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12 mars 2011

Salut, essai par Antoine Veil

 

salutSi j’avais voulu me dispenser d’un papier original et « pomper » simplement  les critiques déjà parues au sujet de ce petit essai, j’en aurais été pour mes frais. En dehors de la retranscription de la présentation  en quatrième de couverture, aucun commentaire pertinent. Et pourtant ! On a fait un succès inouï au manifeste de Stéphane Essel « Indignez-vous ! », et là, sans doute parce que cet ouvrage émane d’un homme professant des idées centristes, pas un mot…ou si peu !

Evidemment, personne ne s’intéresse particulièrement à un homme pétri de service public, Inspecteur des Finances, dirigeant d’entreprises et surtout, surtout, discret  époux de la belle, courageuse et impériale Simone. Je ne savais même pas qu’il avait publié ce livre…il se trouve que l’auteur  le signait à la librairie Contretemps de la rue Cler. Je n’ai pas résisté. Un tel témoignage, émanant d’un observateur de la vie politique française depuis plus de cinquante ans et se situant  à la charnière de la vie des affaires ne pouvait pas m’être indifférent.

C’est sans doute une sorte de testament. L’écriture est ciselée, les formules assassines. Antoine Veil n’est pas toujours d’accord avec sa femme et le dit, il n’a pas à prendre de gants pour écrire ce qu’il pense, des politiques conduites comme des hommes qui les animent, même ceux qui lui sont proches. C’est un périple en désordre, où sont évoqués nos institutions, l’Europe en panne et le couple franco-allemand, la parité hommes/femmes,  la laïcité et la foi, la Shoah, les désordres de la finance mondiale, la démagogie et le harcèlement médiatique,  l’écologie et l’indépendance énergétique…

Relevées au fil des pages quelques formules assassines : nos institutions qualifiées de « salmigondis institutionnel hybride ». Fruit de l’élection du Président de la République au suffrage universel, le système français s’avère finalement moins efficace que le système parlementaire où le pouvoir exécutif est ventilé entre un Président de la République et un Premier ministre-chef de Gouvernement. En effet, le premier est « juge » tandis que l’autre est « partie ».

Les premiers ministres de Jacques Chirac : le premier choisi au rayon des sédatifs, le second à celui des lance-flammes auto-proclamés. Quant à Alain Juppé, Antoine Veil le flingue ainsi : détermination, brutalité et maladresse, aussi raide que clairvoyant en 1995. La démocratie représentative ou le désordre participatif sont pour lui la version moderne des tricoteuses de Robespierre.

Vous l’aurez compris, l’homme parle sans ambages de ce qu'il connaît, de la politique, de la finance, des institutions, de l’avenir. Malgré sa lucidité, il persiste à penser qu’il n’existe pas de fatalité du destin. Il garde espoir, et nous secoue les plumes : c’est à travers l’Europe et plus particulièrement autour d’un couple franco-allemand solidaire et renforcé, qu’il faut progresser.

Salut, par Antoine Veil, chez Alphée, 140 p. 16,90€

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