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22 septembre 2011

Les Bordelais ne sont pas "chiens" ...

Bordeaux 2 014Grâce aux visites organisées dans le cadre des Journées Européennes du Patrimoine, nous avons pu admirer le Palais Rohan, aujourd'hui Hôtel de Ville.

Bordeaux 2 022Un hôtel particulier superbe, ultra-classique, doté de merveilleuses boiseries et d'une salle à manger de parade décorée à fresques en trompe l'oeil (par Giovanni Antonio Berinzago en 1783) tout à fait remarquable, mais le tout un peu poussiéreux.

 

BerinzagoLe message des édiles aux administrés est clair : ici, on ne gaspille pas l'argent du contribuable.

Bordeaux 2 031Ce qui est plus original, c'est la visite de la salle du Conseil municipal, avec ses pupitres sculptés de l'emblème aux trois croissants de lune, les drapeaux, les tribunes réservées au public,l'estrade pour les orateurs.

De savoir qu'à cet emplacement même, se tenait, avant la réfection de la salle à la fin du 19° siècle, le Tribunal révolutionnaire ...flippant !

Bordeaux 2 033Cependant, ce qui a attiré notre attention, c'est la série de bustes des maires décédés. Des bustes en marbre blanc (sauf celui de Jacques Chaban-Delmas, en bronze), qui font face à la salle, surveillant ainsi le sérieux des débats. Et parmi eux, celui d'Adrien Marquet, maire de 1925 à 1944.

Un homme politique à la trajectoire bien malheureuse, en fait. Ecoutez plutôt : né en 1884, un 6 octobre (comme Le Corbusier ...et moi !), il est élu Secrétaire fédéral de la SFIO de Gironde à 22 ans, puis Député du Cartel des Gauches en 1924, Maire de Bordeaux l'année suivante.

buste Adrien MarquetTrès actif dans le domaine des investissements collectifs pour conjurer les effets de la crise économique, il déclare vouloir "prendre le fascisme de vitesse", un peu à la manière de Mussolini cependant. Tellement sans doute qu'il est exclu de la SFIO dès 1933.

Son couronnement de carrière sera sa nomination comme Ministre d'Etat, ministre de l'Intérieur du gouvernement Pétain puis Laval. C'est un collaborationniste convaincu, antisémite et opposé aux francs-maçons, souhaitant ouvertement la victoire de l'Allemagne. Il sera cependant acquitté en 1948 au terme d'un bien long procès mais condamné à 10 ans d'indignité nationale et mourra en 1955, finalement amnistié mais définitivement accro à la politique, en pleine campagne électorale.

Bordeaux 2 034Mais cela ne fait rien, il est toujours là !

palaisrohan

Posté par mpbernet à 10:36 - Journal de bord - Commentaires [2] - Permalien [#]
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Commentaires

  • superbes ces pupitres + les bustes..

    En effet les finances de la ville de BORDEAUX sont réinvesties dans le fast de la MAIRIE...

    Posté par poetalisa, 22 septembre 2011 à 10:57
  • Pour nous ce fut le joli chateau de La bussière avec son jardin dessiné par le Notre; les enfants ont pu faire des ateliers avec un meilleur ouvrier de France;

    je me souvien sil y a quelques années aveoir visiteer ainsi la salle de l'académie, je l'ai trouvé très petite....comme quoi l'imagination travaille, mais nos immortels ne sont que 40

    bonne journée

    Posté par Martine, 22 septembre 2011 à 14:53

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