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23 novembre 2016

L'espionne de Tanger, roman de Maria Duenas

 

espionne

Un roman d’espionnage au féminin, un pavé de près de 700 pages qui se lit dans un souffle et plonge le lecteur au cœur de la guerre civile espagnole puis enchaîne sur les luttes d’influences entre Britanniques et Nazis dans les décombres du Madrid de Franco.

Pour moi aussi des correspondances troublantes : l’héroïne Sira est née à l’été 1911, ma mère en décembre 1913, elle se retrouve en 1936 exilée au Maroc – espagnol, certes – comme ma maman à Casablanca à partir de 1932, elle est couturière – tout comme la sœur préférée de ma mère … Je me suis donc immédiatement reconnue en terrain balisé.

Sira est une très jolie fille. Elle fuit la guerre civile espagnole avec un amant et des projets mirifiques. Le couple s’installe à Tétouan, capitale du Maroc Espagnol et vit la grande vie. Mais, rapidement, son amant l’abandonne après l’avoir délestée de tout ce qu’elle possédait  et lestée d'une énorme dette … mais elle a de l’or entre les doigts et va trouver les amitiés nécessaires afin d’ouvrir un atelier de couture de luxe, de quoi attirer la meilleure clientèle, en particulier les épouses des cadres allemands expatriés qui fourmillent dans le coin. Recrutée par le SOE, elle doit rapporter tous les éléments utiles pour contrer l’influence allemande auprès des Nationalistes.

A la fois roman d’apprentissage, mise en scène de personnages historiques, scènes de violence à la James Bond, méthodes de recrutement et d’infiltration conformes aux techniques du temps – en ligne avec l’exposition sur les guerres secrètes actuellement en cours au Musée de l’Armée – rebondissements en tous genres : ce bouquin est tout à fait passionnant. Une manière aussi pour nous de mieux comprendre les ressorts de la guerre civile espagnole, l’ambiance de la haute société madrilène et lisboète, mesurer que finalement, dans ces grands hôtels des années 30, le style de vie ne connaît pas de différence fondamentale avec notre temps.

Les personnages secondaires sont attachants : la gracile Rosalinda Fox, la contrebandière Candelaria, le journaliste Marcus, l’inquiétant Manuel da Silva … Le style est dynamique, les descriptions convaincantes, les sentiments pleins de réalisme. Bien évidemment, ce roman qui a connu un énorme succès (2 millions d’exemplaires vendus dans le monde), a fait l’objet d’une série télévisée diffusée sur Netflix. Mais je me garderai bien de vouloir la visionner : j’ai en tête le personnage de Sira, la narratrice pleine de courage et d’inventivité et je ne souhaite pas m’en voir imposer une autre image … Bref : de l’amour, du glamour, du suspens, du mystère, des passions et des trahisons : tout pour tenir en haleine !

L’espionne de Tanger (El tiempo entre costuras), roman par Maria Duenas, traduit de l’espagnol par Edouardo Jimenez - publié chez Robert Laffont et dans la collection Grands romans Points – 689 p., 8,90 €

Posté par mpbernet à 08:05 - Lu et vu pour vous - Commentaires [4] - Permalien [#]
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Commentaires

  • Pour une fois que j'arrivais à lire un roman d'espionnage, c'est un exploit

    J'ai surtout découvert une histoire récente peu connue du moins en France

    Posté par Martine, 23 novembre 2016 à 09:18
  • L'espionne de Tanger

    Je viens de le commander à mon libraire . Pas une seule des 17 B.M. de Lyon l'a sauf le DVD . Il va faire grandir de quelques centimètres la bile de bouquins qui attendent que je les lise .

    Posté par lyllia, 23 novembre 2016 à 10:04
  • je l'ai lu il y a longtemps et cela a été un bon moment. Je suientrain de terminer le prix goncourt "une chanson douce" d Leila Slimani un vrai régal malgrè l'histoire sordide quelle écriture je vous le recommande

    Posté par morlhon, 23 novembre 2016 à 12:56
  • J'ai beaucoup aimé ce roman, lu il y a quelque temps... Depuis j'ai lu "les derniers jours de nos pères" , roman qui nous plonge dans les coulisses de la SOE. Cela pourrait vous intéresser de découvrir un autre pan de cette organisation
    Bonne lecture

    Posté par auxfeelsdutemps, 24 novembre 2016 à 09:02

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