05 novembre 2011
Flaran, abbaye cistercienne à taille humaine
Fondée en 1151 dans la vallée de la Baïse, construite par des bourgignons, fille de l'Escaladieu, Flaran est une abbaye à taille humaine presqu'entièrement sauvegardée, malgré des vicissitudes héroïques.
Vendue à la Révolution en tant que bien national, elle servit d'exploitation agricole, l'un des ses propriétaires y mit le feu pour toucher frauduleusement l'assurance, faillit être découpée pierre par pierre pour être expédiée aux Etats-Unis, puis elle fit enfin l'objet, sur une idée initiale de la Datar, d'une restauration minutieuse de la part du Conseil général du Gers qui y a installé depuis 10 ans la Conservation Départementale du Patrimoine et des Musées.
C'est donc aujourd'hui une des mieux préservées des abbayes du Sud-Ouest. D'importantes manifestations culturelles y sont organisées comme, en ce moment l'exposition de la collection Simonov, qui permet de découvrir un Monet, un Cézanne, des Forain, Courbet, Renoir ...
Flaran est une abbaye cistercienne. Elle différe en cela de Moissac, non seulement par sa taille beaucoup plus restreinte, mais surtout par son ornementation d'une très grande sobriété. Ici, les chapiteaux sont taillés sobrement, l'église abbatiale frappe par son ampleur et sa pureté. Trois nefs, une abside et quatre chapelles en cul-de-four.
Comme à Fontenay, un immense escalier conduit directement du dortoir des moines au choeur de l'église. Le cloître est couronné d'une galerie, et respire le calme. On accède aux logements des religieux qui fut profondément remanié au XVIIIème siècle, par des abbés soucieux de donner plus de confort aux moines dont les vocations avaient tendance à se raréfier. Ici, chaque moine dispose d'un espace avec cheminée, alcôve, cabinet de toilette et oratoire personnel.
L'abbé, lui, dispose de deux pièces pour recevoir et administrer, très sobres finalement. On visite tout l'édifice avec pour guide d'importants panneaux très détaillés expliquant la vie monastique et l'importance du pélerinage à Saint-Jacques de Compostelle. On termine par le jardin, d'où la vue sur le chevet de l'abbatiale est superbe.
Ici aussi, on se prend à réfléchir ou à prier, c'est selon.
L'abbaye de Flaran est située sur la commune de Valence-sur-Baïse (32310) dans le Gers, dans la région Midi-Pyrénées.
03 novembre 2011
Fabuleux cloître de Moissac : une leçon de sérénité
Adossé au flanc nord de l’abbatiale, le cloître de Moissac est un havre de paix recelant des merveilles : les chapiteaux. Ils sont 76, dont plus de 40 historiés, c'est-à-dire ornés de scènes de l’ancien et du nouveau testament.
A l’origine, ils étaient placés à hauteur de vue, sur des colonnes relativement courtes, et soutenaient des arcs en plein cintre. Au XIIIème siècle, on décida de rehausser l’ensemble en réemployant les chapiteaux qui furent posés sur de fines colonnettes, alternativement une et deux, et surmontés de ces élégantes voutes de briques en croisées d’ogive : le style gothique était alors à la mode. Il s’agit donc d’un cloître romano-gothique, mais pour la partie romane, il fut terminé en 1100.
En prenant pour principe que le cloître se parcourt toujours dans le même sens (inverse des aiguilles d’une montre), chaque chapiteau raconte une histoire qui commence généralement côté jardin et se poursuit sur les trois autres faces. Ainsi en est-il des Noces de Cana, de Daniel dans la fosse aux lions, de Saint Martin coupant son pallium en deux, la crucifixion de Saint Pierre la tête en bas, Saint Laurent sur son gril ….D'autres sculptures sont purement décoratives, rinceaux, guirlandes, fleurs, feuilles d'acanthe...
On admire l’harmonie dans la diversité, l'habileté naïve des sculpteurs romans venus souvent de Toulouse, la richesse des guirlandes, en particulier dans la partie supérieure plane, le tailloir. On retrouve plusieurs fois le thème de l’union entre l’Ancien et le Nouveau Testament, symbolisé par des colombes ou des queues d’animaux féroces ou fantastiques entrelacées. On regrette que la polychromie d’origine ait disparu au fil du temps.
