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16 janvier 2012

Un homme de tempérament, roman par David Lodge

La critique de Claude :

lodgecouvDavid Lodge, c’est ce professeur de Littérature anglaise, né en 1935, qui, dans  « Un tout petit monde », (1984)  nous a conté les aventures tragi-comiques des professeurs de littérature anglaise – et quelques autres disciplines -, qui promènent leur libido de colloque scientifique en congrès universitaire. Il nous les avait déjà montrés étudiants, soumis aux affres du « Comment ne pas aller trop loin ? » (1980), qu’ont connu tous les jeunes gens avant l’ère de la pilule, et même un peu après s’ils étaient catholiques anglo-irlandais.

Après un livre sur les malheurs de Henry James face au grand public (« L’auteur, l’auteur », 2004), il poursuit dans la veine biographique, avec une vie de H.G Wells, l’auteur de « La guerre des mondes ».

Le plus épatant, chez Lodge, c’est l’art d’écrire, par exemple l’alternance entre récit et interviews « bousculantes » du sujet, les décors plantés en quelques mots (Hannover Terrace, une rue élégante du West End, dans les premières pages, Bromley, banlieue minable de son enfance, Sandgate, station chic et frisquette sur le Channel), le tout dans une atmosphère de gentille moquerie pour le Maître (Master).

Un Maître doté d’une énorme puissance de travail (30 romans, d’innombrables essais, nouvelles et articles), et d’une capacité à imaginer et à innover qu’il tient de son éducation décousue et modeste (il met en scène les armes modernes, y compris l’aviation de bombardement, le char et le nucléaire, en 1910).

wellsIl est doté aussi d’un bel appétit sexuel, servi par un formidable culot, et par une incurable muflerie : il n’hésitera pas à séduire les grandes filles, même mineures, de ses amis intellectuels et politiques, à théoriser le ménage à trois et l’amour libre, à utiliser ses amours pour ses romans, provoquant des scandales d’édition qui ne font pas de mal aux ventes, mais le mettent, provisoirement du moins, au ban de la société londonienne. Et il laissera derrière lui beaucoup de larmes et quelques enfants.

Lodge raconte tout cela avec gourmandise, ce qui donne un livre épatant. On peut aussi aller voir l’adaptation au théâtre d’un des romans racontant une aventure au Département de littérature anglaise   de l’Université de G ; Pensées secrètes, http://www.theatremontparnasse.com

Un homme de tempérament, roman de david Lodge, traduit par Martine Aubert, édité chez Payot-Rivages, 706 p, 24,50 €

 

 

Posté par Bigmammy à 10:28 - Lu et vu pour vous - Commentaires [1] - Permalien [#]
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Commentaires

  • super

    Moi aussi j'adore l'écriture de David Lodge et j'accueille toujours avec plaisir ses nouveaux livres. Celui-ci m'a fait découvrir Wells dont je ne connaissais que la guerre des mondes et l'homme invisible. Du coup, j'ai lu "l'île du Dr Moreau" et "la machine à explorer le temps" car on les trouve facilement mais j'aimerai beaucoup lire d'autres romans cités dans le livre de Lodge, par ex Kipp, Ann Veronica, Tono-Bungay mais je ne suis pas sûre qu'ils existent en français... Si vous avez des tuyaux...

    Posté par marevec, 05 septembre 2012 à 21:18

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