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03 octobre 2010

AMORE, film de Luca Guadagnino

amore1On plonge dans un décor à la Pier Paolo Pasolini : une riche famille d'industriels du textile à Milan - mais on pense tout de même aussi aux Agnelli, les fondateurs de la FIAT-, leur maison de style mussolinien (et d'ailleurs le grand-père a bien profité du fascisme), une vie mondaine réglée par les réceptions, les dîners professionnels.

Le grand-père fondateur annonce qu'il passe les rênes de l'entreprise à son fils...et à son petit-fils aîné Edoardo. Un pur. La mère est une très belle femme, encore jeune, d'origine russe. En la ramenant de son pays natal, son mari l'a prénommée Emma, elle ne se souvient même plus de son vrai prénom, seulement de son diminutif...Elle n'a plus d'identité...sauf qu'elle adore cuisiner. Elle aussi.

amore2Car dans cette ambiance de tragédie grecque survient Antonio, qui devient l'ami d'Edoardo. C'est un cuisinier surdoué qui rêve d'ouvrir son propre restaurant, devant la mer à San Remo, où il cultive lui-même ses légumes.  Il cultive aussi l'amitié d'Edoardo pour en faire son mécène. Mais c'est Emma qui va succomber, via la sensualité des saveurs et l'essence des subtils mélanges concoctés par Antonio.

Terriblement sensuel en effet est ce film et aussi lent, avec des vues prises au risque d'images floues, des costumes (Ahhh, Fendi !) et des décors somptueux, une interprétation toute en retenue, le film nous transporte dans le tourbillon du destin. "
Comme réveillée par la cuisine d’Antonio, Emma quitte sa villa somptueuse et étouffante pour découvrir un jardin baigné de soleil et, en s’abandonnant à l’amour, revient à la vie. La justesse, la classe et la douceur deTilda Swinton balaient toute résistance".

amore3Les autres personnages aussi sonnent juste. Les fils, la fille d'Emma qui lui révèle son homosexualité, la nourrice, le mari inflexible et froid, Antonio....

Une scène d'amour à bout (de caméra) portant, un jardin de délices, un drame imprévisible. Le scénario renoue avec la tragédie classique qui veut que la transgression soit maudite et les amants irrémédiablement châtiés.

Un réalisateur italien qui n'a pas oublié Visconti, ni Claude Chabrol.....

   

avec aussi : Flavion Parenti, Edoardo Gabbriellini, Alba Rohrwacher....

Posté par Bigmammy à 08:29 - Lu et vu pour vous - Commentaires [1] - Permalien [#]
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Commentaires

  • BIGMAMMY....

    .....tu as vraiment tous les talents.....on dirait que tu as été critique de cinéma !
    on apprécie et on t'embrasse
    bravos !

    Posté par TIPOIS, 03 octobre 2010 à 15:50

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