02 juin 2011
Le Chat du Rabbin, film de Joann Sfar et Antoine Delesvaux
Un film absolument délicieux. A ranger parmi les films à revoir en DVD comme les films de Michel Ocelot (Kirikou, Azur et Azmar). Un graphisme à la fois délicat et somptueux, une ambiance sonore pregnante, un scénario cohérent, des thèmes de "disputatio" ou contreverse religieuse comme on les aimait au Moyen-Age et comme on aimerait pouvoir débattre sans tabou aujourd'hui.
Et surtout, un casting parfait : François Morel EST le chat ! Et quel chat ! Il parle. Mais ce n'est pas parce qu'il a "bouffé" le perroquet ...C'est parce qu'on l'écoute. Là est la première leçon de cette fable philosophique. La belle Hafsia Herzi en pulpeuse mais sage Zlabya, Maurice Bénichou qui a dû apprendre le parler algérois et s'en tire parfaitement, Jean-Pierre Kalfon pour une fois en personnage bienveillant (entre Henri de Monfreid et Hugues Auffray), Mathieu Amalric en Prince du désert et Fellag en sage cheick musulman ...portant le même nom que le Rabbin Sfar...tout un programme.
Je crois qu'on pourra aussi regarder le film en deux dimensions, car à mon avis, la dimension spirituelle est la plus importante. C'est plein d'humour, bourré de notations religieuses utiles, et puis, simplement poétique. Un film à faire connaître aux jeunes pour ouvrir certains yeux.
Et aux vieux aussi.
J'avais déjà beaucoup aimé "Gainsbourg - vie héroïque" du même Joann Sfar. Mais je n'avais pas lu la bande dessinée. Je crois que je vais m'y plonger. histoire de savoir enfin si le chat va réussir à faire sa Bar Mitsvah !
04 mars 2011
Beau comme l'Antique
Pour continuer dans la même veine, voici un balcon tout à fait curieux.
Tous les fanatiques de bande dessinée auront naturellement reconnu la façade de l'immeuble où le Colonel Olrik se dissimule sous les traits de Monsieur Henri pour ourdir ses intrigues contre Blake et Mortimer, dans SOS Météores, page 28) : le 58 rue de Vaugirard (qui est indiqué 69 bis dans l'ouvrage cité en référence !), et sa porte cochère reconnaissable entre toutes avec ces énormes cercles.
L'étage noble de cette maison superbe est agrémenté d'un très beau balcon. Mais, coincé entre les deux persiennes et regardant sans cesse dans la rue, on y voit la statue blafarde de Jupiter (ou est-ce Poséïdon, mais je n'aperçois aucun trident) dans le plus simple appareil...Curieux, non ?
On ne sait s'il convient d'en rire, ou de s'en offusquer...L'idole antique, ou son fac-simile a sans doute été mise au piquet pour ne pas offenser les regards de jeunes enfants à l'intérieur de l'appartement, ou le propriétaire n'a pas trouvé d'autre moyen de s'en débarrasser ???
17 janvier 2011
Leçons de philosophie : entre Hergé et Jacques Attali
J'ai toujours regretté d'avoir "raté" mon année de philo, et je cours toujours après, cinquante années plus tard. C'est donc très à propos que je signale deux ouvrages particulièrement pertinents pour tous ceux qui s'intéressent à l'histoire des idées : le hors série de Philosophie Magazine consacré à "Tintin au pays des philosophes", et le dernier livre de Jacques Attali "Phares, 24 destins".
Ce matin, le plus facile ....Tintin au pays des philosophes. D'abord le format : comme les albums de Tintin, avec le dos carré nervuré et les deux pages de garde où sont représentés les contributeurs à ce hors série, tous dans des cadres dorés délirants, sur fond de papier-peint à rayures...
Et quels contributeurs ! Ils sont trente, de Michel Serres à Rapahaël Enthoven, en passant par Hector Obalk, Elisabeth de Fontenay, Serge Tisseron, Pascal Bruckner...Et tous - à quelque exception près - font l'effort de décrypter pour nous de manière accessible la signifiance des images sous-tendues, du discours politique, du contexte historique dans lesquelles se déroulent les aventures de Tintin. Ce n'est pas la première fois que je découvre des essais de ce type, mais c'est de loin aujourd'hui le plus abouti.
