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17 novembre 2014

Travail dominical

 

auprintemps

Hier après-midi, même sous une pluie battante, autour de la place des Vosges, en particulier la rue des Francs-Bourgeois était noire de monde et la plupart des boutiques ouvertes. C'était gai et lumineux sous le ciel plombé, les clients nombreux, jeunes et enjoués. Quand on a lourdement investi dans un établissement commercial parisien, savoir que l'on peut l'exploiter 7 jours sur 7 représente un supplément de compétitivité de 14 % et la perspective de créer des emplois. Et si le jeu n'en valait pas la chandelle, il y a fort à parier que ces boutiques resteraient fermées.

Que l'on ne vienne pas nous redire que le dimanche est réservé à la messe (où l'on peut aller le samedi soir) et que les achats du dimanche se seraient conclus de toutes façons un autre jour de la semaine. Les touristes constituent un apport de clientèle supplémentaire et ils ne comprennent pas que certains commerces – la restauration – soient ouverts et les autres non.

Hier, j'ai tout de même glissé un œil furtif dans la jolie cour où se muche ma mercerie préférée … elle était fermée. Sinon, je serais rentrée pour acheter un métrage de LIBERTY. Tant pis, je le commanderai sur INTERNET. Un achat d'au moins 60€ qui échappe à la distribution traditionnelle.

 

galeriefa

Cependant, les esprits évoluent sous l'effet de la crise économique car j'apprends ce matin que, selon Les Échos : « le nombre d’ouvertures dominicales autorisées par an passerait de 5 au maximum (sur décision du maire) jusqu’à 12 demain (5 automatiques à sa guise, 7 via le maire). La redéfinition des « zones touristiques » et des Puces, où le travail dominical est autorisé, devrait déboucher sur de nouvelles zones plus étendues. Les commerces d’une dizaine de grandes gares seront aussi autorisés à ouvrir le dimanche ». L’autorisation d'ouverture dominicale des grands magasins (Galeries Lafayette, Printemps) et des Champs-Élysées (périmètre plus large) par arrêté ministériel est également envisagée par le Ministre de l’Économie. De nouvelles zones devraient être autorisées à ouvrir jusqu’à minuit.

Pour les salariés, il faudra respecter le volontariat et accorder les compensations prévues par les accords collectifs (en salaire et en repos). Cependant, les entreprises de moins de 20 salariés n’auraient pas à verser ces compensations : autant de jobs pour les étudiants, comme aux Etats-Unis.

Notre pays si conservateur se mettrait-il à évoluer ? Je n'ose le croire …. car rien n'est bouclé - arbitré comme on dit - et les résistances seront vives. Wait and See !

Posté par Bigmammy à 09:01 - Coup de coeur - Commentaires [11] - Permalien [#]
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Commentaires

  • en effet Entrée des Fournisseurs n'ouvre pas le dimanche ; les dames disent être suffisamment "épuisées" par la semaine classique ; et puis la clientèle du dimanche leur fait sans doute un peu peur, beaucoup de curiosité, peu d'achats, je suppose...

    Posté par manuela, 17 novembre 2014 à 09:21
  • comment concevez-vous le volontariat ?
    Lors d'un entretien d'embauche, si un candidat dit être volontaire et le suivant ne pas l'être, qui sera embauché, selon vous ? La femme seule avec un ou des enfants et sans possibilité de les faire garder le dimanche ( les nounous, elles, ne travaillent pas le dimanche) est disqualifiée d'office.
    En Allemangne, pays en décroissance économique comme chacun sait, les magasins sont-ils ouverts le dimanche, zone touristique ou pas ?

    Posté par Gisèle, 17 novembre 2014 à 13:02
    • Il y a des tas de gens qui seraient contents de pouvoir travailler le dimanche .... Et un contrat de travail suppose l'accord des deux parties. L'un offre une opportunité, l'autre la saisit... ou pas. L'essentiel est de jouer franc jeu dès le départ. Effectivement, en Allemagne, il y a beaucoup de mini-j'obs, peu payés et parfois même sans cotisations sociales. Nous n'en sommes pas là dans notre pays et exercer une activité rend la dignité à chacun.

      Posté par Bigmammy, 17 novembre 2014 à 13:33
  • Je persiste: une femme seule avec des enfants ne peut répondre à une opportunité pareille: travailler le dimanche. Elle est disqualifiée d'office. Et quand on sait que les familles mono- parentales sont les plus nombreuses en dessous du seuil de pauvreté...
    Les achats réalisés le dimanche ne le seront pas le les autres jours de la semaine, le pouvoir d'achat n' augmente pas avec le nombre de jours d'ouverture des commerces, ou alors, c'est de la sur- consommation, et qu'on ne parle plus de la crise.

    Quant à l'Allemagne, je parlais du dimanche jour de fermeture des magasins, pas de des contrats de travail, c'est un autre débat.

