Bigmammy en ligne

12 septembre 2013

Les souliers bruns du quai Voltaire, polar de Claude Izner

Dans cette nouvelle enquête qui couvre les premières semaines de l’année 1898, nous retrouvons l’équipe familiale de la librairie Elzevir, l’élégant  Victor Legris (Tasha son épouse, Joseph son beau-frère et associé, Kenji Mori son tuteur, Iris sa demi-sœur et même Djina sa belle-mère ….etc) aux prises avec un criminel en série qui s’attaque aux membres d’un club d’amateurs de confitures.

souliers

L’essentiel des personnages – foisonnants comme à l’accoutumée – gravite autour du métier de bouquiniste. Un milieu que les sœurs Liliane Korb et Laurence Lefèvre (qui se camouflent sous le pseudonyme de Claude Izner ) connaissent bien pour l’avoir pratiqué et qu’elles nous décrivent avec gourmandise. Surtout qu’à première vue, les usages de ce métier n’ont pas beaucoup changé. Il y a les spécialistes, ceux qui dépiautent les bouquins pour réutiliser les vieux parchemins, les acheteurs fouineurs en quête de la « pierre philosophale » …

Une série de meurtres secoue donc ce petit monde : d’abord une ancienne boulangère retrouvée estourbie et dont le corps a été inondé du contenu de ses pots de confitures, un bouquiniste décapité dont on a tassé le corps dans la boîte d’un de ses confrères, une jeune modiste, une cardeuse soupçonnée … Le seul fil conducteur, en dehors d’une sorte de ficelle rouge, est l’omniprésence de confitures. En fait, le mystérieux assassin recherche un petit opuscule relié de papier marbré bleu et rouge, réputé contenir une formule secrète, très secrète … et bien entendu, malgré sa récente paternité, Victor Legris s’embarque dans l’aventure, d’autant plus curieux que l’intrigue tourne autour de livres de livres anciens.

Le rythme du thriller est vif et les descriptions du Paris de la fin de siècle, avec en toile de fond la vive controverse autour des épisodes de l’affaire Dreyfus, particulièrement bien tournés. La fin, toutefois, totalement imprévue et fort peu vraisemblable, laisse perplexe … l’intrusion du fantastique – avec un retournement de situation digne du "Betty" d’Indridason, ne m’a pas tout à fait convaincue.

Les Souliers bruns du Quai Voltaire, polar de Claude Izner, 10/18 collection Grands détectives, 357 p. 8,50€

Posté par Bigmammy à 07:28 - Lu et vu pour vous - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : , ,

Commentaires

  • itou !

    je suis comme vous j'ai été un peu déçue par cette situation mi délire mi fantastique.
    il me reste le prochain à lire mais j'attends un peu !

    Posté par christine, 12 septembre 2013 à 13:43
  • J’étais prêt à me passionner pour cette reconstitution méticuleuse du Paris de 1898, le centre historique, des quais au Marais et aux Halles entre autre. Je commençais à me régaler des images à la Tardi me venant à l’esprit, de ce je sais quoi à la Léo Mallet et de cette écriture pastichant les anciens, riches en tournures de phrases démodées ou jolis mots (« son prince marchand »). Mais n’est pas Emile Zola (l’action se déroule durant l’affaire Dreyfus) qui veut, toutes ces descriptions, cette accumulation de documentation d’époque régurgitée et surtout, la pléthore de personnages secondaires ont fini par m’assommer. Et comme l’intrigue policière proprement dite n’est pas folichonne (« un tissu d’invraisemblances sorties droit de mon imagination » avoue un personnage) même si elle présente des aspects intéressants (cadavre dans un chaudron de confiture, recherche d’un vieux livre et arrivée inopinée du fameux comte de Saint-Germain) je suis resté sur ma faim.

    Posté par Le Bouquineur, 09 juillet 2014 à 13:32

Poster un commentaire