intheloopgandolfiniUne critique de Claude :


Littéralement, « in the loop » évoque une grande glissade, celle que l’on fait en cauchemar dans un « grand huit » de foire. Et ce film raconte bien une  glissade, celle  du Royaume Uni de Tony Blair, en 2003,  dans la guerre d’Irak, aux côtés des Etats-Unis de G.W. Bush.

 

Comme dans le merveilleux West Wing, vous êtes au cœur l’appareil washingtonien, et aussi du pouvoir londonien, décrits avec précision. Une sympathique bande de crétins, tous diplômés d’Oxford-Cambridge, jeunes et vieux, mâles et femelles en chaleur, hétéros et homos, « conseillent » les ministres, en essayant désespérément de garder leur job. Comme d’habitude dans les tableaux anglais, les ministres sont nuls, et affligés d’une circonscription dans le Nord, humide, froide et moche.

 

intheloop_downingstreetTous ces imbéciles sont manipulés par un Conseiller du Premier Ministre, qui rappelle un personnage réel, et par son homologue américain, cocktail de plusieurs malfaisants bien connus. Les deux compères parlent un langage qui ferait rougir des internes français. C’est une leçon d’anglais, que je ne vous conseille pas de mettre à profit lors de votre prochaine sortie de l’Eurostar.

 

Au milieu de cette comédie humaine, y a-t-il des braves gens ? Certes, mais ils sont bien pâles, y compris le général pacifiste joué par le grand James Gandolfini – on a l’impression que Tony Soprano s’est engagé dans l’US Army -. 

 

Et, comme dans la vraie vie, les méchants gagnent.

 

Allez y, si vous aimez la politique canaille, l’humour anglo-américain, les bons acteurs, les réalisateurs qui travaillent, le rythme haletant, bref tout ce qu’on ne trouve plus dans la France gavée de l’argent des SOFICA et de Canal « Plus ».

In the loop, comédie britannique 1h 46, avec J. Gandolfini, Peter Capaldi, Steve Coogan