Et tous proclament leur passion, comme moi qui très longtemps avouais que l'essentiel de ma culture générale - vous savez, ce qui reste quand on a tout oublié - je l'avais acquis en lisant et relisant sans relâche l'oeuvre de Georges Rémi. Car pas un été ne se passe, pour moi, sans la relecture de Tintin.
Tout y passe : on parle dans cet ouvrage de la raison, de la politique, de l'homme, du rire, de l'art. Et on cite à foison les ouvrages de Pierre Assouline, François Glansdorff, Philippe Goddin, Benoît Peeters, Numa Sadoul. Les fans découvriront que les idées professées par Hergé étaient tout sauf fascistes - et liront en filigrane les thèses de Curzio Malaparte dans "Le sceptre d'Ottokar", alors qu'il dessinait dans les années 30, que les clichés de l'Afrique si souvent reprochés à Tintin au Congo ne font que reproduire le prisme des idées coloniales du milieu catholique et conservateur de l'époque, comment Hergé a si bien pressenti non seulement l'arrivée de l'homme sur la Lune mais les ravages d'une communication non maîtrisée. Vraiment, de quoi se décomplexer devant tant d'analyses pertinentes - à part la contribution de Jean-Marie Apostolidès que je n'ai pas du tout comprise, mais comme disait le photographe de mon mariage à ma mère qui lui déclarait qu'elle n'aimait pas Picasso, "cela n'a aucune importance" -
Bref, à tous les amoureux de Rackam Le Rouge, de Tchang, de la momie Rascar Capac et même des affreux Rastapopulos et Lazslo Carreidas : il FAUT lire ce numéro hors série de septembre 2010 avant qu'il ne soit épuisé !
12 janvier 2011
LA POSITION DU TIREUR COUCHE, polar par J-P Manchette, illustré par J. TARDI
Je ne résiste pas à un nouvel opus de Jacques Tardi.
Là, il interprète fidèlement un des sommets du roman noir français, écrit par le regretté Jean-Patrick Manchette, avec le talent qu'on lui connaît. L'histoire est celle du parcours en boucle d'un tueur à gages qui souhaite raccrocher, se tirer fortune faite - croit-il - avec l'amour de jeunesse qui lui a promis de l'attendre dix ans, et qui finira par
revenir à son point de départ alors qu'il voulait à tout prix y
échapper.
Evidemment, rien ne se passe comme prévu. Les anciens employeurs du héros ne sont pas du tout d'accord avec son idée, lui confient une dernière mission suicide, la famille d'un de ses "clients" le ratrape.....Le roman, écrit en 1981, est implacable et glaçant.
On y retrouve tout l'univers graphique de TARDI, et en particulier sa maîtrise de la description de Paris, en hiver, avec le vent, la pluie, et ici encore, des cadavres à la pelle. C'est hyper noir, décapant, désespérant, poisseux à souhait.
Ce qui me gêne cependant, c'est que toutes les femmes dessinées par Tardi ont la même bouche, et que finalement, je préfère les histoires un peu plus drôles, comme celles de Nestor Burma dans les différents quartiers de Paris. Mais je dois reconnaître que l'adaptation est magistrale. Chapeau, Monsieur Tardi !
La position du tireur couché, Futuropolis, 100 p. 19€
21 décembre 2010
ALIX : Le testament de César, par Marco Venanzi d'après Jacques Martin
Je ne parviens pas à me pardonner d'avoir manqué la sortie, à l'automne dernier, du dernier volume d'Alix !
Voici la vingt-neuvième aventure du jeune héros gallo-romain Alix et la première depuis la disparition de son créateur Jacques Martin.
Elle est due à Marco Venanzi pour le scénario et le dessin, avec la participation de Céline Liégeois pour la mise à la couleur.
