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08 septembre 2019

Emilio Salgari (1862 - 1911), le maître italien de l'aventure exotique

 

Emilio Salgari

 

feuilletons

Depuis plusieurs années, je suis abonnée à une série d’albums de BD reprenant les grandes œuvres de la littérature du XIXème siècle. La qualité de ces ouvrages est soignée, le propos est pédagogique puisque la collection – que l’on peut acheter aussi en kiosque, est présentée par le journal Le Monde et le Cours privé Legendre, avec de très intéressants éléments biographiques en fin de volume.

Si j’avais espéré qu’au moins l’un de mes petits-enfants aient ainsi l’opportunité de lire un de ces chefs-d’œuvre aujourd’hui totalement oubliés – sauf exception comme Notre Dame de Paris de Victor Hugo, mon souhait a vite été déçu … Je n’ai jamais vu l’un de ces albums entre les mains de mes jeunes fanas de séries japonaises et de jeux vidéo. Pour moi en revanche, cette collection m’a mise en contact avec des textes dont j’avais entendu parler, mais que je n’avais jamais lus : grand moment avec Le Rouge et le Noir ou Le Tour du Monde en 80 jours

Dans la dernière livraison, je découvre un auteur italien dont je n’avais jamais entendu le nom : Emilio Salgari, extraordinaire et prolifique auteur de centaines d’histoires plus exotiques les unes que les autres, feuilletoniste italien maître du roman d’aventures, écrivain populaire de la fin du XIXème et du début du XXème siècle.

 

Sandokan-et-le-tigre-de-Mompracem

Stakhanoviste des épisodes, il décrit avec un luxe de détails le Far-West comme la vie des pirates, les Philippines, l’Afrique, les Bermudes ou les mers de Malaisie autour de Sarawak et Borneo … sans avoir lui-même jamais franchi les limites de la mer Adriatique. En particulier, il est le père de Sandokan, pirate des mers de Malaisie, prince évincé de ses droits par la colonisation anglaise, qui se fait passer pour mort et immerger dans un sac qu’il va percer pour se libérer – une réminiscence d’Edmond Dantès ????, il est le redouté Tigre de Mompracem.

Pour subvenir aux besoins de sa famille, Emilio Salgari abat un travail de Romain, écrivant simultanément plusieurs « séries » qui parfois se contredisent, où les personnages se croisent, invente des mots, trame des intrigues à suspens. Malgré le succès populaire qui lui sourit très rapidement, ses différents éditeurs ne le payent pas et il se tue littéralement au travail.

En proie à des difficultés financières, inconsolé après le placement de sa femme adorée en hôpital psychiatrique, incapable de faire face aux frais d’hospitalisation, il se suicide d’un coup de couteau en avril 1911, laissant à ses éditeurs cette lettre désespérée : « A vous qui vous êtes enrichis sur mon dos en nous maintenant, moi et ma femme, dans une quasi misère, je ne vous demande, en compensation de tout ce que je vous ai fait gagner, que de pourvoir à mon enterrement. Je vous salue en cassant ma plume. »

Sandokan et le Tigre de Monpracem, BD d’après Emilio Salgari, collection Les grands classiques de la Littérature en Bande dessinée, édité chez Glénat et Le Monde, par Stefano Enna et Nico Tamburo, Minte Studio pour la couleur.56 p., 8,99€

Posté par mpbernet à 08:00 - Lu et vu pour vous - Commentaires [2] - Permalien [#]
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Commentaires

  • En tout cas, le graphisme art nouveau est magnifique. La couverture nous emmène déjà dans un monde désuet d aventures qui ont séduit notre jeunesse.Merci de nous faire découvrir cette série.

    Posté par Christine, 08 septembre 2019 à 08:47
  • Emilio Salgari a vecu dans ma ville: Torino!

    Posté par Helga, 08 septembre 2019 à 22:59

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