10 novembre 2017
Anders Zorn, maître de la peinture suédoise
Il faut rendre hommage à la communauté des musées qui nous permet de découvrir de superbes artistes qui eurent leur heure de gloire à la Belle époque et sont souvent totalement tombés dans l’oubli. Pour ma part, longtemps focalisée sur les Impressionnistes, je prends de plus en plus de plaisir à étudier les peintres européens qui les ont côtoyés ou prolongés, comme Joaquin Sorolla, Sargent, Boldini, Carolus-Duran, James Tissot … les maîtres d’une époque de folle croissance économique où tout un chacun se devait de se faire portraiturer.
La découverte, en cet automne, c’est le maître suédois Anders Zorn (1860 – 1920). Un époustouflant aquarelliste rendant merveilleusement le clapotis de l’eau, y compris en très grands formats, le portraitiste mondain que les célébrités s’arrachent de New-York à Paris malgré des tarifs particulièrement élevés, le graveur saisissant le regard des intellectuels de son temps : Anatole France, Verlaine, Ernest Renan …
Né dans une famille très pauvre de Dalécarlie, au centre de la Suède, abandonné par son père, il se fait remarquer dès ses 15 ans par la précocité de son talent. Il voyage en Europe, découvre l’Espagne puis Londres, Paris, la Turquie, l’Italie, la Grèce, l’Afrique du nord et les Etats-Unis où il se rend 7 fois pour peindre les portraits des plus grands magnats de l’industrie. C’est donc un des peintres mondains les plus demandés et ses grands portraits sont d’une vigueur particulièrement réaliste.
Son mariage avec Emma Lamm (ici, en robe rouge), issue de la haute bourgeoisie, lui a procuré des contacts avec une riche clientèle : Anders Zorn est loin d’être un peintre maudit. En 1888, ils s’installent à Paris. Il réalise le portrait du banquier Ernest May et par son intermédiaire fait la connaissance de personnalités du monde politique et artistique, remporte des succès au Salon, est décoré de la Légion d’honneur, expose chez Georges Petit et Durand-Ruel.
Il retourne s’installer en Suède en 1896 dans le village de sa naissance où il peint la réalité rurale et, sur le motif, des nus en plein air. J’avoue que si j’ai été emballée par les aquarelles et les portraits mondains pleins de vitalité comme par ses gravures nerveuses dans la manière de Rembrandt, ses cadrages audacieux, le sens de l’éclairage et de la couleur, j’ai été moins conquise par les peintures des dernières salles, plutôt mièvres par rapport aux œuvres de Renoir …
En tous cas, les portraits en grands formats sont superbes, et la découverte de cet artiste suédois enthousiasmante …
Anders Zorn, exposition au Petit Palais – avenue Winston Churchill 75008 Paris - jusqu’au 17 décembre, tous les jours sauf le lundi de 10h à 18 h – 11€.
Bonjour Marie Pierre merci encore un regard sur la beaute'! Je pense de aller voir bientot Boldini a Venaria di Torino.