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05 janvier 2020

Les années, roman d'Annie Ernaux

 

les années

Annie Ernaux est née en 1940.

Et depuis 1974 et son premier roman, elle ne cesse de raconter sa propre histoire. Celle d’une petite fille née à Yvetot dans une famille très modeste mais  qui apparaît rapidement douée pour l’étude – elle sera agrégée de lettres modernes.

Les années est son quatorzième ouvrage, une autobiographie écrite – très bien, certes – à la troisième personne. Une chronique, façon collage à la Georges Perec, d’une époque où la consommation est devenue au fil des 30 "Glorieuses" reine, depuis la sortie de la guerre jusqu’au début des années 2000.

Une vision lucide, apparemment détachée, teintée de sociologie – influence marquée de Pierre Bourdieu – avec naturellement l’évocation précise de l’évolution des mœurs et des travers de nos contemporains, la révolution sexuelle et la maîtrise de la fécondité.

C’est aussi la chronique d’un embourgeoisement intellectuel, d’une ascension sociale permise par l’excellence universitaire, mais qui, malgré la rupture évidente avec la classe sociale originelle, demeure marquée par les réflexes d’une gauche « convenable », si habituels dans le milieu enseignant. Et avec, paradoxalement, des rituels d’antan qui perdurent comme le déjeuner familial dominical.

Annie Ernaux est une belle femme. Les relations amoureuses tiennent une grande place dans sa vie, jusque sur le tard … La fuite du temps, le vieillissement et la crainte des maladies, la crainte de l’abandon, la flétrissure de l’âge l’angoissent.

Certains critiques considèrent Annie Ernaux comme un écrivain majeur de la littérature française. Je ne me sens pas assez savante pour confirmer cette affirmation. Cette lecture a suscité en moi, qui appartiens à cette génération à quelques années près, beaucoup de souvenirs, mais je ne peux m’empêcher d’y lire aussi un catalogue de lieux communs. C’était le premier livre que je découvre de cette auteure. Je ne pense pas en lire d’autres.

Les années, roman d’Annie Ernaux (2008), Prix François Mauriac, Editions Folio, 254 p. 7,50€

Posté par Bigmammy à 09:18 - Lu et vu pour vous - Commentaires [4] - Permalien [#]
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Commentaires

  • J'ai lu plusieurs ouvrages de cette auteure mais il y a déjà longtemps.
    Doux dimanche après-midi à vous deux.
    Amitiés.
    Bernadette.

    Posté par Binchy, 05 janvier 2020 à 13:07
  • J'ai lu plusieurs ouvrages /récits d'Annie Ernaux. Vous ne devriez pas, à mon avis, vous limiter à une lecture de cette auteure. La condamner aussi vite, est ce raisonnable ? Je ne peux toutefois pas la considérer comme une auteure majeure de notre littérature!Son œuvre à une valeur sociologique certaine. J'ai assisté à la lecture de la _place(impossible de souligner le titre ni de l'écrire en italiques)! par Carole Bouquet au festival de Sarlat... Je suis certaine que vous auriez porté un jugement différent sur Annie Ernaux...

    Posté par Chartres, 05 janvier 2020 à 13:26
  • C est une auteure importante car une des premières à avoir cette vision sociologique,
    D autres livres sont intéressants comme La Place

    On est d accord ou non sur ses positions politiques très engagées & souvent radicales, mais c est une auteure qui compte

    Posté par Martine, 05 janvier 2020 à 14:25
  • Bonjour,
    Je n’ai lu qu’un seul ouvrage de cette auteure, une femme.
    J’avais aimé.
    Du coup vous me donnez envie de lire ce roman.
    Je vais me le procurer.

    Posté par Agnesboul, 07 janvier 2020 à 13:21

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