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31 août 2019

Histoire de la Phénicie par Josette Elayi

 

Histoire-de-la-Phenicie

On a tous encore en mémoire des bribes de l’histoire des Egyptiens, celles des cités du « croissant fertile » : Assyriens, Babyloniens, Hébreux, Perses, la civilisation des Grecs … et les récits de la Bible et des historiens antiques. Mais durant des siècles, les cités phéniciennes de la côte orientale de la Méditerranée et leurs colonies (Carthage, Cadix, Kition, Utique ...) et leurs peuples de commerçants particulièrement doués n’ont sans doute pas attiré autant l’attention des historiens.

Un manque aujourd’hui compensé par cet ouvrage qui s’appuie sur les dernières découvertes archéologiques. La Phénicie, c’est ce chapelet de cités autonomes égrenées entre la Cilicie (sud est de l’actuelle Turquie) et l’Egypte : Arwad, Tripoli, Byblos, Sidon, Tyr, Akko, Ascalon, Gaza … C’est l’histoire très ancienne de cette région toujours secouée de conflits sanglants : la Syrie, Israël, le Liban, l’Irak, l’Iran …

Les cités de la Phénicie sont riches de leur habileté et de leur intelligence. Ce sont surtout des marins qui maîtrisent l’art de bâtir des navires de guerre ou de commerce et échangent à travers toute la Méditerranée. Dès les premiers siècles – cette histoire commence en -3200 !), les grands cèdres de la haute montagne libanaise sont indispensables aux pharaons égyptiens pour leurs constructions gigantesques. Ce sera aussi un produit exporté à Babylone. Extraire ces futs, les débarder jusqu’à la côte, les transporter est un exploit …

Ce sont aussi les Phéniciens qui ont « inventé » l’alphabet (perfectionné ensuite par les Grecs qui y intègrent les voyelles et changent le sens de gauche à droite), source inouïe de simplification : l’écriture n’est plus le domaine réservé des scribes et des prêtres. L’activité commerciale de la Phénicie joue un rôle essentiel dès le début de cette histoire éclatée ; c’est la recherche de minerais qui pousse les navires phéniciens jusqu’à l’extrémité occidentale de la mer. La colonisation est aussi une forme de développement …

Au cours des siècles, les cités phéniciennes passeront successivement sous domination égyptienne, assyrienne, babylonienne, perse. Ces grandes puissances les rançonnent mais les préservent car elles possèdent des atouts irremplaçables méritant d’être ménagés : leur flotte, leur position stratégique et leurs ports, leur prospérité économique qui est une source inépuisable de profit dans le système impérialo-tributaire des luttes incessantes entre les empires de la région.

Bien entendu, il s’agit d’un ouvrage très documenté, chronologique et parfois pénible lorsqu’on aborde la succession des différents rois de toutes ces cités et de leurs non moins fréquents assassinats. Il démontre l’extraordinaire aptitude des royaumes locaux à s’entretuer sur cette terre pourtant bénie des Dieux, hier comme aujourd’hui encore. Ce sont des siècles de combats, de longs sièges, de déportation de populations qui n'ont pas grand chose à envier avec les guerres européennes de nos siècles récents  … Rien ne change ! 

 

Histoire de la Phénicie, par Josette Elayi, édité chez Perrin et en format poche dans la collection Tempus (maniable, pas cher, mais sans illustrations), 470p., 11€

Posté par mpbernet à 07:48 - Lu et vu pour vous - Commentaires [0] - Permalien [#]
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