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06 février 2018

Imaginaires et représentations de l'Orient au musée Eugène Delacroix

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Choisies parmi les réserves du musée national Eugène Delacroix, 80 œuvres montrant l’image de l’Orient tel qu’il fut terriblement à la mode au XIXème siècle.

La sélection a été faite en collaboration entre Lilian Thuram (Fondation pour l’éduction contre le racisme) auquel le musée a donné "carte blanche", Dominique de Font Réaux, directrice du musée logé dans le dernier appartement et atelier de Delacroix et la politologue Françoise Vergès.

L'objectif est de montrer aux jeunes générations comment certains stéréotypes ont pu marquer les esprits à travers les années, alors que selon Lilian Thuram "Delacroix a toujours donné une représentation très noble des personnes de couleur noire, tout en soulignant que le discours de l'époque était beaucoup plus négatif".

Nos représentations d’aujourd’hui sont le fruit de fantasmes et d'images datées, marquées par les préjugés de l'esclavage et de la conquête coloniale.

La tâche à laquelle s’est attelé notre ex-champion du monde et champion d’Europe est de démontrer à travers l’art mis à la portée de jeunes qui ne visitent jamais pas les galeries de peinture, ces mécanismes mortifères. Je ne peux qu’encourager à ce propos la lecture de ses déclarations sur la manière dont il a procédé à la constitution de sa fondation : https://www.cairn.info/revue-apres-demain-2010-4-page-39.htm

A partir de tableaux emblématiques  - et maintes fois copiés comme « La mort de Sardanapale » - on perçoit plusieurs thèmes : le fantasme de l’odalisque alanguie dans des voiles ne couvrant qu’à peine son corps, le fantasme du guerrier dominateur – la puissance coloniale ? – le fantasme du déguisement comme cet Européen travesti en Arabe peint par Léon Riesener, un cousin de Delacroix.

Le voyage en Algérie et au Maroc est un choc pour les hommes du début du XIXème siècle. Les couleurs, les odeurs, la lumière, les coutumes guerrières …

Eugène Delacroix est touché par la grâce en octobre 1831. Il accompagne en effet son ami le Comte Mornay chargé d’une mission diplomatique française auprès du sultan du Maroc Muley-err-Rahman, afin de le rassurer après la conquête de l’Algérie.

Pour le jeune Delacroix, c’est un éblouissement : « C’est beau, c’est comme au temps d’Homère ! … Les Romains et les Grecs sont à ma porte. ». Il en revient avec des carnets de croquis, des aquarelles, des sujets qui l’inspireront toute sa vie. Il peindra 80 tableaux ayant pour thème l’Afrique du nord : « Femmes d’Alger », « La Noce juive », « Le sultan du Maroc », « Fantasia marocaine » …

Il en ramènera des objets : des cuirs chamarrés, des vêtements, des poteries décorées de motifs géométriques, qu’il conservera toute sa vie et que l’on retrouvera dans ce dernier appartement de la place Fürstenberg.

A lire avec attention, les réflexions toutes personnelles de Lilian Thuram discrètement placées sur des cartels de couleur gris perle. Ce sportif de haut niveau porte des lunettes : c’est donc aussi un intellectuel (Oups ! encore un cliché !)

 

Imaginaires et représentations de l’Orient : question(s) de regard(s), exposition au musée national Eugène Delacroix, place de Fürstenberg – Paris 6 ème – jusqu’au 12 avril.

Posté par mpbernet à 08:00 - Lu et vu pour vous - Commentaires [3] - Permalien [#]
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Commentaires

    Bonjour
    Avez-vous prolongé votre visite par l'église Saint Sulpice pour voir la chapelle des Saint-Anges , avec les œuvres de Delacroix récemment restaurées ?
    Bonne journée

    Posté par nicou, 06 février 2018 à 09:45
    • Posté par mpbernet, 06 février 2018 à 10:33
    • Naturellement car Saint-Sulpice est mon église de prédilection et c'est sur mon chemin pour revenir du musée Delacroix à pied ...

      Posté par mpbernet, 06 février 2018 à 10:35

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