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11 février 2017

La ville des tempêtes, roman historique de Jean Contrucci

 

Marseille

Ardente lectrice de Jean Contrucci, j’avais amèrement regretté la fin de la série des Nouveaux Mystères de Marseille. Je retrouve mon auteur marseillais préféré dans une fresque historique mêlant une intrigue digne des feuilletonistes du XIXème siècle à des personnages bien réels, dans un épisode des guerres de religion fort peu connu.

Nous sommes en 1595. Marseille, sous la férule du ligueur Carles de Casaulx, ne reconnaît pas la légitimité d’Henri IV, même après que sa dernière conversion au catholicisme ait été reconnue par le pape. La ville et son port de commerce florissant est convoitée à la fois par Philippe II d’Espagne, le duc de Savoie et le grand-duc de Toscane. Combien de temps peut-elle tenir ainsi assiégée, comme une cité-état indépendante tenue de main de fer par un dictateur, même approvisionnée grâce à l’habileté de Simon Raïs qui déleste de leur blé les navires de la Méditerranée ?

Le héros est un chevalier de trente ans, qui vient de passer 11 années d’esclavage à la Régence d’Alger. Comme Edmond Dantès, il revient dans sa ville natale pour se faire reconnaître et recouvrer son identité et ses biens. Mais il rencontre un obstacle de taille : son oncle s’en est emparé et a fait disparaître sa jeune sœur Claire. Thibault de Cervières va cependant trouver un appui tonitruant en la personne du corsaire Simon Danzer et se retrouver au cœur de la conspiration qui fera tomber le premier Consul et verra Marseille, la vraie héroïne centrale de cette histoire compliquée, revenir au sein du royaume de France.

A partir d’une trame historique très confuse, Jean Contrucci adopte un style volontairement suranné pour nous plonger dans une intrigue familiale telle qu’on les aimait autrefois : retour d’un homme dépossédé, découverte d’identités cachées, trahisons, spadassins, escarmouches, bottes secrètes … On est pris par le foisonnement des personnages et en plus, on en apprend sur cette ville merveilleuse si mal connue de la plupart des français. Avec une foule de précisions sur les lieux – merci pour la carte ! – et les termes provençaux qui peuvent susciter bien des interrogations chez les lecteurs septentrionaux.

Un seul bémol : plusieurs « cuirs » sur le nom du cheval fougueux du héros : Tibur ou Robur, il faudrait savoir !!!

La ville des tempêtes, roman historique de Jean Contrucci, éditions Hervé Chopin, 412 p., 19€

Posté par mpbernet à 08:00 - Lu et vu pour vous - Commentaires [0] - Permalien [#]
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