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16 janvier 2016

Qui a peur des femmes photographes (1919 - 1945) au musée d'Orsay

 

affiche

Suite de l’exposition du musée de l’Orangerie, consacrée à la période allant de l’entre-deux-guerres au second conflit mondial.

Deux constatations : alors que les premières femmes photographes se découvrent surtout en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis, l’Europe et en particulier le monde germanique reprend l’avantage, jusqu’à l’avènement du nazisme (à l’exception de Leni Riefenstahl, cinéaste).

 

Dorothea Lange

 

Au lendemain de la Grande Guerre, les femmes poursuivent leur lancée dans le domaine de la photographie : ici, pas d’académie ou d’institutions qui les empêchent de se révéler. Même si, par exemple, on refuse leur présence à de grandes expéditions comme la Croisière Jaune … Qu’importe, elles voyageront de leur propre chef … 

Elles participent pleinement aux mouvements avant-gardistes, bravent les interdits : le nu féminin est le point de passage obligé pour démontrer la maîtrise technique de l’opérateur (à condition qu’il ne montre ni poil pubien ni organe sexuel). Laure Albin Guillot est l’une des premières en Europe à exposer des nus masculins … On trouve aussi de jolis clichés dans les revues de charme, par Florence Henri, Germaine Krull, Ergy Landau…

 

 

 

Elfriede stegemeyer

 

Wanda Wultz

 

margaret_bourke_white

 

Julia Pirotte

Citons aussi : Claude Cahun, Lisette Model, Gisèle Freund, Margareth Bourke-White, Lee Miller …

Sans oublier - mais ça, c’est une de mes références personnelles absente de l'exposition - le personnage de Dora (!), la photographe blonde amoureuse de Suzy Delair dans le film «Quai des Orfèvres » d’H-G Clouzot (1942), incarnée par Simone Renant.

L’autoportrait, selon une savante mise en scène ou le travestissement, devient affirmation d’identité(s). Les femmes continuent à investir tous les champs de la photographie : mode, publicité, reportages, y compris vues de machines, d’usines, d’architecture, ethnographie, combats, séquelles des camps de concentration. Certaines de ces images – comme ce portrait de femme avec ses trois enfants dans le dénuement total des migrations de paysans sans terre pendant la grande dépression américaine (Dorothea Lange) – sont devenues des icônes mondialement connues – même si on sait aujourd’hui qu’un tel cliché a été minutieusement composé).

 

Germaine-Krull

 

bas de laine

 

Imogen Cunningham

La simplification et l’allègement des appareils photographiques (Rolleiflex 6x6, Leica 24x36, dès le milieu des années 20) permettent la mobilité et l’instantanéité en s'affranchissant désormais des lourdes chambres de prise de vues et du trépied, la rapidité des nouvelles pellicules facilite les photos en extérieur.

Peut-être aussi se méfie-t-on moins d’une femme armée d’un appareil et la laisse-t-on approcher plus près ? Est-ce la raison pour laquelle un bon nombre de photojournalistes et de grands reporters de guerre pour la télévision sont aujourd’hui des femmes ? A la question : Qui a peur des femmes photographes, je ne sais que répondre. En tous cas, les femmes photographes, elles, n’ont peur de rien !

Autre question : pourquoi a-t-on scindé les deux périodes de cette passionnante exposition en deux lieux différents ?

 

Qui a peur des femmes photographes (1918 – 1946) au musée d’Orsay jusqu’au 24 janvier seulement !

Posté par mpbernet à 08:55 - Lu et vu pour vous - Commentaires [0] - Permalien [#]
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