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26 mai 2017

Le baroque des lumières, chefs-d'oeuvre des églises parisiennes au XVIIIème siècle

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La Ville de Paris met à l’honneur les chefs-d’œuvre des églises parisiennes du XVIIIème siècle. Un clin d’œil à sa population catholique qui vire de plus en plus à droite ces derniers temps ?

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Toujours est-il que les campagnes de restauration de ces œuvres de très grand format, réalisées par le service de la Conservation des œuvres d’art religieuses et civiles permettent de redécouvrir, ou tout simplement de regarder enfin les couleurs retrouvées de ces peintures religieuses le plus souvent négligées car le plus souvent mal éclairées, décrétées « irregardables » alors qu’elles reflètent une époque de grand développement de l’art pictural classique.

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Il convient d’abord d’admirer la superbe scénographie qui ouvre des perspectives nouvelles à ces œuvres emblématiques de la Régence à la Révolution. Rappelons qu’à la fin de l’Ancien Régime, on dénombre 52 paroisses dans Paris intra-muros et 132 abbayes, monastères et couvents dans l’immédiat environnement, soit une emprise représentant un quart de la superficie de la capitale.

Le dynamisme de la commande religieuse est fort en ces temps de foi ardente. Mieux : les artistes n’ont pas tous l’occasion d’exposer au Salon et afin de montrer leur talent, ils consentent à leurs commanditaires des conditions favorables afin d’avoir une œuvre exposée face au maître-autel ou dans une chapelle adventice … De plus, le mouvement de la Contre-réforme encourage la production et renouvelle le genre, très prisé par les académies. On assiste par exemple à l’émergence de nouveaux saints, dont l’existence est attestée, documentée, et qu’il convient de « promouvoir ».

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En pleine lumière, il est donc agréable de passer de salle en salle, il n’y a pas beaucoup de monde, les cartels sont bien expliqués … et on tombe en arrêt devant une pléiade de grands maîtres : Largillière, Restout, Carle Van Loo, Vien, Jacques-Louis David, François Lemoine, Jean-François de Troy, Noël Hallé, Drouais, Natoire, Nicolas Coypel. La présentation chronologique permet d’apprécier l’évolution du style, voire de la mode. La césure de la fin de période, avec la vogue de l’antique, est palpable : les figures se figent dans un hiératisme glacé …

Ajoutons que la Révolution a vidé les églises de leurs œuvres et qu’ensuite, les tableaux n’ont presque jamais été remis à leur emplacement d’origine … Cette exposition propose aussi un parcours parmi les églises parisiennes qui permet de voir in situ un certaine nombre d’ensembles baroques. De bonnes idées de balades !

Le baroque des Lumières, chefs-d’œuvre des églises parisiennes au 18ème siècle, exposition au Petit Palais jusqu’au 16 juillet, tous les jours sauf le lundi de 10h à 18 h – 11€.

Posté par mpbernet à 07:58 - Lu et vu pour vous - Commentaires [0] - Permalien [#]
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