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20 mars 2012

Batik ancestral

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C’est un art autant qu’une technique d’impression sur étoffe. Certains la font remonter à plus de mille ans. Depuis 2009, le Batik indonésien originaire de Java a été inscrit sur la liste du patrimoine culturel immatériel de l’humanité de l’UNESCO.

application cireA partir d’un tissu blanc, l’artisan dessine des lignes et des points à la cire liquide chaude – le mot batik vient du javanais « titik » qui signifie « point » - qui résiste à la teinture végétale. Il se sert d’un petit outil de bois qui comporte un réservoir et un bec plus ou moins large, le canting. Ensuite, il plonge l’étoffe dans un bain de teinture, la couleur ne mordant pas sur les parties épargnées par la cire. Enfin, on dissout la cire en faisant bouillir la pièce d’étoffe et en la faisant sécher avant application d’un nouveau dessin et de nouvelles couleurs. Autant de couleurs, autant de bains et de séchages intermédiaires.

Chaque dessin de batik recèle sa symbolique propre. Certains motifs expriment les principes religieux ou la puissance de celui qui le porte. Ainsi, au 19ème siècle, les motifs Parong Rusak (en diagonales régulières, en marron et noir sur fond blanc) étaient réservés aux princes du sang.

cantingPlus tard, les influences européennes ou chinoises apparaissent (motifs de fleurs introduits par les Hollandais) ou motifs « Art Nouveau ». Avec la révolution industrielle, la technique se mécanise avec des tampons de cuivre. On trouve aussi une combinaison des deux : tampon pour le fond et canting pour les motifs floraux surajoutés. On dit qu’il s’agit d’un batik doublon.

La plupart des batiks se présentent sous la forme d’un coupon d’environ 2 m de long sur un peu plus d’un mètre de large, souvent avec des bordures le long des lisières et des motifs placés sur le panneau de devant. J’en ai trouvé de superbes, suivant  la mode des Peranakan de Singapour.

nappe et serviettesGénéralement, ils s’entretiennent très facilement, car les couleurs de composition chimique ont aujourd’hui remplacé les couleurs végétales sensibles à la lessive moderne. Il est toutefois recommandé de les laver une fois à froid avant de les utiliser. Et surtout, de profiter de leurs merveilleux décors pour concevoir des vêtements ou des pièces de linge de maison absolument inédits, car aucun batik n’est identique à un autre.

Il est à noter enfin que cette technique de teinture se retrouve aussi en Inde, au Sri Lanka, en Malaisie, à l’ïle Maurice, en Chine et au Japon (sur de la soie), et en Afrique, pour confectionner de longs pagnes aux chaudes couleurs appelés wax, multicolores et chatoyants.

 Quant à moi, ayant épuisé ma réserve de coupons de batik ramenés de mon dernier voyage à Singapour, je vais pouvoir bientôt retourner refaire mes stocks sur Arab Street ! 

Et ce qui m'amuse c'est que ce matin, en effectuant une recherche d'image sur Google avec l'entrée "Batik indonésien", j'ai retrouvé sur le Net cette photo de ma salle à manger et de ma nappe confectionnée avec le batik Parong Rusak, autrefois réservé aux princes de sang !

Posté par Bigmammy à 10:19 - Coup de coeur - Commentaires [4] - Permalien [#]
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Commentaires

  • je complète, effectivement de bien beaux tissus

    http://tissus.africains.free.fr/tissusafricains.html

    Posté par Martine, 20 mars 2012 à 10:56
  • Un peu d'histoire ...pour les plus jeunes

    Je' rajouterai que les Wax africains viennent en majorité de hollande, normal avec les anciennes colonies bataves....

    Posté par Martine, 20 mars 2012 à 11:00
  • @Martine

    Merci, Martine de ces précisions !
    J'ai beaucoup de souvenirs attachés aux pagnes que ramenait de ses tournées en Afrique (Côte d'Ivoire, Bénin) ma belle-mère d'adoption, Jacqueline Briot, fondatrice de la Croix-Rouge de Côte d'Ivoire. Les derniers me furent offerts par mon amie Marie-Maleine N. lorsqu'elle revenait de son pays d'origine, le Cameroun.

    Posté par Marie-Pierre, 20 mars 2012 à 11:58
  • Quand j'ai fait mon stage de 2nd année à HEC à Singapour il y a bien longtemps, on trouvait des magasins de batik partout, et surtout à Orchard Road, avant que cette rue ne devienne l'enseigne des marques de luxe. Il me reste encore deux précieux coupons de cette époque.

    Posté par M&M, 20 mars 2012 à 21:19

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