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02 février 2021

Le Corps noir, thriller de Dominique Manotti

 

corps noir

Est-ce un effet de l’auto-confinement qui me fait lire une série de romans plus noirs que noirs dans le cadre de la France occupée ou de l’Allemagne hitlérienne dans ses derniers soubresauts ?

Sans doute une façon de rappeler combien plus cruels furent ces temps de vraie guerre …

Après Philip Kerr, Harald Gilbers, Volker Kutscher et Romain Slocombe, voici Dominique Manotti (née en 1942), agrégée d’histoire, auteure sur le tard (son premier roman parait en 1995) de romans particulièrement bien écrits et documentés. Un style épuré, des phrases ciselées au scalpel, des personnages complexes qui se débattent dans un laps de temps restreint.

Le Corps noir, c’est celui de l’uniforme de la Waffen SS. L’intrigue se déroule à Paris entre le 6 juin et le 25 août 1944 : comme une sorte de basse-continue, on suit les progrès des troupes américaines puis de la 2ème DB vers la capitale, l’armée rouge qui marche inexorablement vers Berlin. A Paris, le petit monde de la collaboration continue cependant d’œuvrer à ses magouilles sanglantes.

Il y a les truands de la Carlingue, la Gestapo française composée de nervis qui n’en ont pas encore assez d’assassiner de jeunes résistants naïfs, les financiers véreux qui cherchent à sauvegarder les richesses accumulées en spoliant les juifs. Il y a les lieux de débauche - le fameux One-Two-Two au 122 rue de Provence - pour officiers SS, une actrice sublime sortie du ruisseau qui a fait carrière à la Continental et maîtresse officielle du capitaine SS Bauer, la lutte entre la SS et la Wehrmarcht qui pense, quelques heures seulement, avoir supprimé Hitler le 20 juillet …

Au milieu de ce gigantesque panier de crabes, le héros est un bel homme de 35 ans, égyptologue de son état, infiltré sous une fausse identité au cœur de la police mondaine qui transmet à Londres les informations qu'il recueille dans les cercles mondains de la Collaboration. Nicolas Domecq - dit Beau Mec dans les bars à hôtesses - est lui aussi amoureux de Dora Belle, qui joue pour lui les indics.

La fin de partie est proche en cet été 44, chacun cherche à sauver sa peau, quitte à supprimer les témoins gênants et ceux qui réussissent à tourner casaque pour se retrouver dans le camp des vainqueurs, ceux-là qui écrivent l’histoire. Juste à temps avant l’insurrection de la préfecture de police, avant l’entrée des Alliés dans Paris …

Réaliste, prenant, un récit haletant …

Le corps noir, thriller de Dominique manotti (2004), au Seuil, collection Points, 275 p., 7,20

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