colinh_l_naAprès un tel matraquage publicitaire, je craignais d'être déçue. Mais en fait, il y a très longtemps que je n'ai pas été aussi émue par un film. Vous le serez aussi, j'en suis certaine.

Voici une évocation historique d'une grande sensibilité, et surtout l'analyse magistralement interprétée de la relation entre un thérapeute et  son client. On comprend les tourments d'un homme qui fut aussi un enfant, contraint depuis son plus jeune âge, pétri de contradictions, d'interdits auto-administrés, souffrant d'un terrible handicap dans sa situation professionnelle. Les Anglais avaient eu par le passé un roi fou - ce qui donna lieu au merveilleux film "La folie du roi George" - ils héritaient, contre toute attente, d'un roi bègue.

Toutes les personnes qui souffrent de cette malédiction savent ce que cela signifie, et sans doute seulement elles. Et là, à travers ce film, nous comprenons un peu, nous aussi.

rushColin Firth mérite certainement un Oscar, mais pour ma part, je le décernerais aussi à Geoffrey Rush, qui joue avec tant d'humour Lionel Logue. Car l'humour est partout présent, les dialogues sont ciselés avec brio, on rit franchement à plusieurs occasions, malgré le caractère dramatique des événements. La scène finale du discours vous tient en haleine de façon extraordinaire. On souffre, puis on est fier du travail accompli, on est soulagé. Et puis hier soir, la salle a applaudi. C'était émouvant !

Je me pose simplement la question : quels souvenirs se bousculent dans la tête de la reine Elizabeth quand elle voit ce film ?