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06 mai 2020

La sentence, thriller de John Grisham

 

La sentence

La vengeance, le sexe, l’argent …. Les mobiles les plus fréquents du crime.

L’histoire que nous raconte John Grisham les entremêle et nous fait mariner pendant 495 pages avant de nous dévoiler le nœud de l’intrigue. Il nous donne à réfléchir aussi sur le niveau maximal de souffrance, physique comme morale, auquel un être humain puisse résister avant de craquer, la plus cruelle n'étant pas celle à laquelle on pense a priori …

Ce secret que Pete Banning, planteur de coton du Mississipi et héros de guerre revenu tout couturé de l’enfer des camps de la mort de Bataan – là, on retrouve l’univers du « Pont de la rivière Kwaï" -  ne se décide pas à livrer, jusqu’à son dernier jour. La raison pour laquelle il est venu, un matin, abattre dans son bureau le pasteur méthodiste de la petite cité sudiste de Clanton, de trois balles de Colt .45.

Son procès sera retentissant, la sentence prévisible, ses propriétés saisies par la justice en réparation du préjudice causé à la veuve du pasteur, laissant toute sa famille plongée dans la douleur et totalement dépouillée d’une plantation transmise de père en fils depuis plusieurs générations.

Le drame se déroule entre 1946 et 1950 à Clanton, petite ville située entre Memphis et La Nouvelle Orléans, où la ségrégation raciale est omniprésente, totalement acceptée par les Noirs comme par les Blancs. Une ville fictive imaginée en référence à Clinton (à l’ouest de Jackson) et Canton (Madison County). On croirait ici se retrouver dans « Autant en emporte le vent » ou "ne tirez pas sur l'oiseau moqueur", les grosses mammas comprises.

Le livre comporte trois parties. La première est un classique polar judiciaire, à la manière des livres de Michael Connelly, en moins bien. Trente pour cent de l’ouvrage est consacré à la description minutieuse des combats et de la défaite des troupes américaines aux Philippines, avec un portrait très négatif du général McArthur. On imagine que Grisham dispose d’un atelier d’écriture très documenté pour nous raconter avec luxe de détails combien le héros, Pete Banning, a été courageux, résiliant et chanceux aussi … Son retour à la vie normale, après la guerre, est une autre paire de manches. Car interviennent alors les ravages du sexe et de la jalousie …

La sentence est le second roman de John Grisham que je lis. J’avais déjà été déçue du précédent, je ne pense pas en acheter un troisième. Je sais que dans ma bibliothèque de la campagne, figurent plusieurs de ses livres déposés par mes filles. Je ne refuserai pas de jeter un coup d’œil sur ceux de son début de carrière.

Mais là, franchement, malgré la qualité de la narration, le style fluide et l’ambiance très Deep South de cette époque où la consommation d’alcool est encore très réglementée et où tout le monde boit à toute occasion, je ne ressens pas tout l’enthousiasme de lecture que j’en attendais. Un avantage, je vais creuser un peu  plus loin avec William Faulkner, qui fait une apparition fugace dans le roman …

La Sentence, thriller de John Grisham, traduit par Dominique Defert, édité chez JCLattès, 499 p., 22,90€

Posté par Bigmammy à 08:00 - Lu et vu pour vous - Commentaires [2] - Permalien [#]
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Commentaires

  • Bonjour !
    Plongez vous sans crainte dans les premiers ils sont excellents. Il y a bien Longtemps que j’ai arrêté de le lire car je l’ai trouvé au bout d’un temps répétitif et/ou hors sujet. Autant ses descriptions du fonctionnement de la justice américaine étaient interessantes et éclairantes à ses débuts (il connait quand même le sujet de l'intérieur...) , autant par la suite il est devenu sans réel intérêt ....
    bonne lecture !

    Posté par Chantal, 06 mai 2020 à 08:44
  • Aïe! Je viens de me le procurer après avoir lu un des précédents en poche, L’ombre de Gray Mountain semble-t-il plus intéressant grâce au contexte: effondrement des cabinets juridiques à la suite de la crise de 2008, une jeune avocate d’affaires se retrouve dans les Appalaches à défendre des mineurs contre les compagnies minières. Les thèmes sont actuels, destruction de la nature par les mines à ciel ouvert, misère noire des laissés pour compte aux USA, ravages de la meth, système judiciaire très inégalitaire... Pour le reste, classique pour ce genre de roman.

    Posté par Brigitte S, 06 mai 2020 à 09:43

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