Autant je reste sur ma faim pour la qualité des traits de nos héros, Alix et Enak, qui me semble un peu approximative, je suis tout à fait enthousiaste pour la qualité du scénario de cette nouvelle aventure. C'est digne d'un excellent polar, et l'intrigue nous réserve bien des surprises, tout en nous apprenant bien des subtilités de la religion et de la culture romaines.
Les héros ont du corps, des faiblesses, il souffrent comme des humains. De nouveaux traîtres apparaissent....C'est bon pour la suite. Autre nouvelle : Alix commence à éprouver des sentiments pour les jeunes filles....Mais il ne choisit pas les partenaires autorisées. En tous cas, il rencontre l'amour, qu'il devra attendre une dizaine d'années. Mais cela compte-t-il pour un héros de bande dessinée ?
Une mention spéciale pour les couleurs superbes et la documentation particulièrement pertinentes. Mais encore un effort à fournir pour saisir la beauté du héros qui est représenté bien trop souvent la bouche ouverte ! Alors, si vous avez un adolescent dans votre entourage, ce sera un cadeau de Noël tout à fait bienvenu....
Le testament de César, chez Casterman, 48 p. 10,40€
07 décembre 2010
La malédiction des trente deniers, tome 2
Enfin, plus d'un an après la parution du tome I, analysé ICI, la fin de l'épisode...et le vingtième album des aventures de Francis Blake et Philip Mortimer. Je n'y tenais plus.
J'en profite pour pousser une gueulante à l'encontre d'Amazon, qui vient d'annuler une troisième commande en moins de deux mois, ce qui fait que j'ai dû attendre plus que de raison ma lecture tant attendue, mais passons...
Les auteurs de cette suite se montrent très fidèles à l'esprit du créateur, Edgar P. Jacobs. Le scénariste Jean Van Hamme en est à son quatrième album des aventures politico-esotérico-science fictionnesques des héros britanniques où l'on retrouve avec un plaisir évident les méchants : Olrik et son second Jack Starkey. Ici, le superméchant est un nazi de la pire espèce, camouflé sous la peau d'un milliardaire arménio-américain.
L'enjeu : s'emparer des trente deniers du traître Judas pour devenir le Maître du Mal. Les rebondissements ne manquent pas, l'histoire est totalement délirante, la chute complètement farfelue....Mais ce n'est pas ce qui importe.
J'ai apprécié la qualité du trait, dû à Antoine Aubin, qu'il convient de souligner, ainsi qu'une superbe mise en couleurs, toute en nuances, par Laurence Croix et Etienne Schréder. Les paysages de la Grèce des années 50 et des ciels de la mer Egée sont superbement rendus.
On apprécie aussi l'apparition de personnages féminins, en particulier Jessie, la jolie brune d'origine indienne, ressemblant trait pour trait à l'actrice française Nadia Angeli qui joue la gendarmette légiste dans la série Section de Recherche. En battle dress des services secrets américains, elle est superbe.
Moi, je suis une inconditionnelle. Ne me demandez pas de critiquer. Cependant, je reste, là, un peu dubitative. Que vont comprendre les jeunes lecteurs ? L'argument mystique ne me captive pas et je regrette la pure science-fiction de Jacobs. On retrouve quand même les classiques ambiances de la série : tremblements de terre dans une grotte, trahisons au plus haut niveau, poursuites et explosions. C'est du grand classique.
A conseiller : lire les deux tomes dans la foulée car l'intrigue est un peu complexe. Au train où on va - sept albums créés par les différents successeurs d'Edgar P. Jacobs par rapport aux douze originaux - on risque tout de même de changer de registre.
Mais après tout, pourquoi pas ?
La malédiction des Trente deniers, Tome 2 par Jean Van Hamme et Antoine Aubin, Editions Blake et Mortimer, 56 p. 14,50€
23 octobre 2010
Lucky Luke contre Pinkerton
Pour ce 74ème album de la série, et le 4° après la disparition de Morris, son dessinateur, ce sont deux poids-lourds de la littérature qui se sont chargés du scénario : Tonino Benacquista - à qui on doit certains scénarii de Jacques Audiard - et Daniel Pennac qui obtint en 2007 le prix Renaudot pour "Chagrin d'école".