Pas de puits au centre de ce jardin d’Eden : une fontaine était logée à l’angle nord-ouest, mais elle est tombée en ruine. Et un regret : beaucoup de ces sculptures n’ont plus de tête. Ces déprédations ne sont pas dues à la période révolutionnaire mais à l’époque où le monastère fut utilisé comme casernement de soldats de l’Empire de retour de la guerre d’Espagne. Ils s’amusèrent à décapiter la pluspart des personnages bibliques !
A noter aussi, sculptés aux flancs des quatre piliers d’angles : les belles images des grands saints, piliers de l'Eglise : Pierre et Paul, Jacques et Jean, Barthélémy et Matthieu, Philippe et André …ainsi que la plaque de dédicace des bâtiments claustraux par l'abbé normand Ansquitil (…permanence des patronymes !), troisième abbé depuis le rattachement de l’abbaye à l’ecclesia cluniacensis en 1054.
Certains prétendent que le cloître de Moissac est le plus beau du monde …Je ne suis pas loin de me rallier à cette opinion. Un des rares à avoir été conservé in situ en tous cas.
02 novembre 2011
Abbaye bénédictine de Moissac : splendeurs de la sculpture romane
65 ans, notre âge, c'est celui où enfin nous pouvons assouvir nos passions. En ce moment, c'est la passion des abbayes romanes qui nous anime. Après la Bourgogne, l'Aquitaine n'est pas mal dotée non plus. Lundi, par une journée splendide, nous sommes partis pour Moissac, qui se trouve à une soixantaine de kilomètres de notre maison seulement. Nous étions déjà venus, mais nous avions oublié combien c'est magnifique ....De quoi nourrir ce blog pour plusierus jours. Commençons par l'Eglise abbatiale Saint Pierre et son merveilleux portail ....
La légende veut que ce soit Clovis qui ait décidé de la fondation du monastère de Moissac à la suite d’une victoire remportée sur les Wisigoths …
Plus vraisemblablement, ce fut un moine issu de Saint Wandrille, au milieu du VIIème siècle.
Cependant, c’est à partir du XI ème siècle et grâce au Saint abbé du monastère de Cluny, Odilon, que l’essor de Moissac commence réellement. Son rayonnement, à travers la qualité des oeuvres issues de son scriptorium, atteint l'Europe entière. En 1047 donc, Odilon de Mercoeur, de passage, nomme à la tête de l'abbaye Durand de Bredon (dont le portrait avec sa crosse est figuré sur le pilier du cloître qui fait face à la salle capitulaire et ici à droite). Moissac devient une filiale de Cluny. Tout est à refaire, car théorie et pratique sont devenues très éloignées l'une de l'autre.
Remise en ordre de la règle et constructions nouvelles vont de pair. On fait venir les artistes qui ont travaillé à Toulouse sur le chantier de Saint Sernin. Le monastère devient rapidement une référence culturelle, économique et politique. Il faut dire que Moissac est idéalement située au confluent du Tarn et de la Garonne, en un lieu où le passage du fleuve est aisé, au centre d'une région fertile. Souimise à bien des incursions aussi.
Car Moissac est déjà une étape importante sur les chemins de pèlerinage venant d’Angleterre vers Rome et la Palestine. Quand Jérusalem est conquise par les Turcs et Rome très perturbée par des troubles politiques, c’est le pèlerinage à Saint Jacques de Compostelle qui devient la destination la plus prisée. Toute l'Europe, princes et manants font le chemin de Saint-Jacques. Moissac, avec Sainte Foy de Conques plus au nord, constitue une des étapes majeures sur chemin partant du Puy en Velay.
L’église abbatiale est commencée en style roman. Il en reste la tour carrée d’entrée et le soubassement. Plus tard, elle sera continuée en style gothique languedocien, à une seule nef. Elle a été redécorée récemment avec un enduit reproduisant les motifs polychromes d’origine. A la Révolution, l’ensemble des bâtiments est vidé de tout contenu. Aujourd’hui, quelques belles statues du XVème siècle décorent la nef.
