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11 mars 2014

Henri Cartier-Bresson au Centre Pompidou

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Une exposition majeure au Centre Pompidou, ça se mérite … 45 minutes de queue avant même de pouvoir entrer (c’est Claude qui l’a faite pour moi qui m’étais confortablement assise …) mais à l’intérieur, quelle présence !

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Cartier-Bresson, pour moi, est la référence absolue en photographie. Ici, on parcourt chronologiquement toute sa carrière, depuis les années 20 où, tout enfant, il reçoit son premier appareil jusque dans les dernières années où il revient à ses premières amours, la peinture, en une série d’autoportraits acérés et sans concession.

 

 

Toute une vie qui recouvre celle de mon père : l’artiste est né en 1908, mon père en 1910, et ils sont morts tous les deux la même année – 2004. Autres points communs : les voyages, le Leica, la captivité en Allemagne et l’évasion. Mais leurs idées étaient diamétralement opposées : Cartier-Bresson est un grand bourgeois résolument de gauche, il travaille pour la presse communiste, fréquente les surréalistes, fait l’expérience du cinéma auprès de Jean Renoir.

 

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Naturellement, il « couvre » la guerre d’Espagne, voyage au Mexique, rencontre la grande pauvreté comme les grands de ce monde … Ses engagements politiques lui ouvrent des portes à Cuba, Moscou, en Chine quand son talent reconnu lui permet de travailler en Amérique – une exposition de ses photos est organisée au MoMa de New-York dès 1947 !

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Truman Capote

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à Barcelone

Abruzzes

Il a le talent de se trouver au bon endroit au bon moment comme le jour des obsèques de Gandhi, ou en Chine au moment où les communistes prennent le pouvoir. Cartier-Bresson photographie l’argent, les foules se bousculant pour tenter de retirer un peu d’or … les rapports entre l’homme et la machine, les foules (lors de l’élection de Nixon, regardant passer le cortège du roi George VI, aux funérailles des victimes de Charonne), les femmes aussi comme cet extraordinaire « portrait » de Léonor Fini dans l’eau ou le regard hagard du jeune et beau Truman Capote.

Ses images sont des instantanés savamment construits, avec une toile de fond qui ne doit rien au hasard. Mais jamais de recadrage, c’est « l’instant décisif » qui compte.

 

 

On le voit, avec son petit Leica, prendre furtivement, en se haussant sur la pointe des pieds finement chaussés sous les revers américains de ses pantalons de belle draperie, des clichés de rue, de vies, des documents à valeur anthropologique. Car Henri Cartier-Bresson, un des maîtres du photojournalisme (avec Brassaï, Capa, Raymond Depardon …) est un seigneur. La référence, la fulgurance aussi.

 

 

 

 

 

Exposition au Centre Pompidou -tous les jours sauf le mardi - à partir de 11 h - jusqu'au 9 juin, 13€

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