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18 septembre 2019

L'âge d'or de la peinture anglaise au musée du Luxembourg

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Nul besoin de se précipiter à Londres avant les tracasseries du Brexit pour admirer les trésors de la peinture anglaise du XVIIIème siècle, prêtés à Paris par la Tate Gallery.

L’exposition, superbe, présente les somptueuses toiles des artistes-phares Joshua Reynolds (1723-1792) et Thomas Gainsborough (1727-1788), soulignant cet âge d'or d'une peinture marquée par les portraits, les paysages et les scènes quotidiennes. Une figuration incarnée également par le romantisme d'un Johann Heinrich Füssli ou bientôt les hardiesses lumineuses d'un Turner.

Ces images couvrent les années 1760 à 1820 environ. Une période cruciale dans l’histoire de l’Angleterre, celle du roi Georges III, premier roi depuis un siècle né sur le sol britannique, mais qui a terminé sa vie dans la folie. Un temps d’extraordinaire éclosion de la richesse avec les progrès de l’agriculture, les débuts de la révolution industrielle, l’expansion du domaine colonial et de l’Empire, mais aussi la guerre d’indépendance des colonies américaines et les guerres contre la France révolutionnaire puis Napoléon …

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Une époque où le portrait fait florès non seulement dans la noblesse mais aussi se diffuse auprès de hobereaux moins fortunés mais aisés, où les enfants prennent une plus grande part. L’art du portrait confine à la perfection, avec des poses plus originales, des drapés évanescents – Ah ! la sublime figure de Lady Bate-Dudley saisie par Thomas Gainsborough (sur l'affiche) … - et on sent aussi poindre l’influence romantique avec les aquarelles ésotériques de William Blake, ou les grandes « machines » - toujours le genre incontournable de la peinture historique indispensable pour entrer à l’Académie ! - comme cette extraordinaire vue de la destruction de Pompéï et Herculanum qui clôture l’exposition.

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On perçoit aussi la rivalité feutrée entre Joshua Reynolds, choisi comme premier président de la Royal Academy of Arts créée en 1768 et celui que les critiques lui opposent, Gainsborough, plus libre de ses thèmes, plus spontané et plus audacieux. Apparaissent aussi l’amour des britanniques pour les paysages et les aquarelles, en particulier celles de Turner, qui préfigurent les impressionnistes.

Pour se rendre compte du décalage avec la peinture française de la même époque – Fragonard, Vigée-Lebrun, Greuze, Chardin, Watteau, Boucher – on imagine l’émergence d’une clientèle anglaise beaucoup plus solvable que la noblesse française, de plus en plus désireuse de se voir représentée ainsi que ses enfants ou ses chiens, et plus ouverte à la nouveauté …

Une très belle et très enrichissante exposition à voir jusqu’au 16 février.

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Musée du Luxembourg, 19, rue de Vaugirard Paris 6ème – à partir de 10h30, tout les jours, 13€.

Posté par mpbernet à 08:00 - Lu et vu pour vous - Commentaires [0] - Permalien [#]
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