Mais ce qui donne le premier choc, c’est le tympan du portail sud, merveille des merveilles de la sculpture romane, terminé en 1120. Le Christ en majesté, les pieds reposant sur la mer de cristal, bénit de sa main droite et tient dans l’autre main le livre, serré dans ses ferrures, posé sur la tranche. Ce n’est donc pas une vision de jugement dernier mais la vision de l’Apocalypse de Saint Jean.
Les quatre symboles des évangélistes l’encadrent : le lion (St Marc), l’homme (St Matthieu ), le taureau (St Luc) et l’aigle (St Jean). A ses pieds et à ses côtés les 24 vieillards de l’Apocalypse. Les visages, les attitudes hiératiques ou inconfortables, sont extraordinaires de vérité, d’émerveillement.
Autre merveille : le trumeau ou
pilier central, sur lequel sont sculptés trois couples de lions entrelacés. Sur les faces latérales du trumeau, Saint Jérôme à la longue barbe ondulée, saint Paul et le livre de ses Epitres.
De chaque côté des ébrasements, de belles sculptures qui sont des remplois de flancs de sarcophages gallo-romains d’où leur forme rectangulaire. Et, en pénétrant dans le narthex, quatre forts piliers surmontés de splendides chapiteaux aux animaux fantastiques : bêtes féroces tenant des volatiles ou des moutons dans leur gueule, chevaux submergés, combats d'hommes et de démons qu'ils prennent par la gueule …
On pourrait y passer des heures et cependant, le plus beau est encore à venir ….dans le cloître, sauvé in extremis de la destruction par Viollet-le-Duc qui évita que la ligne de chemin de fer Bordeaux-Sète ne passe en son milieu. Hélas, cette tranchée n’épargna pas les dortoirs et les magasins, mais le classement de l’abbaye à l’inventaire des Monuments historiques lui évita le pire.
Nous revoici donc repartis dans l'admration de l'art roman, ici mâtiné de gothique, plein d'allégresse et de candeur. Une épopée de pierre tout droit échappée de l'an Mil.
09 octobre 2011
Tournus, Abbatiale Saint-Philibert
Suite de la relation de notre périple en Bourgogne....
Cette cité monastique fut fondée autour du tombeau de Saint Valérien venu d’Asie Mineure à Lyon pour y évangéliser la population, et qui subit le martyre au IIème siècle. Mais, au début du IXème siècle, l’abbaye accueille les reliques de Saint Philibert, mort à Noirmoutier en 685. Le périple des restes de ce saint à travers la France devrait faire un bon film….
En 937, une invasion hongroise ruine la cité. Les moines se regroupent à Saint-Pourçain. Leur prieur est rappelé à Saint-Philibert en 949. Les nouvelles constructions sont achevées au XIIème siècle. Par grâce, l’abbatiale est transformée en église paroissiale en 1790 et échappe ainsi au funeste sort de ses consoeurs de Fontenay ou de Cluny.
Elle jaillit d’une étroite ruelle et vous force à admirer sa façade rose sous le soleil couchant, toute nue, superbe au sens militaire du terme : on dirait un donjon. Le souvenir hongrois est encore vivace : une belle statue contemporaine occupe l’une des chapelles du côté nord.
L’intérieur ne dément pas l’impression première. Ne pas manquer les belles mosaïques au sol du déambulatoire.
La crypte, sous le chœur, est magnifique, haute de 3,5m sous voûte, ce qui est surprenant. On y trouve le sarcophage de saint Valérien et un puits.
Le cloître, le chevet que l'on découvre depuis la place des Arts, les maisons alentour, le réfectoire, le cellier témoignent de la prospérité passée de cette jolie cité monastique qui a conservé nombre de ses belles demeures à la façade envahie de fleurs et de feuillages.
