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19 septembre 2016

Fantin-Latour, à fleur de peau, exposition au musée du Luxembourg

 

coindetable

 

C’est grâce à ce peintre extraordinairement sensible et précis que nous avons découvert, dans nos manuels de littérature, les visages des grandes figures des arts au XIXème siècle : Beaudelaire, Verlaine, Rimbaud, Zola, Manet, Monet, Whistler, Frédéric Bazille, Chabrier ou de la critique et de la politique comme Camille Pelletan … dans ces fameux portraits de groupe à la manière flamande que sont l’Hommage à Delacroix, Un atelier aux Batignolles ou Le Coin de table.

Henri Fantin-Latour (1836 – 1904) est un artiste profondément indépendant, hostile au mouvement des Impressionnistes qui sont pourtant ses amis, peignant uniquement dans son atelier …

les deux soeurs

la lecture

la jolie belle-soeur

L’exposition du Musée du Luxembourg nous fait découvrir d’autres facettes de son inspiration. Né en 1836 à Grenoble, il vient à Paris travailler dès 1850 et commence par un intense travail de copiste au Louvre. Il prend pour modèle ses sœurs et produit une suite d’autoportraits. En 1859, il rejoint James McNeill Whistler à Londres qui lui présente le marchand d’art Edwin Edwards.

 

roses

Il y rencontre le succès avec de merveilleuses « natures mortes », peintures de fleurs à la manière des grands maîtres flamands, dont les britanniques sont très friands et qui lui assurent de confortables revenus. Des fleurs bien plus "vivantes" que les regards de ses portraits, étrangement indifférents les uns aux autres, isolés dans un décor tout en dépouillement.

A Paris, Fantin-Latour expose au Salon de 1864 l’Hommage à Delacroix. Son talent de portraitiste est reconnu mais il répugne à exécuter des œuvres de commande. Il préfère peindre les membres de sa famille, ses proches … en particulier son épouse Victoria Dubourg et sa belle-sœur, tellement plus jolie ….

autoportrait

Bientôt, artiste reconnu, Fantin-Latour trouve de nouveaux thèmes. Très attiré par la musique, il célèbre Berlioz, Wagner – il vient à Bayreuth en 1876 et découvre « l’art total » -, Schumann par des compositions allégoriques. Il se tourne de plus en plus vers des œuvres d’imagination, des fééries. Ainsi, déclare-t-il en 1869 : « Je me fais plaisir ».

Plus surprenante est l’importante collection de photographies de femmes dévêtues provenant des archives de l’artiste … certaines postures sont reprises dans ses tableaux des dernières années - ces images devant sans doute lui éviter d’avoir recours à des modèles. Ses dernières toiles, des œuvres d’imagination comme « La nuit », annoncent les Symbolistes et l’esthétique fluide de l’Art Nouveau.

En attendant la prochaine grande exposition sur le Second Empire au musée d'Orsay ... Quelle époque épique !

 

 

 

 

Fantin-Latour, à fleur de peau, exposition au musée du Luxembourg, jusqu’au 12 février – ouvert tous les jours de 10h 30 à 18 h., le vendredi jusqu’à 22 h. 12€.

Posté par mpbernet à 08:00 - Lu et vu pour vous - Commentaires [2] - Permalien [#]
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Commentaires

    beauté

    C'est une immersione dans la beauté! Je vous remercie . Bonne journée!

    Posté par Olga, 19 septembre 2016 à 08:50
  • F-L

    Très beau , ce Fantin-Latour ! Ses tableaux aussi.

    Posté par lyllia, 19 septembre 2016 à 09:06

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