Et cela donne une BD particulièrement soignée avec plein de sous-entendus parfois un peu intellectuels, à savourer à la seconde lecture.
Je ne sais pas comment les plus jeunes y trouvent leur compte, mais en tous cas, le thème abordé est très actuel....
Voici en effet notre tranquille héros à l'éternelle brindille entre les dents - à défaut de cigarette, car plus politiquement correct - surpassé dans son boulot de chasseur de Daltons par Allan Pinkerton, patron de l'agence de police privée qu'il a créée en 1850 et emploie encore aujourd'hui 48000 détectives. Le modèle cow boy confronté aux "Experts"...
On passe donc en revue des thèmes tout à fait actuels comme la tolérance zéro, l'utilisation de la crainte d'attentats à des fins politiques, le fichage universel, les expertises scientifiques, la surpopulation carcérale....
Le tout truffé de bons mots et de clins d'oeil, comme c'est l'usage. Pour moi qui ne suis pas complètement fan de la série, c'est tout de même un agréable moment de lecture, d'autant que le graphisme (Achdé) et les couleurs sont finement réalisés.
Je demanderai à Jean-Baptiste, auquel cet album est destiné, ce qu'il en aura retenu .....
01 septembre 2010
Chirac, le roman d'un procès, par Cassiopée
Ce n'est pas moi qui le dis, c'est Philippe Bilger, blogueur associé à l'hebdomadaire Marianne : le comble du talent, une réussite exemplaire, d'une finesse
inégalée aussi bien sur le plan politique que judiciaire. Il s'agit de
la série du Monde : « Chirac, le roman d'un procès »
Je suis loin d'être ou d'avoir jamais été une lectrice assidue du "Monde", à la différence de Claude qui n'en a pas loupé une édition depuis l'âge de 16 ans. Au contraire, moi, Le Monde, et plus encore Le Figaro, m'ennuient.
Cependant, cet été, et pendant 17 numéros, rien ne m'aurait fait manquer le feuilleton, la page délicieusement écrite de politique-fiction qui mettait en scène le vieux lion politique à la barre du tribunal. Des portraits tout en finesse, des dialogues plus vrais que nature, des personnages que nous voyons évoluer comme si nous étions dans la salle, dans les bureaux lambrissés de l'Elysée, attablés au restaurant à côté de Jean-Louis Debré....Et pourtant, le journal comportait aussi en feuilleton des doubles-pages du prochain album "Blake et Mortimer" dont je suis fan depuis toujours, mais que je lirai d'une traite, lorsqu'il sera sorti.
Alors ce matin, le voile s'est levé grâce à Jean-Pierre Elkabbach sur l'identité de Cassiopée, l'auteur. On devra dire désormais LES auteuRES : Françoise Fressoz et Pascale Robert-Diard, de super-professionnelles de l'information politique. Je comprends mieux la qualité de l'écriture, leur tendresse et leur sensibilité, leur respect de leurs modèles non exempt d'une rosserie décapante, mais surtout leurs notations psychologiques tellement bien senties !
Tellement que ces derniers jour, en écoutant les gazettes disserter sur les tractations entre la Ville de Paris et l'UMP à propos de la prise en charge des coûts des emplois fictifs en faveur du parti gaulliste de l'époque, je me disais : "mais qu'est-ce qu'ils ont tous à parler de ça encore, l'affaire n'a-t-elle pas été réglée ?"
Et là, la réalité rejoint - ou dépasse - la fiction.
Et il ne faut pas non plus oublier de citer le travail exemplaire de l'illustrateur de cette série : Jean-Marc Pau. J'ai même pris contact avec lui pour lui dire mon admiration, tellement j'apprécie son trait et sa technique. Elles révèlent un talent particulièrement vif : celui d'un portraitiste de bande dessinée plus sérieux que Tardi (une de mes idoles) et qui illustre ce récit de façon encore plus réaliste que s'il s'agissait des photographies prises pour base de travail.Ahhh, la ligne claire a encore de beaux jours devant elle ......pour notre plus grand plaisir.
Bref, vous êtes rentrés, si vous avez manqué un épisode ou toute la série sur la plage, le livre est en passe d'être publié.....Régalez-vous.
