Bigmammy en ligne

17 octobre 2019

C'est pas facile d'être père !

On parle beaucoup, en ce moment, de la possibilité – votée en première lecture par les députés – qui sera désormais offerte à toutes les femmes, quel que soit leur statut matrimonial, de bénéficier des techniques de procréation assistée, en France et avec le secours de la Sécurité sociale.

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Je ne rentre pas dans le débat mais j’écoute les arguments de ceux qui sont opposés à cette loi.

En particulier le fait de priver un enfant, sciemment, d’un père. Et je me dis que toutes les femmes qui, pour une raison ou pour une autre, ont élevé un enfant seules doivent bondir de colère.

Les femmes abandonnées par leur amant sitôt la nouvelle de la grossesse annoncée, celles qui se sont laissées aller un soir de fête sans plus se souvenir avec qui elles ont passé la nuit et ont gardé tout de même le bébé, les veuves, les divorcées d'un père absent …

Ces mamans n'ont peut-être pas été ravies de l'enfant qui allait naître, mais elle l'ont aimé. Alors, pensons à celles qui désirent ardemment devenir mères mais qui n'ont pas trouvé de compagnon pour le faire de façon naturelle, ou qui ont une femme pour compagne. Ces enfants-là, ils sont tellement désirés, et on leur trouvera certainement une image paternelle de subsitution.

Ces mères-courage, qui ont élevé leur enfant pour en faire un membre de notre société, elles ont tant de mérite ! Je pense en particulier à ma tante Henriette, l’aînée des trois sœurs de ma mère. Veuve à 36 ans, avec quatre enfants dont deux en bas âge, elle a fait face courageusement malgré des difficultés physiques et naturellement sans avoir de formation. Elle a passé sa vie à faire le ménage - et chez des bourgeoises qui ne l'ont jamais déclarée, la provant ainsi de retraite - jusqu'à la limite de ses forces. Ses trois fils ont très bien réussi : l’aîné est devenu un commerçant accompli, le second, avec son certificat d’études a intégré Saint-Cyr et a fini dans le plus haut grade de la Gendarmerie, le troisième est devenu ingénieur dans les télécommunications, la dernière est devenue préparatrice en pharmacie pour épauler son mari pharmacien.

Enfin, je voudrais évoquer les pères indignes, pires que les pères absents : les pères suprêmement intelligents qui dénigrent sans cesse leurs fils, les pervers narcissiques qui exercent leur emprise sur les jeunes têtes blondes, les alcoolos, les loosers professionnels …

Dans les colonnes de la Presse, le chanteur Alain Souchon ose confier que la mort de son père biologique l’a soulagé lorsqu’il avait quatorze ans. On a beaucoup parlé de la famille dysfonctionnelle de Yann Moix … Mais surtout, je suis en train de dévorer le livre de Georges Buisson, le fils de Patrick Buisson, journaliste et spécialiste politique … Je n’en dis pas plus, j’ai encore 25% des 677 pages à lire et je sens que le plus dur reste à venir.

Ce qui change dans le monde d’aujourd’hui, c’est que les écrivains qui ont souffert dans leur enfance ne prennent plus la peine de travestir leur douleur dans un roman – comme le fit Hervé Bazin en 1948 dans Vipère au poing. Ils déballent tout sans vergogne … Notre monde devient dingue …

C’est difficile d’être un bon père, sans doute plus difficile que d’être une maman. C’est une sacrée responsabilité. C’est capital de connaître ses origines. Mais dans certains cas, il vaudrait mieux ne pas savoir.

Posté par mpbernet à 08:00 - Actualité - Commentaires [7] - Permalien [#]
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Commentaires

  • Je partage entièrement votre analyse, ne pas avoir eu de père est sans doute moins traumatisant qu'avoir subi un mauvais père...
    Coïncidence, j'ai aussi dans mes références une admirable tante Henriette, veuve très jeune et mère de 8 enfants qui ont tous bien réussi leur vie.
    Etre père (et mère) est avant tout une vocation que tous les parents biologiques n'ont pas malheureusement !

    Posté par Geneviève, 17 octobre 2019 à 09:32
  • Le rôle de la médecine est de soigner, en occurrence l’Infertilité d’un couple et cette décision de généraliser la pma marque un changement dans la vocation de la médecine elle devient réponse à une demande sociale, un droit à l’enfant !

    Posté par Jauneyris, 17 octobre 2019 à 10:24
  • Je passe directement à la fin de ton commentaire ( Souchon)
    " ce qui change dans le monde aujourd´hui" ( dis-tu) et ce que j´observe dans mon coin, c´est une véritable mutation de la sensibilité. Être ou avoir été victime pourrait bien être une nouvelle manière de se présenter, d être accepté, compris.
    Pour moi c´est nouveau cette culture de la plainte de même que l´efficacité de l´instrument employé.

    Posté par claudie, 17 octobre 2019 à 20:39
  • Là, ma chère cousine, tu touche une corde sensible en moi. N'oublie pas , et on l'oublie souvent , ces pères qui n'ont pu l’être et c'est mon cas . J'en pleure tout les jours, comme un con. Et que dire d'Arlette ma pauvre Femme , morte de ne pas avoir pu être maman malgré tout les progrès médicaux des années 70 et le dévouement vain d'un formidable génico. Mais, revenons aux Hommes, c'est méchants, ces violeurs etc... Causes de tout les mots ? Je ne décolère pas d'entendre tj ces pauvres Femmes victimes , mais ont ne parle jamais des coupables, des aguicheuses, on ma même dit les "Violeuses" et oui cela existe il parait, etc.. Et la "promotion Canapé" tu sais aussi qu'il y à des cas, étant chez d'entreprise j'ai été quelque fois confronté à ces situation embarrassantes ? Et j'en passe . En tout cas de celles là, je ne entends jamais parler et pourtant elles existent. Meme si la proportion est plus faible cela n'excuse pas tout. Je suis pourtant d'un naturel plutôt consensuel, alors faisons la part des choses et combattons ensemble TOUT les cas, je trouve que l'on parle pas assez .

    Posté par Rayface06, 18 octobre 2019 à 13:03
  • Toutes les PMA constituent la marchandisation de la vie humaine et la porte ouverte à l'utilisation des êtres pour assouvir un "droit" à l'enfant pour ceux qui auront les moyens financiers de se l'accorder. La précieuse existence humaine ne peut se résumer à ce consumérisme.

    Posté par Marie, 19 octobre 2019 à 12:47
    • Ne pas confondre PMA et GPA. En effet, la gestation pour autrui peut conduire à une marchandisation du corps de la femme, et j'y suis TOTALEMENT opposée. Pour mémoire, la loi prévoit que la procréation assistée sera prise en charge par le sécurité sociale et que le don de sperme, comme le don du sang, est gratuit en France depuis de nombreuses années. En revanche, actuellement, seules es femmes qui disposent des moyens financiers, peuvent aller à l'étranger - Espagne, Belgique, Grèce - pour se faire inséminer. Cette inégalité me semble inacceptable.
       
       
       
       

      Posté par mpbernet, 19 octobre 2019 à 13:07
  • La PMA est déjà la marchandisation de l'humain, et le fait que d'autres pays l'autorisent depuis plus longtemps que la France n'est pas un gage de bon sens.

    Posté par Marie, 19 octobre 2019 à 20:16

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