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02 septembre 2020

Les Mal partis, roman de Sébastien Japrisot

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Rendez-vous annuel de la rentrée littéraire. Moment capital pour ces nouveaux auteurs d'un premier roman ... Coup d'oeil soixante-dix ans en arrière avec cette pépite ...

Un premier roman d’amour fou, publié par un tout jeune homme en 1950 – Jean-Baptiste Rossi est alors âgé de 19 ans – cet écrivain et scénariste que nous connaissons mieux sous le pseudo de Sébastien Japrisot (Compartiment tueurs, la Dame dans l’auto, l’été meurtrier, Adieu l’ami, Un long dimanche de fiançailles … entre autres).

Un premier amour, flamboyant, absolu, partagé. Et surtout une transgression inimaginable.

Denis est externe dans un collège de jésuites à Marseille. L’histoire se déroule pendant l’année scolaire de sa quatrième, en 1943 – 44. C'est un beau garçon, grand et fort, à la chevelure blonde bouclée, bagarreur et faiseur d’embrouilles, mais excellent élève.

Fils unique, il étouffe entre son père comptable et sa mère obsédée par la tenue de son ménage … Sa vie est toute entière au collège : il y a des copains, en supporte assez bien la discipline pas si terrible des enseignants en soutane. Il n'a même pas 14 ans.

Il rencontre son premier amour : elle est jolie, élancée, avec des yeux immenses. Elle dira : "Je l'aime. Je ne sais plus comment je l'aime, ni pourquoi je l'aime, ni combien je l'aime. Mais je l'aime. J'existe. Je me sens bien. Je me sens mal. Je me crois bonne ou je me crois mauvaise, mais j'existe."

C’est le coup de foudre violent, immédiat, réciproque. Mais elle a 26 ans et est enseignante. Et surtout, sœur Clotilde est religieuse. C’est le scandale absolu. Tout s’oppose à cet amour éclatant : la famille, l’Eglise, le scandale des bien-pensants. Ils s’enfuient, on les rattrape, ils seront séparés …

En ces années d’occupation et de bombardements, que valent les principes ? Il faut se représenter, du côté des « grandes personnes » cette situation enflammée, insupportable, criminelle : la différence d’âge, le saccage de la scolarité de l’enfant, la perte de la foi, l’apprentissage du mensonge.

L’amour renverse les montagnes, dit-on ? La tendresse et la douceur, la pudeur et la délicatesse, l’éblouissement de cette première expérience sont partout présents dans cette narration encore empreinte d’enfance. Un roman maîtrisé, un style acéré et percutant, une histoire qu’on ne lâche pas.

Quel talent dans ce premier opus !

Sébastien Japrisot, né en 1931, nous a quittés en 2003.

 

Les Mal Partis, roman de Sébastien Japrisot (1950), édité chez Denoël, 271 p.,

Posté par Bigmammy à 08:00 - Lu et vu pour vous - Commentaires [1] - Permalien [#]
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Commentaires

  • Merci pour cette référence bibliographique; Belle journée

    Posté par Jauneyris, 02 septembre 2020 à 09:14

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