    Posté par gisèle, 17 novembre 2014 à 18:32
    • Pensez-vous que dans la population des infirmières, des journalistes, des conductrices de transports en commun (etc ...) il n'y ait pas de mères célibataires ? les femmes sont fortes et se débrouillent toujours... n'oublions pas non plus que la réglementation du travail de nuit à été, à l'origine, en grand partie dirigée contre les femmes !

      Posté par Bigmammy, 17 novembre 2014 à 18:56
  • Pour avoir travaillé très longtemps 7 jours sur 7 (et pourtant je suis fonctionnaire !), je ne comprends pas du tout cette réticence à ouvrir les commerces le dimanche... Mon mari qui travaille dans une grande agence de presse a toujours travaillé 7 jours sur 7 aussi. Quand on s'organise bien, on peut y trouver un réel bénéfice pour la vie de famille, surtout avec de jeunes enfants.
    Énormément de gens en France travaillent le week-end sans que cela leur pose de problèmes (hôpitaux, prisons, police, foyers, presse...), c'est vraiment surprenant cette réticence de certains métiers du commerce.

    Posté par Noclea, 17 novembre 2014 à 18:38
  • ohhh le travail du dimanche!!!

    Impossible d'adhérer à une telle perspective surtout quand on bosse en grande distribution pas de volontariat ce terme la n'existe pas, le travail du dimanche oui à condition que cela devienne un jour comme un autre pour toutes les professions y compris la fonction publique les banques et le reste . Là on pourra voir la vraie réaction des gens quand ces derniers seront concernés.

    Posté par odile, 17 novembre 2014 à 21:45
  • Odile, énormément de métiers de la fonction publique sont concernés depuis toujours par le travail dominical ! Croyez-vous que les hôpitaux, les prisons, les commissariats et j'en passe... sont fermés le dimanche. C'est pénible ces clichés sur la fonction publique à force...

    Posté par Noclea, 17 novembre 2014 à 22:28
  • Fonction publique et travail dominical

    J'ai exercé dans la fonction publique durant 33ans de nuit, en tant qu'infirmière, J'ai travaillé un week-end sur 2 et les jours fériés.
    J .ai élevé ma fille quasiment seule ayant divorcé lorsqu'elle avait 9 ans, les fonctionnaires ne sont pas tous bien lotis , mais jen'ai pas de regrets ,pour moi le dimanche est un jour comme un autre.
    Et j'effectue encore des gardes malades chez des personnes agées, week-end compris.
    Quand on veut on peut.
    Dans mon équipe j'avais un couple d'aide soignants, ils ont travaillé de nuit en poste inversé pour élever leurs 3 enfants sans avoir recours à une nourrice, ils n'en sont pas morts.
    Maintenant les gens veulent avoir le beurre et l'argent du beurre.
    Tout travail a ses contraintes, il faut savoir accepter.

    Posté par Agnesboul, 17 novembre 2014 à 23:48
  • Infirlière durant 40 ans

    J'ai été obligée de travailler le dimanche ( & souvent 12h..); une catastrophe personnelle, familiale, amicale & affective.

    Peu d'avantages car seulement 2 heures supplémentaires dans ce temps là. Si des enfants...qui les garde & à quel prix ??? sans parler des transports en commun car même si les agents travaillent , il y en beaucoup moins

    Personnellement je n'achète jamais rien le dimanche ...par respect des soi-disant volontaires/ obligés...

    Posté par Martine, 18 novembre 2014 à 08:12
  • Comme Martine, je n'achète jamais rien le dimanche. Je suis contre, comme elle dit si bien, par respect des soi-disant volontaires.
    Pendant des années, travaillant dans l'hôtellerie, j'ai dû travailler le dimanche et il faut savoir qu'il n'y avait ni paye supplémentaire au fait de travailler ce jour-là, ni heures de récup ou autre. Si cela avait été le cas, j'aurais pu le supporter un peu mieux. On ne se rend pas compte tant que l'on ne l'a pas fait. C'est la seule période de ma vie où je n'ai pas eu de vie sociale mais surtout, je me sentais complètement hors-phase avec la société. Décalée en permanence. Car en plus de travailler le week-end, j'avais des horaires décalés.
    Bref. A un moment j'ai réussi à avoir mes dimanches donc je travaillais "juste" le samedi. Quand j'ai eu ma fille je suis restée dans la même société mais ai demandé un changement de poste, salvateur. Puis j'ai fini par partir pour travailler dans un tout autre domaine. En fait à chaque fois que j'ai démissionné d'un travail, c'était à cause des horaires qui ne me convenaient pas (et aussi de la distance domicile-boulot). Là, j'ai un salaire inférieur à ceux que j'ai pu avoir mais je travaille de 8 heures 30 à 16 heures et à 15/20 minutes à pied de mon domicile.

    Posté par Une ribambelle, 19 novembre 2014 à 21:05

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