06 octobre 2011
Abbaye de Cluny, capitale spirituelle de l'Europe médiévale
Saint-Pierre-et-Saint-Paul : de la plus grande église de la chrétienté (avec une nef longue de 177m) jusqu’à la construction de Saint-Pierre de Rome (dont la longueur ne la dépasse que de 9 mètres), il ne reste que le bras sud du grand transept et deux chapelles.
Cluny, maison-mère de plus de 1000 monastères, fut pourtant le siège du plus grand ordre monastique d'Occident : l'ordre clunisien.
Pour se rendre compte, il faut regarder cette maquette : les parties de l'église romane qui subsistent sont en blanc ....
C’est en 910 que Guillaume, duc d’Aquitaine, comte d’Auvergne et de Macon confie à Bernon sa villa de Cluny afin d’y fonder un monastère indépendant relevant directement du Pape. Bientôt, l’abbaye bénédictine étend son influence sur toute l’Europe du Moyen-Âge.
Ruinée pendant les guerres de Religions puis devenue proie d’abbés commendataires, l’abbaye ferme en 1791. L’abbatiale devient carrière de pierres et est démantelée systématiquement. Jusqu’en 1823 …
Aujourd’hui, grâce à une restitution virtuelle en 3D, on peut imaginer l’immensité de ce monument qualifié si longtemps de Major Ecclesia. Il s'agit en fait de la troisième église construite sur le site entre 1088 et 1130.
La longueur du grand transept (80m) est aussi grande que la cathédrale d’Autun. La hauteur sous la coupole (31m) est unique dans l’art roman. Et il y avait deux transepts, plus de 200 stalles dans le choeur...
On admire aussi le palais gothique du Pape Gelase, qui abrite un des sites de l’Ecole Nationale des Arts et Métiers, les chambres des étudiants prenant place dans les bâtiments conventuels construits au XVIIIème siècle autour du cloître.
Le Farinier a conservé sa charpente du XIIIème siècle, comme à Fontenay, en carène renversée. De merveilleux chapiteaux y sont présentés à hauteur de regard.
On est consterné de voir comment, à une époque où les savants et artistes avaient pourtant de l’influence mais méprisaient le style architectural roman et « gothique », on a toléré la destruction d’une telle merveille : on voit en particulier le mur des Haras nationaux (créés en 1806) édifié tout contre le moignon du bras du transept.
Mais il est vrai que la démolition totale de l’édifice était programmée, sans aucun remords….Ce n'est qu'en 1821 qu'on songe à sauvegarder ce qui subsite des ruines, avant le classement comme Monument Historique en 1862 : merci Prosper !
L’imagination fonctionne à plein rendement …et on ne peut s’empêcher de penser, en référence au rôle politique tenu par les abbés de Cluny dans l’Europe entière : « Sic transit gloria mundi » !
En voir plus sur le diaporama en haut à droite ....
TERRIBILIS, tapisserie de Dom Robert (1946)
Voilà une oeuvre fraîche et rayonnante que nous avons découvert à Dijon, suspendue sous l'orgue de l'église Notre-Dame du Bon espoir. Elle est due au talent du peintre et cartonniste Dom Robert (1907-1997), ami de Jean Lurçat. Je l'offre à tous les visiteurs de ce blog à l'occasion de mon anniversaire, puisqu'elle date de mon année de naissance !
Elle dépeint la ville assiégée ceinte de ses remparts, les ennemis étant représentés par des bêtes féroces, et la Sainte Vierge, toute de dentelle parée, offrant sa bienveillante protection.
Deux inscriptions figurent sur les troncs d'arbres : septembre 1513 à gauche et 11 septembre 1944 à droite.
Ces deux dates font référence à deux événements très bénéfiques pour les Dijonnais. A deux reprises, sur le point de se voir submergés par une armée étrangère, les fidèles ont prié la vierge du Bon Espoir, l'une des statues de bois les plus anciennes connues en France. Elle date du XIème siècle et présente la caractéristique de montrer la Vierge Marie qui vient juste de mettre au monde son enfant (dont la statue a disparu à la Révolution). Jamais je n'en ai vu de semblable.
