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27 avril 2019

Le marché de l'art sous l'occupation, exposition au mémorial de la Shoah

 

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Je suis toujours étreinte d'une forte émotion lorsque je visite ce mémorial, en commençant rituellement par la crypte et la salle des fichiers.

Cette fois, nous nous y sommes rendus avec Camille. Mais nous n'avons pris aucune photo, par respect. Un grand nombre de jeunes adolescents étaient en visite avec leurs enseignants. C'est important ...

Il est tellement inconcevable que cette époque d'horreur ait existé dans notre pays avec la participation active de nos autorités ... et qu'elle donne encore l'occasion à certains déments d'y faire aujourd'hui référence ... 

Dès le début de l’occupation allemande, comme si la France ne connaissait pas d'autre urgence, à l’été 1940, les lois anti-juives du régime de Vichy ordonnent la spoliation et la récupération des biens appartenant aux Juifs : biens immobiliers, avoirs financiers, œuvres d’art …

Dépouillés de leurs biens, privés de ressources et des moyens de fuir, les Juifs sont pris au piège : arrestations, internements, déportations, anéantissement.

Dans cette période, le marché de l’art explose. Les circuits de transfert des œuvres d’art regorgent de ressources : ateliers, galeries, maisons de ventes aux enchères publiques voient passer entre 1941 et 1942 plus de deux millions d’objets.

 Le musée du jeu de Paume devient dès l’automne 40 le dépôt des œuvres volées, Drouot rouvre ses portes en novembre.

Les clients affluent, tel l’acteur célèbre Jean Tissier (L’assassin habite au 21, ci-dessous) qui fait ses emplettes en octobre 1942. Pendant la guerre, Drouot reste la plus grande place d’enchères du monde. De grands collectionneurs comme Emil Bührle seront approvisionnés par des intermédiaires sans scrupules. Et ces acquéreurs savaient parfaitement l'origine des objets achetés ...

L’exposition du Mémorial de la Shoah donne des exemples concrets de ces spoliations. Ce n’est pas très spectaculaire mais il faut prendre le temps de lire les documents dactylographiés qui retracent ces trafics. Peu de tableaux – un Thomas Couture et un John Constable ou George Romney mais les itinéraires, les correspondances des galéristes comme Pierre Loeb, René Guimpel ou Paul Rosenberg

Jean Tissier

affiche

Rarissimes seront pourtant les acteurs de ce sinistre commerce à avoir été inquiétés à la Libération et les restitutions d’œuvres volées ont pris des dizaines d’années dans les meilleurs des cas.

Ce processus est loin d’être terminé !

 

Le marché de l’art sous l’occupation, exposition au mémorial de la Shoah jusqu’au 3 novembre – 17, rue Geoffroy l’Asnier Paris 4ème, ouvert tous les jours sauf le samedi, entrée libre.

Posté par mpbernet à 08:00 - Lu et vu pour vous - Commentaires [0] - Permalien [#]
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