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11 décembre 2020

Sabotage, polar historique d'espionnage d'Arturo Pérez-Reverte

Sabotage

Troisième volet (après Falco et Eva) de la trilogie créée autour du superbe salopard, tueur aussi méthodique que beau garçon, appointé par les nationalistes espagnols même si ce n’est pas franchement en accord avec des convictions politiques qu’il n’a pas, et, de mon point de vue, le meilleur des trois. Mais la série se limitera-t-elle à trois épisodes … J’espère bien que non !

Nous voici à Paris au printemps 1937. Encore en pleins travaux d’installation de l’Exposition Universelle dont l’inauguration a dû être retardée du fait des grèves du Front Populaire car la plupart des pavillons sont inachevés. Seuls se font face les deux immenses bâtiments de l’Allemagne nazie et de l’URSS (les arrêts de travail n'ont pas affecté ce chantier ...)

 

expo 1937

Lorenzo Falco a reçu de son patron des services de renseignement franquistes une double mission : détruire la réputation d’un célèbre écrivain français qui a financé une escadrille et combattu au côté des Républicains – on reconnaît André Malraux – et endommager irrémédiablement la toile grand format que Picasso est en train de peindre (Guernica) pour orner le pavillon de la République espagnole, gouvernement légitime.

Pour ce faire, il se glisse dans la peau d’un élégant industriel espagnol de La Havane, distribuant de l’argent à pleines mains, rencontrant le tout Paris des intellectuels dont Marlène Dietrich, Ernest Hemingway, Lee Miller … Il fréquente donc les bars à la mode du quartier Montparnasse, loge dans un hôtel de luxe à Saint Germain des Prés, se laisse aller à des orgies avec deux américaines logées à l’hôtel Ritz histoire de se forger un alibi … et court de grands dangers.

guernica

Le propos d’Arturo Perez-Reverte est de nous faire comprendre combien cette guerre civile a comporté d’exactions des deux côtés de la ligne de front. Falco est un voyou absolu, il a commencé sa carrière comme trafiquant d’armes avec Basil Zaharoff, il a suivi l’enseignement des spécialistes de Berlin mais il ne supporte pas le racisme, il s’habille comme une gravure de mode et ne résiste pas au regard d’une femme. Les sens toujours en alerte, il sait se tirer de tous les pièges ourdis par ses ennemis : les sbires de Staline comme ceux de Franco, sans oublier les sinistre cagoulards sur le sol français. L’atmosphère est à l’imminence d’un conflit que tout le monde politique attend mais dont personne ne prévoit l’horreur, chaque camp affute ses armes, souvent contre ses propres affidés …

Bien malin qui réussit à se faufiler entre les couteaux surgissant de chaque ruelle mal éclairée. Et une question demeure : quel sort a-t-il été réservé à Eva ?

Sabotage, roman historique d’Arturo Pérez-Reverte, traduit de l’espagnol par Gabriel Iaculli, édité au Seuil, 380 p., 21€

Posté par Bigmammy à 08:00 - Lu et vu pour vous - Commentaires [0] - Permalien [#]
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