Fi donc de la date funeste du 11 septembre. Pour les habitants de Dijon, les troupes allemandes ont "lâché le morceau" ce jour de 1944. Et ils continuent de vénérer leur vierge miraculeuse.
04 octobre 2011
Abbaye de Fontenay, l'art cistercien dans toute sa pureté
L'Abbaye de Fontenay est l'un des plus anciens monastères cisterciens d'Europe.
Fondée en 1118 par Saint Bernard (le premier monastère de l’ordre de Citeaux a été fondé en 1098) dans un vallon marécageux de Bourgogne "le site flotte sur des sources", l'abbaye est un pur joyau de l’architecture romane.
A l'exception du réfectoire qui a été démoli, toutes les salles sont parfaitement conservées : l'église, le dortoir, le cloître, la salle capitulaire, le chauffoir, la salle des moines et la forge.
Il y avait bien longtemps que nous souhaitions la visiter.
L’extraordinaire météo de ce week-end, un peu allongé par les deux bouts, nous a incités à entreprendre le voyage et nous ne le regrettons certainement pas !
Car cette merveille de l’art roman le plus austère a échappé à la destruction – privilège dont ne bénéficia pas Cluny – puisque, vendue en 1791 comme Bien National, elle fut transformée en papeterie. Rachetée en 1906 par Edouard Aynard, allié de la famille de Montgolfier*, ses propriétaires entreprirent de la restaurer dans le plus grand respect. L’abbaye a été classée au Patrimoine mondial par l’UNESCO en 1981.
Ce qui saisit tout de suite, c’est l’extraordinaire sérénité des lieux.
Ce vallon où bruissent des fontaines, cette verdure et ce calme. L’église abbatiale fut édifiée grâce à Ebrard, évêque de Norwich, réfugié en cette abbaye. Elle a été consacrée en 1147. La façade est absolument dépourvue de toute ornementation : sept baies symbolisent les sept sacrements. Elle ne comporte pas de clocher : il n’y avait aucun fidèles à rassembler à l’entour, une simple cloche devait suffire à l’appel des moines. Le plan est celui de la croix, la nef compte huit travées.
La pierre à la douce blondeur suffit.
Un escalier conduit au dortoir des moines à la splendide charpente de chêne, où l’on remarque que les charpentiers de marine qui l’assemblèrent ont laissé l’emplacement du mât.
On admire la salle capitulaire, le très beau cloître, le scriptorium ; on admire le bâtiment de la forge – les moines fabriquaient des instruments aratoires.

La règle stricte des cisterciens joua avec rigueur jusqu’au 16° siècle où fut institué le régime de la Commende, avec des abbés nommés par le roi et ne s’intéressant qu’aux revenus de l’abbaye.
Au XVIIIème siècle, on édifia ainsi de splendides logements pour les accueillir, ainsi que des communs, un pigeonnier…

L'ensemble, avec ses jardins veloutés et ses bassins où s'agitent de belles truites, vu dans la belle lumière de cet automne triomphant, donne une impression inoubliable.
L' Abbaye romane de Fontenay est située près de Montbard (Côte d'Or). 30 km de la sortie Bierre-les-Semur de l'autoroute A6)
*c’est dans ce cadre que la jeune Andrée Putman passa ses vacances d’été.
03 octobre 2011
Chapiteaux romans
En attendant de pouvoir vous en décrire plus ...à notre retour à Paris.
Quelques superbes sculptures, livre ouvert pour édifier pélerins et fidèles, sauvés des conflits : guerres de religion, Révolution, vente des Biens Nationaux.
A Cluny, des merveilles sont encore visibles ....
14 septembre 2011
Zadkine en son village du Lot : Les Arques
Après notre visite de la "folie d'Assas", la maison-atelier parisienne d'Ossip Zadkine, il nous fallait revoir sa maison du Lot, située à un peu plus d'une demi-heure de route du Calfour. Ce musée n'est pas situé dans la maison où habitait le sculpteur et son épouse peintre.
Leur demeure est juste derrière, un petit manoir avec une tour hermétiquement clos.
