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03 juin 2017

Quand sort la recluse, thriller de Fred Vargas

 

recluse

Deux ans après « Temps glaciaires » pour lequel j’avais déjà émis quelques réserves, je retrouve Fred Vargas et sa nouvelle enquête du commissaire Jean-Baptiste Adamsberg, suité de ses acolytes habituels : Louis Veyrenc et ses mèches rousses, l’inébranlable Violette Retancourt, Froissy et ses recherches, le commandant Danglard pas bien luné du tout, Noël, Kernorkian, Voisenet et sa passion des animaux …

C’est justement cet intérêt de Voisenet pour une étrange épidémie de décès après morsures d’araignées entraînant nécrose puis septicémie chez des personnes âgées qui décide Adamsberg à creuser – ou gratter à fond, c’est selon – le sujet. Trop de cas presque simultanés en effet pour qu’il s’agisse d’une coïncidence, d’autant plus que les victimes présentent un point commun : avoir été, dans leur prime jeunesse, pensionnaires d’un orphelinat situé du côté de Nîmes, où ces gamins malfaisants formaient une bande déjà criminelle. Et la liste des victimes s’allonge : toujours des hommes entre 77 et 82 ans, toujours ces piqûres de loxosceles reclusa (ou araignée violoniste) qui peuvent avoir des conséquences graves mais ne sont pourtant jamais mortelles. Enfin, à l'échelle d’une dose de venin d’araignée …

N’oublions pas que Fred Vargas est archéo-zoologue médiéviste de formation. Donc, on retrouve ici, dans une intrigue aussi invraisemblable que touffue, des araignées très « timides », dangereuses mais non mortelles, des femmes qui, au Moyen-âge, s’emmurent volontairement dans un espace réduit et ne doivent leur survie qu’à la charité publique, des notations scientifiques poussées, des merles, un chat toujours sur la photocopieuse, un meurtrier en série particulièrement efficace et motivé, un commissaire plus que jamais visionnaire et dans les brumes …mais excellent manager.

En revanche, je ne vois pas comment, en ces circonstances, la totalité d’une brigade criminelle du XIIIème arrondissement se mobilise sur l’intuition d’un commissaire pour pister un hypothétique tueur en série sévissant dans le Gard, avec multiples déplacements en train, des escapades en Charente Maritime, des analyses ADN, l’intervention d’un archéologue pour fouiller un site (on retrouve Mathias avec plaisir) … Et les crédits, dans tout ça ?

On me dira que c’est la licence poétique. Et si, cette fois, c’était Fred Vargas elle-même la recluse ? Cette façon de ne rien celer de concret, de tourner autour des mots : séquestrations, violence faite aux femmes, vengeance méthodique, animaux maléfiques comme ces araignées qui ne sont pas des insectes puisqu’elles ont 8 pattes et non 6, victimes sacrifiées à vie comme la chèvre de Monsieur Seguin …

Bon, le plaisir de lecture et le style inimitable de Fred Vargas sont toujours au rendez-vous mais là, je trouve l’histoire par trop invraisemblable. La solution de l’énigme est un peu rapidement expédiée, j’avais imaginé le nom du tueur relativement vite. Un indice : c’est toujours la dernière personne à laquelle on aurait pensé.

Donc, un livre à ne pas mettre entre les mains d’un arachnophobe qui va faire de terribles cauchemars, mais qui alertera les habitants des régions du pourtour de la Méditerranée où ces petites araignées se cachent et peuvent causer des morsures fort douloureuses.

 

Quand sort la recluse, polar de Fred Vargas, chez Flammarion, 478 p., 21 €

Posté par mpbernet à 08:00 - Lu et vu pour vous - Commentaires [2] - Permalien [#]
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Commentaires

    Adamsberg

    Toujours fan du style de Fred Vargas et de son commissaire, j'avoue que l'intrigue est un peu secondaire pour moi. Je me laisse plutot charmer par les brumes mentales et les dérives de JBA et tant pis pour l'invraisemblance 😉. Et malgré ses errances, ses capacités de chef d'equipe peut être atypiques pour son activité sont intéressantes.

    Posté par Michèle, 03 juin 2017 à 11:59
  • Je viens de l'offrir à mon mari. J'espère ne pas être déçue...

    Posté par auxfeelsdutemps, 07 juin 2017 à 14:00

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