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03 juillet 2019

Sonia Delaunay, la vie magnifique, par Sophie Chauveau

robes simultanées

Sonia

 

sonia et robert

 

tour

 

Delaunay-Bal-bullier1

 

biographie

Tous les passionnés de peinture et de littérature se régalent comme moi en dévorant les ouvrages de Sophie Chauveau : Lippi, Botticelli, Fragonard et Manet et maintenant, Sonia Delaunay. Sous-titrée « La vie magnifique », et moi, je rajoute : « Quel destin ! »

Une femme comme on en voit peu dans un siècle, une artiste universelle, opiniâtre, amoureuse, jamais rassasiée, hyperactive, rayonnante jusqu’à ses derniers jours. Sonia, ou plutôt Sarah nait en 1885 dans un shtetl d’Ukraine, dans une famille pauvre. Elle aura la chance (?) d’être confiée très jeune au frère aîné de sa mère, qui n’a pas d’enfant mais est un avocat de renom et l'élève avec amour. Cependant, sa mère n’acceptera jamais une adoption plénière et la jeune Sarah devenue Sonia adoptera le patronyme d'une maman qu’elle ne reverra jamais.

Grandie dans la haute société de Saint-Pétersbourg, Sonia entreprend des études artistiques en Allemagne mais son rêve est de vivre à Paris. Sonia la sérieuse, toujours tirée à quatre épingles, fera tout pour taire ses origines juives. Elle se revendique russe, c’est déjà beaucoup. Car c’est à Paris que l’art moderne se joue, à Montparnasse en particulier. Elle n’hésitera pas, pour se délivrer de la tutelle familiale, à épouser un galériste allemand, Wilhelm Uhde. C’est un mariage blanc, il est homosexuel …

Lorsque Sonia découvre l’amour de sa vie, Robert Delaunay, rencontré en 1907 dans leur commune admiration pour le Douanier Rousseau, elle divorce et ils restent amis.

A partir de là, c’est le tourbillon de l’art moderne en Europe qui happe le lecteur : poètes, littérateurs, peintres, sculpteurs, tous les mouvements post impressionnistes : expressionnismeDada, le surréalisme, le cubisme, Die Brücke, le Cavalier Bleu, l’art abstrait enfin : Robert et Sonia créent le simultanéisme, hantés par les théories de Michel-Eugène Chevreul sur l’influence des couleurs les unes sur les autres. Le couple tient table ouverte : Apollinaire, Cendrars, Tzara, Diaghilev, Kandinsky, Brancusi, soupault, Delteil, Léger, mais surtout pas Picasso ...

Cette biographie est une façon de parcourir ce siècle qui bouleversa le monde, pas seulement celui de l’art. Sonia Delaunay est folle amoureuse de Robert, colérique, violent, antisémite, se dévoue entièrement à son œuvre, fait bouillir la marmite puisqu’il ne vend rien et qu’à partir de 1917, elle ne perçoit plus ni sa rente ni son héritage russes. Robert meurt en 1941, elle élève seule leur fils Charles qui deviendra une sommité dans le monde du jazz, et peut enfin se consacrer à sa peinture personnelle.

C’est une artiste internationale, exceptionnelle, prolifique, reconnue, imitée, copiée à l'infini, aux mille talents portant sur mille matières, qui influence encore aujourd’hui une foule d’artistes. La créatrice – avec son mari – de l’art abstrait, qui, jusqu’à ses derniers jours – en 1979, toujours peignant en tailleur Chanel … Quelle femme !

Un regret après avoir refermé ce livre : la faiblesse de l’iconographie …c’est frustrant !

Sonia Delaunay, La vie magnifique, biographie de Sophie Chauveau, chez Tallandier, 391 p., 21,90

Posté par mpbernet à 07:41 - Lu et vu pour vous - Commentaires [0] - Permalien [#]
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