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05 août 2019

Pike, roman noir de Benjamin Whitmer

 

Pike Whitmer

Ce fut l’une des révélations de la rentrée littéraire de 2012 – selon François Busnel et Bernard Poirette, le premier roman d’un auteur né en 1972. Je l’ai découvert dans mon stock de livres qui n’arrête pas d’enfler comme une grosse bosse assénée à coup de poing américain. Du polar noir, brutal, sanglant, plus que violent …

Pike est un ancien truand plus ou moins en cavale, qui revient dans sa ville d’origine, Cincinnati, cité minière des Appalaches où règnent la misère, le racisme, la prostitution, la drogue et les règlements de comptes au couteau, aux armes de poing et à la carabine de chasse. Pike vient de récupérer une gamine de douze ans, qui lui est livrée par Dana, une amie de sa mère qui vient de mourir d’une overdose, Sarah. Sarah est en fait la fille de Pike, et Wendy est donc sa seule famille. Pike, assisté du jeune boxeur amateur Rory, veut savoir comment sa fille, qu’il a perdue de vue depuis qu’elle avait 6 ans, a trouvé la mort et si le flic le plus pourri du coin, Derrick Krieger, proxénète et dealer, tueur de jeunes dealers noirs, y serait pour quelque chose.

La course-poursuite commence à la recherche du moindre témoignage au cœur des bas-fonds de cette cité autrefois prospère, là où furent étêtées les collines pour y râcler le charbon, où règne un racisme puissant, une danse de mort où gicle le sang, coule le Bourbon et la bière, vrombissent les moteurs de pick-ups hors d’âge, dans le smog prisonnier des montagnes et la neige sale amassée en congères. Un décor d’apocalypse qui plonge le lecteur au milieu de cette société de petits-blancs, cœur de l’électorat de D.Trump aujourd’hui.

Malgré son extrême violence, Pike est un homme qui attire la sympathie. Son destin sans issue parle de la condition humaine, de l’affrontement sans merci entre deux êtres frustres de même carrure, qui ont vécu sans doute des histoires parallèles (Derrick est un vétéran du Vietnam), avec des descriptions de combats d’une précision époustouflante.

C'est aussi une belle écriture, un style acéré, imagé, sensible. Du sang sur les murs et dans la neige, personnes sensibles s’abstenir …

 

Pike, roman de Benjamin Whitmer, traduit de l’américain par Jacques Mailhos, aux éditions Gallmeister. 264 p.

 

Posté par mpbernet à 07:59 - Lu et vu pour vous - Commentaires [0] - Permalien [#]
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