Par une journée radieuse, nous avons découvert un village merveilleusement restauré, qui revit justement grâce au musée ouvert en 1988, auquel de nombreux prêts d'oeuvres majeures ont été faits (*) et qui vaut vraiment la visite.
D'abord, on remarque de loin la magnifique église romane, vestige d'un important prieuré. Elle ressemble par son plan à celle de Monsempron, mais avec de curieux détails mozarabes comme des arcs outrepassés. Ici aussi, une crypte éclairée d'une piétà de Zadkine, vierge écrasée de douleur particuièrement émouvante, à laquelle répond l'immense Christ.
Le musée est situé juste devant le parvis de l'église. Tout blanc, accueillant, sobre, il fait la part belle aux grands "bois" sculptés dans des souches d'ormeaux tourmentés.
Zadkine ne voulait pas tuer d'arbres, il utilisait des troncs d'arbres morts. Bronzes, marbres, terres cuites, bois, figures anguleuses ou lisses bustes de femmes sans bras ni tête, groupes de musiciens, divinités et symboles : Orphée, Diane, Harlequin hurlant, le Messager.
On mesure ici pleinement combien un tel artiste - qui vînt en France en 1909, fut gazé pendant la Grande Guerre et fut naturalisé en 1921 - a apporté à l'art du XXème siècle. Et on a plaisir à regarder la vidéo tournée en 1967 par Jean-Marie Drot, où l'on voit cheminer le vieillard au léger accent russe mais au verbe précis et imagé parmi les pierres sèches de ce village à l'écart de tout et qui déclare que les choses ne meurent pas même si le village, lui, se meurt...En cela, il se trompait.
Car les maisons nous "parlent" : presque toutes ont été restaurées, dotées de somptueuses glycines, de ferroneries modernes qui s'apparient bien aux pierres calcaires posées sans mortier. Un puzzle solide et harmonieux. Le diaporama de la colonne de droite vous emmène à travers les rues écrasées de soleil de ce splendide village du Lot.
Car grâce à Ossip Zadkine et à son épouse Valentine Prax qui légua leurs biens à la ville de Paris, le village vit très bien aujourd'hui et attire une foule de touristes férus de sculpture, venus du monde entier. Et qui se retrouvent tous pour déjeuner à l'école communale ....
*Le Centre Georges-Pompidou a prêté deux œuvres : « L'homo sapiens », grande sculpture de 2 m de haut et pesant 800 kilos, créée à Caylus (Tarn-et-Garonne), dans la plus grosse bille d'orme jamais trouvée par Zadkine. Cette allégorie de la civilisation est datée de 1933-1935, époque de l'installation du sculpteur aux Arques. et « Les Ménades » (1929-1930), oeuvre en bronze (ici, à droite) qui marque un tournant pour Zadkine : le retour du sculpteur aux sources antiques.
Musée Zadkine - 46250 Les Arques - 05 65 53 43 81. fermé le lundi et entre le 1er et le 31 janvier.
22 juin 2011
Saint Sever, cap de Gascogne
Encore quelques pas en Chalosse, au sud de Mont de Marsan.
Dominant la riche campagne où le maïs roule ses vagues, la "tuque" de Saint Sever est un gros village perché où une superbe basilique nous montre ses chapiteaux sculptés...et coloriés au XIXème siècle.
Sévérus - qui n'était pas Rogue - est venu évangéliser la contrée au début du Vème siècle. Il fut martyrisé et décapité par les Vandales (une manie à l'époque).
A défaut de récupérer son sarcophage, dans lequel la belle Quitterie vint se coucher, sa tête sous le bras, on vit se développer une cité autour de sa sépulture.
L'abbaye est bénédictine. Elle est vaste et sombre, mais on admire toujours ses superbes sculptures, comme ces quatre lions souriants, ou ces grandes feuilles d'eau, avec de surprenants yeux...
Une petite porte, sur la façade sud, donne accès au cloître, qui fut remanié au XVIIème siècle. Il est curieusement coupé en deux par un mur....
Le portail roman impressionne.

















































