l’Océanie, à l’instar de son confrère galériste Paul Guillaume et bien avant Jacques Kerchache, l’homme à l’origine du musée du Quai Branly.

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Je connaissais vaguement le nom de Félix Fénéon pour ses articles dans La Revue Blanche des frères Natanson entre 1896 et 1903, mais j’étais loin de me rendre compte à quel point son influence a profondément marqué l'émergence de l’art moderne.

Félix Fénéon est un collectionneur avisé qui noue des relations étroites avec les artistes qui secouent le paysage académique. Seurat, Vuillard, Bonnard, Toulouse-Lautrec, Braque, Matisse, Modigliani, Maximilien Luce, Félix Vallotton : il anticipe des Fauves, définit les néo-impressionnistes, sera le directeur artistique de la galerie Bernheim-jeune, amasse ses toiles préférées … fréquente Apollinaire, Mallarmé, Octave Mirbeau.

Dans le même temps, il fréquente étroitement les milieux anarchistes – il sera impliqué dans le procès des Trente – après une vague d’attentats (déjà !), mais relaxé grâce à son humour.

Il écrit sous divers pseudonymes, et ose poser la question provoquante à propos des arts lointains : « Iront-ils au Louvre ? », se mettant à dos plusieurs conservateurs et critiques d’art.

Sa collection est superbe, très riche, il la prête pour des expositions internationales comme le critique d’art américain qui organise en 1935 « African Negro Art » au musée d’art moderne de New York.

Un hommage bien mérité, une découverte pour une foule de publics aujourd’hui mieux accoutumés à apprécier les arts premiers … mais il faut imaginer ce que furent les réactions au début de siècle précédent ! Et cet hommage sera complété à la rentrée puisqu’une exposition retracera les œuvres picturales sélectionnées par Félix Fénéon au musée de l’Orangerie à partir du 16 octobre et qui s'intitulera "Les temps nouveaux de Seurat à Matisse".

 

poseuse Seurat

En attendant, ne pas manquer les délicieuses images de Lucie Cousturier l"aquarelliste anticolonialiste et amie voyageuse, élève de Signac et d'Henri-Edmond Cross ... C'est son père, Léon Casimir Brû qui acquiert "Un dimanche sur l'¨le de la Jatte" pour l'offrir à sa fille ...

 

Musée du Quai Branly – Jacques Chirac, exposition jusqu’au 29 septembre, 218 rue de l’Université et 37 Quai Branly – Paris VIIème. Ouvert tous les jours sauf le lundi, à partir de 11 h.

Posté par Bigmammy à 08:00 - Lu et vu pour vous - Commentaires [0] - Permalien [#]
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