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12 janvier 2021

Découverte jouissive de nouveaux mots au cours de lectures compulsives

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Le confinement ne présente pas que des inconvénients ...

Lors de ma première année d’études supérieures (1965), j’ai été confrontée à bien des notions totalement nouvelles – en particulier en cours d’économie – et à de nombreux nouveaux mots. Je me souviens très bien du concept d’obsolescence. Je n’avais jamais entendu ce vocable jusque là … et à l’époque, personne ne parlait d’«obsolescence programmée des appareils ménagers» tellement à la mode aujourd’hui. C’est ainsi que j’ai découvert que sans le langage, la pensée et la conceptualisation sont impossibles.

Plus je lis, plus je découvre de nouveaux mots. C’est particulièrement excitant. Ces derniers mois justement, j’ai enrichi mon stock de nouveaux termes savants. Et même si j’ai étudié le latin et le grec pendant 5 de mes 7 années d’études secondaires, j’ai bien du mal à décoder certains mots rares, difficiles à caser dans une conversation courante, je l’admets volontiers.

Quelques exemples :

GIROVAGUE : se dit d’un moine chrétien itinérant et solitaire vivant dans l’errance de monastère en monastère (du latin gyrus – cercle – et vagus – vagabond).

AGALMATOPHILIE : (synonyme « pygmalionisme ») est une attirance sexuelle envers les statues, poupées, mannequins ou autres objets figuratifs. (du grec agalma – statue).

POLIORCETIQUE : relatif à l’art et à la technique de mener le siège (du grec poliorketikos) d’une ville ou de tout autre édifice fortifié.

Et, pour moi, le mot le plus actuel :

OCHLOCRATIE : régime politique où le pouvoir appartient à la foule (du grec okhlos, la foule). A ne pas confondre avec la démocratie, qui est le gouvernement par le peuple. La foule est en revanche une masse passionnelle et manipulable, souvent provoquée par la démagogie ou le populisme.

capitole envahi

Il est à noter que le mot et le concept, disparus du dictionnaire de l’Académie Française vers 1932 – 35, ont refait surface à la suite du mouvement des Gilets jaunes en 2018 … Et que dire de l’envahissement du Capitole par les fervents adeptes de Donald Trump … Le mot a encore de beaux jours devant lui !

N’oublions pas que si le Petit Robert comporte environ 60000 mots, un lycéen en utilise environ 1000 et en connaît environ 3700. Un enfant élevé dans une famille défavorisée n’en utilise que 300, et on peut se débrouiller dans la vie courante avec un stock de 600, alors qu’une personne cultivée peut en connaître environ 30000, la moyenne nationale étant d’environ 5000.

Alors, une seule solution pour enrichir notre vocabulaire et par conséquent notre aptitude à manier des concepts : favoriser la lecture par tous les moyens et dès le plus jeune âge.

Posté par Bigmammy à 08:00 - Coup de coeur - Commentaires [4] - Permalien [#]
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Commentaires

  • Très intéressant, je me régale ! Il est vrai qu'entre la situation actuelle et le froid, il ne reste plus qu'à s'évader par l'esprit et on va très loin.

    Posté par Christine, 12 janvier 2021 à 09:02
  • Je partage le contenu de votre article.
    J’ai de même découvert en économie à la fac (1969) le concept d’obsolescence nécessaire à l’économie. J’imagine que l’adjectif programmé, arrivé plus tard, a un lien avec l’informatique.
    Les cours de droit étaient encore plus riches de mots jusque-là inconnus.
    Le mot ochlocratie ne m'était pas inconnu. Le cours de « politiques » du Pr Georges Frèches, homme fort érudit, développait le champ de tous les possibles.
    Le Monde avait publié il y a quelques années, sur une pleine page, l’appauvrissement du langage. En gros titre, 400 mots seulement utilisés par les jeunes de banlieue.
    J'étais tellement effarée que cet article m’a suivi dans différents déménagements.
    300 mots à l’heure actuelle... et perte parallèle de tout d’esprit d’analyse et de critique.
    On comparait autrefois (le mot paraît opportun) le nombre de mots différents utilisés par nos différents présidents. La perte se comptait en milliers de mots.
    Le mouvement continue hélas : le mot « impacter » et ses dérivés supprime combien de mots précis de notre langue ? « Tacler », « dans les tuyaux »,... ont le même pouvoir. Ils ne font pas partie de mon langage et me hérissent.
    Il n’y a pas que le climat qui se dégrade.

    Posté par Magali, 12 janvier 2021 à 12:15
  • "En fait"...

    Et autres tics de langage. . Je comprends et partage vos alarmes en matière l'appauvrissement de la langue et je m''efforce de croire en la pédagogie par l'exemple. Si je m'exprime bien (avec les jeunes en particulier ) d'autres s'exprimeront bien, si je me fais vacciner d'autres se feront vacciner (ici je pense à mon entourage). Donnez l'exemple nous disait-on dans mon enfance des années 50.

    Posté par Christine, 12 janvier 2021 à 17:29
  • Passionnant ! Et tout à fait d'accord avec votre conclusion...

    Posté par Anne, 13 janvier 2021 à 13:02

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