Le procès de Jacques Chirac, un livre coédité par Les Arènes et Le Monde (196 pages, 12 euros), (à partir du 2 septembre)
12 juillet 2010
TINTIN et les grandes civilisations
Je l'avais déjà acheté à Paris lorsqu'il était paru en supplément au Figaro et Beaux-Arts, avec une couverture souple....je l'ai racheté en "dur" pour l'avoir ici à Calfour, où est logée toute ma collection des aventures de Tintin.
Et je me régale encore à m'y replonger, car cette joyeuse équipe d'auteurs a recensé toutes les références iconographiques pour nous expliquer les dessous du contexte d'Hergé.
Bérénice
Geoffroy-Schneiter (qui a écrit sur la belle exposition "La voie du Tao"), Philippe
Testard-Vaillant, Alice
Rolland, Stéphanie
Pioda (qui a collaboré au catalogue de l'exposition" Philippo Lippi, la Renaissance à Prato"), ont fait ensemble un très joli travail de recherche et de décodage, permettant d'apprécier encore plus chaque case, chaque histoire d'un auteur qui a véritablement influencé ma formation de base et ma culture générale.
Ainsi, chaque année, je considère qu'il ne peut se passer de vraies vacances sans relecture des albums de Tintin.
Et, grâce à cet ouvrage, désormais classé parmi les "beaux livres", j'aurai encore plus de plaisir. Je vais essayer d'initier Jean-Baptiste....C'est l'âge maintenant, à moins qu'il ne considère que c'est par trop démodé, tout investi qu'il est dans son jeu Wiii "Harry Potter en Légo" - Quelle imagination !
26 juin 2010
QUAI D'ORSAY, chroniques diplomatiques par Abel Lanzac et Christophe Blain
"Ce machin manque de souffle", "je ne vais pas vous mâcher le travail",
"ce truc est à chier", quel talentueux "porte-plume" n'a pas entendu ce verdict sur un projet de discours que son destinataire n'a même pas pris le temps de parcourir ?
Au-delà de la charge d'un Ministre autrefois emblématique qui se prend pour Napoléon ou Chateaubriand selon les jours, c'est le caractère hautement mégalomane d'un patron sans boussole qui transparaît dans cette bande dessinée terriblement documentée.
Une bande dessinée politique, ce n'est pas la première. Mais celle-ci est particulièrement réussie : le fonctionnement d'un cabinet ministériel y est disséqué, avec une tendresse particulière pour le Dircab, homme de réflexion et de mesure, chargé de tous les risques, affublé d'une série de collaborateurs passant leur temps à se tacler les uns (ou unes) les autres, histoire de marquer leur territoire...C'est drôle, caustique, mené tambour battant, incisif, bien dessiné, efficacement construit.
Une scène est proprement délicieuse : le déjeuner avec la lauréate du prix Nobel de littérature, à laquelle le Ministre ne laisse pas placer un mot. Hyperactivité, courage physique insensé, grossièreté et flamboyance, logorrhée verbale et florilège de concepts fumeux extensibles à tout type de situation, gestuelle rendue avec toutes les astuces de la bande dessinée : Tchac, tchac, tchac, tchac......on perçoit le sifflement du souffle produit par le déplacement du Ministre à la carrure démesurée / VLON !
J'ajoute que la qualité graphique confine à l'oeuvre d'art (hors texte P. 92).
Je me suis positivement régalée à cette lecture et je dois avouer qu'en me faisant rire, son héros involontaire (?) m'est presque devenu sympathique. Hélas, j'ai trop rencontré de tels personnages complètement autocentrés et autistes pour ne pas reconnaitre les stigmates d'une personnalité pratiquant sans retenue le harcèlement professionnel. Mais, me direz-vous, être l'objet d'un tel ouvrage, pour un homme politique, c'est déjà un succès !
On nous promet un deuxième tome. J'espère pour bientôt ?
Blain et Lanzac : Quai d'Orsay, chroniques diplomatiques tome 1, chez DARGAUD, 96 pages, 15€













