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10 juin 2017

Deux hommes de bien, thriller historique d'Arturo Perez-Reverte

La critique de Claude :

 

hommes buenos

Depuis 1993, l’écrivain espagnol Arturo Perez Reverte nous a livré une douzaine de romans historiques, ainsi que les 7 volumes des « aventures du Capitaine Alatriste ».

Journaliste, correspondant de guerre (notamment en ex-Yougoslavie), il se veut, comme l’annonce son roman de 2007, un « peintre de batailles ». Il s’appuie sur son expérience du combat pour faire entrer ses lecteurs dans le mystère du sacrifice suprême accepté par le soldat. Chez les marins, il retrouve l’esprit de sacrifice comme le montre « Cadix ou la diagonale du Fou » (2007). Le talent d’écriture produit des textes lumineux et passionnants, souvent émouvants, comme « Jour de colère », récit du terrible Dos de Mayo.

Dans « Deux hommes de bien », l’auteur dévoile à ses lecteurs et étudiants ses travaux de documentation, et ses visites sur place, par exemple dans le vieux Paris préalable à l’aménagement haussmannien. Ses « deux hommes de bien » sont deux membres de l’Académie royale espagnole, délégués par leurs éminents collègues pour aller à Paris et en ramener la première édition de l’Encyclopédie de d’Alembert, Diderot et autres Philosophes.

Las, le trajet Paris-Madrid et retour (400 lieues soit 1600 km) en berline tirée par deux chevaux, sur de mauvais chemins infestés de brigands, est déjà un exploit, surtout au retour avec, sur la galerie, 28 volumes in quarto reliés plein cuir. Ajoutez-y les complots qui encerclent cette Encyclopédie, somme de toutes les connaissances modernes, et donc jugée diabolique par les ultra-conservateurs religieux de Madrid. Sans oublier que tous les libéraux ne sont pas ouverts à l’Encyclopédie comme outil du progrès.

On tremble à chaque page pour nos deux héros, le « petit gros » bibliothécaire de l’Académie, et l’Amiral en retraite, qui reste, malgré l’âge, élégant, rapide et efficace à l’épée comme au pistolet.

Plus grave : il y a, au-dessus de ces « hommes de bien » espagnols, comme autour de leurs interlocuteurs français, de lourds nuages : la révolution de 1789-1793, qui condamnera plusieurs d’entre eux, et, pour les Espagnols, le spectre de la terrible guerre civile de 1936-39.

Un livre à la fois drôle, plein d'aventures autant que de réflexions, à placer tout en haut de votre pile de livres pour l'été ...

 

Deux hommes de bien (Hombres buenos) roman de Arturo Perez-Reverte, traduit d el’espagnol par Gabriel Iaculli, publié au Seuil, 502 p., 22,50€

Posté par mpbernet à 08:01 - Lu et vu pour vous - Commentaires [0] - Permalien [#]
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