La critique de Claude :

depardieu_adjaniUn road movie sur la retraite, dans les paysages urbains désolants et les paysages ruraux superbes du Poitou-Charentes.

Un héros très français, travailleur pénible – à plusieurs sens du terme - , que sa hiérarchie pousse délicatement vers la retraite – ah !, le pot de départ, le discours confus du sous-directeur de l’abattoir porcin, qui s’est fait une tête de cochon, et l’inextricable puzzle, cadeau de départ, j’allais dire d’enterrement !

Le héros retraité tourne comme lion en cage, image qu’impose la crinière dorée de Depardieu. Heureusement pour lui, il tient un prétexte pour fuir sa femme, que ses bêtises exaspèrent depuis longtemps , et aller chercher, chez ses anciens employeurs, les justificatifs des points de retraite qui lui manquent, en chevauchant sa pétaradante « Mammuth ».


Bien entendu, les « boîtes » ont fermé, et d’ailleurs ne l’avaient pas déclaré. A ce propos, le dialogue maïeutique avec le viticulteur devrait être mis au programme de l’agrégation de droit social...

Quel scénario idéal pour peindre la société française de 2010, avec ses hôtels 1 étoile, ses bistros au black, ses zones pavillonnaires parfois au péril de la mer, et ses petits boulots désespérés !

Bien sûr, Depardieu est somptueux, comme d’habitude, Yolande Moreau est épatante, comme Adjani et Anna Mouglalis. Et il y a une révélation dans le film, Miss Ming, la nièce créatrice, sculpteur et poëte.

La mise en scène, le rythme du scénario, la photo, la musique, tout concourt à nous emmener vers l’inévitable catastrophe, mais voilà, les auteurs ont du ressort et ….(pour en savoir plus, allez donc voir le film sur grand écran, car il ne passera pas l’épreuve du petit).